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10/03/2009

Une nuisance

pigeonparis.jpgNourrir les pigeons, à Paris et dans sa région, c’est formellement interdit. Une habitante de Saint-Cloud (banlieue parisienne) vient d’en faire l’expérience. A la fin de la semaine dernière, cette vieille dame, âgée de 74 ans, a vu la cour d’appel de Versailles valider la mesure d’expulsion de son logement social prise à son encontre. L’intéressée a  été reconnue coupable de «manquement de l’obligation d’un locataire à l’usage paisible des lieux». Lui était reprochée son… «obstination à nourrir les pigeons dans la résidence» qu’elle occupe. La direction de la société immobilière gérant ce HLM, soutenue par les occupants de l’immeuble, avait saisi la justice car elle jugeait que l’intéressée posait des problèmes d’hygiène dans le voisinage. En effet, les pigeons qu’elle attirait avec sa nourriture avaient tendance à s’agglutiner dans la propriété et donc à largement la souiller.

 

L’avocate de la mamie a dénoncé une «décision disproportionnée». Il n’en demeure pas moins qu’à Paris, comme dans nombre de capitales, les pigeons sont une véritable nuisance. Le règlement sanitaire de la mairie inflige d’ailleurs une amende de 183€ à 450€ (en cas de récidive) à l’encontre des personnes nourrissant ces volatiles. Ceux-ci seraient au nombre de 80.à 100.000 dans la Ville lumière.

 

Depuis 2003, la mairie a dégagé de gros crédits pour installer, dans chacun des 20 arrondissements, au moins un «pigeonnier contraceptif stérilisateur». Ces pigeonniers, dans lesquels on dispose de la nourriture, servent à attirer les oiseaux. Ceux-ci s’y trouvent tellement bien qu’ils finissent par s’y ébattre et à pondre des œufs. Les pontes sont ensuite neutralisées. Chacun de ces «pigeonniers contraceptifs» coûte la bagatelle de 20.000 euros, mais ce système est jugé le moins cher et le plus efficace de tous.

 

En effet, les pics métalliques souvent apposés sur les monuments historiques, pour éviter leur dégradation par les fientes, ne sont pas forcément efficaces, a fortiori lorsqu’ils sont installés de manière artisanale par les particuliers. Pis, lorsqu’ils sont mal posés, les pigeons parviennent à se servir de ces pics comme de supports pour leurs nids. Les filets, alors? On en voit pas mal dans Paris, tendus entre deux immeubles pour protéger des cours intérieures par exemple. Mais s’ils sont plus efficaces que les pics, ils sont très peu esthétiques. Les dispositifs d’électrorépulsion? Ils envoient des ondes dérangeant les volatiles. Mais ils sont coûteux et nécessitent des changements fréquents de batterie, ce qui est peu pratique quand ces dispositifs sont perchés au sommet de monuments, comme c’est le cas par exemple à la porte Saint-Denis.

 

fauconsnotredame.jpgLe moyen sans doute le plus écolo pour limiter le nombre de pigeons serait d’avoir recours à leurs prédateurs naturels: les rapaces.  En utilisant par exemple les faucons crécerelles qui nichent dans les hauteurs de nombreux édifices parisiens comme la cathédrale Notre-Dame, la Grande bibliothèque, la tour Eiffel, Saint-Sulpice, l’Arc de triomphe ou le Panthéon. Le problème? A ce jour, on ne recense au total qu’une cinquantaine de couples de rapaces de ce type à Paris. En termes de biodiversité, ce nombre n’est pas négligeable, mais il est largement insuffisant pour lutter contre les quelque 100.000 pigeons parisiens.

 

Pas trop populaires, cela dit, ces oiseaux. On a même trouvé un blog de Parisiens prônant carrément… l’élimination des pigeons «pour une ville plus saine». Mais ce blog est si peu alimenté qu’il pourrait bien s’agir d’un gag.

Commentaires

Mais où est passé le commentaire de mercredi ?

(réponse BDL: ????? On ne voit pas à quoi vous faites allusion: pas vu ni reçu à ce jour de commentaires sur cette note. Sinon, on l'aurait évidemment passé. Bug informatique?)

Écrit par : morse (+ réponse BDL) | 13/03/2009

Les commentaires sont fermés.