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09/04/2009

Un bras de fer

samaritaine.jpgJour J ce jeudi, peut-être, pour un fleuron du patrimoine parisien. Le fameux paquebot Art déco de «La Samaritaine»: l’ex et célèbre grand magasin de la rue de Rivoli, vide depuis qu’en juin 2005, pour des raisons de sécurité, il a définitivement baissé ses rideaux métalliques. Les propriétaires du site rencontrent aujourd’hui, une fois encore, les élus parisiens afin de tenter de les convaincre du bien-fondé de leur projet de réaffectation.

 

Il y a six mois déjà (relire ici), l’on pouvait espérer un déclocage de ce dossier qui a déjà tant traîné. Mais il s’était de nouveau enlisé. L’avenir de ce site prestigieux, en effet, divise même ses propriétaires. L’actionnaire majoritaire de «La Sama» (le groupe de luxe LVMH) s’est opposé à son actionnaire minoritaire (la fondation Cognac-Jay, propriétaire historique du magasin). Ce dernier préférait un projet 100% grand magasin plutôt que le projet mixte (hôtel de luxe, centre d’affaires, commerces, bureaux, logements sociaux) concocté par LVMH. A ce bras de fer, a succédé un deuxième, opposant cette fois les propriétaires du site à la Ville de Paris. C’est ce deuxième affrontement qui, ce jeudi, pourrait être scellé par une trêve.

 

Le groupe de grand luxe, en effet, va vraisemblablement accepter les conditions posées par la mairie, et donc donner un accent plus social à son projet de réaffectation. Il y aurait toujours un hôtel haut de gamme, qui serait situé dans la partie historique du bâtiment: celle située à front de Seine, qui jouit en son sommet d’un belvédère avec une vue splendide sur Paris. Il y aurait toujours des commerces ainsi que des bureaux. Mais le nombre de logements sociaux prévus sur le site, côté rue de Rivoli, pourrait tripler et atteindre 10% de la superficie totale du futur édifice. Et un équipement public (une crèche d’une cinquantaine de berceaux, un gymnase et/ou une école) pourrait être ajouté au programme.

 

Si plus aucune anicroche ne retarde ce méga-projet urbanistique (450 millions d’euros de budget), les premières inaugrations pourraient avoir lieu dès 2012-2013. Ce serait tout bénéfice pour le patrimoine – il est toujours triste de voir laissé vide un édifice si remarquable. En outre, en ces temps de crise, cela ne pourrait être que bénéfique pour l’emploi, qui en ce moment souffre à Paris aussi. Pour mémoire, en 2005, la fermeture du grand magasin avait occasionné le reclassement de 725 salariés.

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