24/04/2009
Une bénédiction
Un peu de culture, et en l’occurrence un peu de patrimoine, pour bien terminer la semaine. Et deux bonnes nouvelles même, tombées récemment et concernant deux des plus gros chantiers de restauration architecturale menés depuis tant et tant d’années à Paris. Des chantiers si vieux d’ailleurs qu’on a beau fouiller dans notre mémoire de Parisien, on ne se souvient pas d’avoir vu un jour ces deux fleurons du patrimoine autrement que dans leurs habits de fantôme: hideusement recouverts d’échaufaudages et de bâches de protection, tels de sinistres revenants traînant leurs draps blancs.
La tour Saint-Jacques d’abord: un joyau de style gothique flamboyant qui, sur 62 mètres, s’élève au cœur de Paris, rue de Rivoli. Et, pour l'anecdote, un des points de départ du célèbre pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Depuis 2001, ce monument était dissimulé sous les échafaudages et son square attenant était envahi par les baraquements de chantier. Désormais, l’un et l’autre ont retrouvé leurs atours. L’édifice et ses 925 éléments sculptés ont été entièrement nettoyés et restaurés. Et le square a été revu et replanté selon ses plans d’origine.
Ensuite, rive gauche cette fois, sur la si belle place du même nom, l’église Saint-Sulpice: la plus vaste église de Paris après Notre-Dame. Ici, la défiguration par les échaufaudages remonte carrément à… 1999: dix longues années donc. Mais, depuis quelques jours, on compte un peu moins de bâches sur les hauteurs de Saint-Sulpice. En effet, plus de 70 mètres au-dessus du sol, une de ses deux tours est désormais décorée des répliques exactes de deux énormes statues d’évangélistes d’origine, pesant chacune 60 tonnes et représentatives de la statuaire de la fin du dix-septième siècle. Du coup, niveau après niveau, la restauration de cette église, qui depuis tant d’années avait l’air de tant traîner, donne dorénavant l’impression d’avancer.
L’avancement de ces deux chantiers de restauration colossaux n’est pas seulement une excellente nouvelle pour le patrimoine de la capitale. C’est aussi une bénédiction – c’est le cas de le dire, s’agissant d’édifices religieux – pour le promeneur parisien moyen.
Faites l’expérience à votre prochain passage dans les environs de la place du Châtelet, lorsque l’apoplexie vous menace à cause des gaz d’échappement: une pause sur un banc à l’ombre du magniolia du square Saint-Jacques est un ravissement. Puis, traversez la Seine et poussez la porte de Saint-Sulpice. Dans la première chapelle de droite après l’entrée, vous attendent deux grandes fresques peintes par Delacroix en personne. Héliodore chassé du temple et Jacob luttant avec l’ange. Elles sont si belles, si puissantes, si fougueusement romantiques que, dès que l’on pose les yeux sur elles, on oublie tout le reste.
PS : Tiens, un tuyau, parce que les touristes de passage ici ne le savent pas toujours: pour sortir ces peintures murales de la pénombre et donc mieux pouvoir les admirer, il suffit d’allumer la lumière de la chapelle, à l’aide de l’interrupteur situé sur le mur de droite en entrant.
10:35 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, patrimoine, culture, arts




Commentaires
Merci pour les infos et pour le titre.
Écrit par : Tania | 24/04/2009
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