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27/04/2009

Une «crise renforcée»

Décidément, les services de Météo France se trompent souvent, en ce moment. Ils avaient annoncé un week-end complètement pourri à Paris. Or, s’il y a fait un peu frais, il n’y a pas plu tant que cela. Le Parisien moyen s’en est réjoui. En revanche, des fonctionnaires ont dû faire grise mine: ceux qui, au ministère de l’Equipement et de l’Agriculture, veillent sur l’état des nappes phréatiques aux environs de la capitale – et qui commencent à sérieusement s’inquiéter.

 

Depuis la fin des années 40, paraît, on n’avait jamais vu cela en Seine et Marne, le grand département à l’Est de Paris, dont les nappes phréatiques alimentent en eau une bonne partie de la capitale. Certaines de ces nappes, comme à Champigny, sont en si mauvais état que la préfecture a dû les déclarer en état de «crise renforcée». Un arrêté préfectoral anti-sécheresse limite d’ores et déjà la consommation en eau dans cette région. Ainsi, le lavage des véhicules y est interdit, tout comme l’arrosage des pelouses et des espaces verts, l'alimentation des fontaines publiques en circuit ouvert, le remplissage des piscines privées et («sauf impératifs sanitaires») le lavage des voiries et des trottoirs. Des mesures d’interdiction similaires pourraient être bientôt prises en Essonne, le département de la banlieue Sud de Paris.

 

La situation paraît à ce point sérieuse que le préfet de Seine et Marne a invité les Parisiens eux-mêmes «à utiliser l’eau au plus juste des besoins, à éviter tout gaspillage et à réserver cette ressource rare aux usages prioritaires». La capitale française ne risque tout de même pas encore la pénurie. En attendant, très prosaïquement et au-delà de toute considération environnementale, elle a financièrement intérêt à ce que la sécheresse ne s’aggrave pas chez ses voisins de la proche banlieue. En effet, tant que la nappe de Champigny est mal en point et donc tant que le volume d’eau prélevé à destination des Parisiens continue à être réduit (de 35%), Paris, pour s’alimenter en eau, n’a d’autre ressource que de la puiser… dans la Seine. Or, les eaux de ce fleuve étant - malgré toutes les grandes promesses que fit naguère l'ex-maire Jacques Chirac - plus polluées que celles des nappes,  leur traitement est beaucoup plus coûteux.

 

Donc, à tous points de vue et pour bien faire, il faudrait qu’il pleuve vite et beaucoup ces prochaines semaines sur Paris et sa région. Après déjà trois étés consécutifs complètement pourris dans la capitale, voilà une bien morose  perspective.

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