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19/05/2009

Un «excès»

Audrey Tautou dont le dernier film est interdit de publicité dans le métro parisien car, sur l’affiche, on la voyait en Coco Chanel tenant une cigarette à la main. Jacques Tati déambulant sur son petit vélosolex mais, avec à la bouche, sa célèbre pipe retouchée en petit moulin à vent pour enfant. Même si vous n’habitez pas Paris et/ou que vous n’y prenez jamais le métro, vous avez dû entendre parler de ces deux controverses publicitaires qui, récemment, agitèrent tant la capitale. Dernier élément en date venant nourrir le débat: l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité vient de prendre enfin position (ici) sur ce dossier. Et c’est pour condamner l’«excès» qu’a constitué, selon elle, l’application aussi restrictive, à ces deux campagnes d'affichage, de la loi Evin interdisant la pub pour le tabac.

 

En effet, pour le «gendarme» de la pub en France, tout comme d’ailleurs pour le Conseil de l’éthique publicitaire, dans certains cas, il y a lieu de tolérer la présence de cigarettes, de pipes ou de cigares sur les affiches publicitaires. Lorsque, par exemple, les campagnes émanent d’«annonceurs qui n’ont aucun lien avec l’industrie ou la distribution du tabac». Lorsque ces pubs ont «une finalité culturelle ou artistique». Ou lorsque les produits liés au tabac qui y apparaissent sont «inséparables de l’image et de la personnalité» représentée dans la pub, comme c’est le cas pour Jacques Tati ou Coco Chanel..

 

Pour les professionnels de la pub, une «interprétation plus souple de la loi» Evin est conforme à la fois à l’esprit de cette réglementation et «au légitime combat des autorités sanitaires contre le tabagisme et ses méfaits». Ils espèrent donc que les tribunaux et les pouvoirs publics se rangeront à cet avis. C’est plus que probable. «Ah non! Moi, je ne suis pas pour enlever la pipe à Jacques Tati!», avait déclaré, estomaquée, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot lorsqu'elle avait appris la censure anti-tabac de la régie publicitaire de la RATP. Qui, elle, assurait pourtant (ici) n’avoir que classiquement respecté la loi. «Lutter pour la santé publique, ce n'est pas tomber dans le ridicule», avait maugréé l’ancien ministre Claude Evin lui-même, qui a donné son nom à la réglementation anti-tabac.

 

Va donc pour la bouffarde de Georges Brassens ou de José Bové (et du Pr Mortimer, du duo Blake & Mortimer?). Va donc aussi pour la clope d’André Malraux, de Jean-Paul Sartre ou de Serge Gainsbourg (et de Lucky Luke?).

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