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06/07/2009

Une pollution

lemetro.jpgLes Parisiens qui, comme nous, utilisent principalement le métro pour se déplacer contribuent à la limitation de la pollution dans la capitale. Par rapport aux automobilistes, en tout cas, c’est sûr. En revanche, et ils ne le savent sans doute pas, le choix de ce type de transport n’est pas forcément excellent pour leur santé. Cela vient d’être confirmé. Ce sont les résultats des relevés qui, cet hiver, ont été effectués dans une station de métro pour extrapoler le niveau de pollution régnant dans le réseau de la RATP.

 

Pour ce test, c’est la station ‘Faidherbe-Chaligny’, pas loin de Bastille sur notre chère ligne 8, qui avait été sélectionnée. Parce qu’elle est «représentative des stations sans correspondance du réseau souterrain de la RATP». Des capteurs de pollution ont été placés à l’extérieur et à l’intérieur de cette station, sur les quais notamment. Les conclusions de ce test confirment ce que l’on craignait: un transfert de pollution s’effectue bel et bien entre le milieu urbain et le réseau du métro. Et, à Paris, ce degré de pollution résiduel n’est pas négligeable.

 

Cet air ambiant respiré par les usagers du métro, en effet, s’il est moins pollué que celui respiré par les automobilistes, est plus chargé en particules fines que celui régnant dans les rues de la ville en général. C’est dû à l’intrusion de la pollution urbaine extérieure (véhicules, chauffage et industrie) dans le réseau souterrain; cette intrusion se fait par les bouches d’aération, qui donnent sur la voie publique, situées dans les stations. Cette pollution est due aussi à l’effet mécanique produit par les frottements qu’exercent sur les rails les trains lorsqu'ils freinent. De plus, le passage incessant de ceux-ci dans les stations «entraîne une remise en suspension de ces particules. La circulation des masses d'air entraîne ensuite des échanges de polluants entre l'intérieur et l'extérieur des stations». Résultat des courses: à l’intérieur de la station ‘Faidherbe-Chaligny’, les mesures de particules dites PM10 sont carrément «1,5 fois supérieures à celles relevées sur le boulevard périphérique, au niveau de la Porte d'Auteuil». Concrètement, cela signifie donc que, en ce qui concerne ce type spécifique de pollution, prendre paisbiblement son petit métro chaque matin pour aller bosser expose le Parisien moyen à un air d’aussi mauvaise qualité que celui régnant à proximité des pires embouteillages de la capitale.

 

danslemetro1.jpgA l’attention des usagers du métro que cette révélation inquiéterait, Airparif, l’organe qui surveille la qualité de l'air en région parisienne, la nuance doublement. Un: en ce qui concerne les microparticules, «si l’on considère le temps moyen de dépacement sur le réseau RATP» de l’habitant lambda de la région parisienne, «la valeur guide n’a pas été dépassée». Traduction en langage profane: dans le métro, on inhale des particules en masse; cet air de piètre qualité ne doit pas être excellent pour la santé mais (à moins d'être un SDF passant ses journées sur un quai?), on n’est pas exposé à un degré de pollution tel que cela en devient fondamentalement grave ou dangereux. Deux: voyager en métro, «comparé à la voiture, c'est toujours mieux. Même si certains polluants sont d'un niveau équivalent, on a moins de dioxyde d'azote et on n'a pas d'ozone» dans le réseau de la RATP.

 

Il n’empêche, les résultats des relevés effectués à ‘Faidherbe-Chaligny’ ont paru suffisamment sérieux pour qu’Airparif décide de conduire, d'ici la fin de l'année, une nouvelle campagne. Cette fois, les mesures seront effectuées dans une station de métro plus complexe (avec de multiples lignes, par exemple) comme ‘Auber’ ou ‘Châtelet’. C’est peu dire qu’il ne faut pas trop s’attendre à ce que les résultats soient mirobolants.

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