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21/07/2009

Une pause

Bonnesvacances!.jpgC'est l'appel de la plage; il vide chaque jour un peu plus les rues de Paris, au point que la capitale commence à ressembler à une bourgade presque tranquille, assoupie sous le soleil, parcourue essentiellement par les touristes. Il est donc temps de mettre les voiles et de partir en vacances. On se retrouve normalement dans ce blog vers la deuxième quinzaine d’août. Bonnes vacances à toutes et à tous. A bientôt.

20/07/2009

Un cafouillis

Un air de vacances flotte sur Paris: «Paris Plages» débute aujourd’hui. Dans la capitale, il est des fonctionnaires qui auraient visiblement bien besoin de vacances mais qui, pour autant, ne sont pas prêts d’en prendre: ces agents qui doivent gérer les suites de deux gros cafouillis survenus ces derniers jours, qui resteront dans les annales de la fonction publique hexagonale.

 

Ainsi, ce cafouillis concernant l’édition 2009 du baccalauréat. Dans un centre d'examen de la région parisienne, une «erreur matérielle» de saisie des notes s'est donc produite pour les copies du bac de français. Sept lycées parisiens sont concernés, dont des établissements réputés comme le très select lycée Henri IV, une institution du Quartier Latin. A cause de cet «incident regrettable et tout à fait exceptionnel», les relevés de notes de 747 élèves ont dû être revus. Et des vérifications sont en cours pour les notes des 100.000 candidats bacheliers de la région parisienne, pour s’assurer que des erreurs n’ont pas également été commises dans d’autres centres. A Paris, les fonctionnaires de l’Education risquent d’y passer une bonne partie de l’été.

 

Autre cafouillis et autres agents qui aimeraient sans doute partir à la plage au lieu de se taper à longueur de journées les récriminations de la population: les fonctionnaires qui délivrent les nouveaux passeports biométriques. Ici aussi, cela a l'air d'être la pagaille. Ces dernières semaines, d’ailleurs, devant les bureaux de l’antenne de la préfecture de police située dans notre quartier, on a vu des queues impressionnantes de Parisiens passablement énervés s'étirer sur le trottoir. Le ministère de l’Intérieur assure que «le délai moyen entre le dépôt d’une demande en mairie et le retour du passeport dans la même mairie est actuellement compris entre 7 et 10 jours, et devrait être ramené à 7 jours dans les semaines qui viennent». C’est évidemment une vaste blague. Selon la plupart des témoignages, les délais d’attente pour obtenir ce nouveau passeport peuvent aller jusqu’à deux mois. Rien qu’à Paris en ce moment, plusieurs milliers de passeports sont en attente de délivrance.

 

Du coup,  c’est la galère pour des tas de Français qui étaient un peu trop confiants envers l’administration et qui, le jour programmé de leur départ en vacances, ont dû annuler leur voyage faute d’avoir encore reçu les fameux passeports. Un parlementaire UMP a interrogé le gouvernement sur ces dysfonctionnements, et lui a demandé de faire en sorte que tous ces gens ayant dû renoncer à leurs vacances à la suite de ce cafouillis administratif soient remboursés par leur voyagiste. Car, selon lui, «les usagers ne doivent pas être les victimes» des lenteurs de l’administration. Cet élu n’a pas encore reçu de réponse de l’exécutif, mais il n’y a bien sûr aucune chance que sa proposition aboutisse.

 

Nul doute que, chez tous ces vacanciers empêchés et sans doute désespérés, l’image de l’administration, de l’Etat en général, et de classe politique en particulier va encore en prendre un coup.

17/07/2009

Un pari (raté?)

steakfritessalade.jpgCela ne marche pas. Pas encore et pas assez, en tout cas. Il y a quinze jours (relire ici), le taux de TVA en vigueur dans la restauration avait dégringolé dans les 185.000 hôtels, cafés, bars et restaurants de France. Par cette mesure, le gouvernement espérait entraîner des baisses de prix au bénéfice des consommateurs. Raté, pour l’instant. A Paris, ces deux dernières semaines, intuitivement et sans passer des heures sur la calculette, on n’avait pas vraiment eu l’impression que l’addition au resto ou au bistrot avait fondamentalement baissé. Les témoignages informels qu’on avait recueillis ça et là auprès de Parisiens allaient globalement dans le même sens. C’est désormais officiellement confirmé: ce pari gouvernemental, pour l’instant en tout cas, est raté.

 

Du coup, en haut lieu, on commence un peu à s’énerver. «C’est du donnant-donnant, on ne peut pas recevoir sans donner», a averti hier la ministre de l’Economie Christine Lagarde, qui aimerait bien que les restaurateurs se bougent et que les consommateurs s’y retrouvent. C’est que cette baisse de TVA entraîne 2,4 milliards de manque à gagner en termes de recettes pour l’Etat. «La baisse de prix dans la restauration ne va pas assez vite», a renchéri ce matin le ministre chargé de l’application du Plan de relance de l’économie, Patrick Devedjian. Pour qui les restaurateurs ne peuvent «pas perdre de temps» et doivent rapidement répercuter cette mesure au bénéfice de leurs clients. «Les premiers résultats sont loin d’être parfaits, mais ce n’est que sur le long terme que l’on verra si cette mesure est efficace», estime quant à lui le principal syndicat des métiers de l’hôtellerie et de la restauration.

 

Attendre et voir, donc. Mais encore?

16/07/2009

Une alerte

Visiblement, en matière sanitaire, les autorités françaises craignent de ne jamais en faire assez. C’est sans doute une conséquence du traumatisme laissé dans la classe politique par sa gestion désastreuse de la canicule de l’été 2003. Qui, pour rappel, entraîna tout de même la mort prématurée de 15.000 personnes. Alors qu’au même moment, le ministre de la Santé, en polo dans son jardin, apparaissait à la télé en assurant que la situation était totalement sous contrôle (*). En ce qui concerne la grippe A, en tout cas, la France ne lésine pas. Selon le dernier bulletin épidémiologique en date, cette maladie ne touche jamais que 481 personnes dans l’Hexagone en ce moment, six malades en tout et pour tout ayant dû être hospitalisés. La France n’en vient pas moins de dégainer l’artillerie lourde. Cela a été annoncé hier: quelque 100 millions de doses de vaccin ont été commandées. Et un milliard (un milliard!) de masques anti-projections ont été stockés. L’artillerie lourde, on disait.

 

Cela dit, il est des alertes sanitaires plus étonnantes que celle relative à la grippe A. Ainsi, ce bulletin publié par les autorités de la Santé, mettant la population en garde contre le risque d’attraper une hépatite (E) en mangeant… des «saucisses crues à base de foie de porc». Les fabricants de figatelli, quenelles de foies et autres saucisses de foie ont donc été instamment priés d’indiquer sur l’étiquetage de leurs produits que ceux-ci devaient impérativement être consommés «cuits à cœur».

 

En lisant cette alerte, on s'est dit deux choses. Un, choper une hépatite, maladie qui n’a rien d'agréable, pour avoir simplement mangé des «Knacki» ou autres produits de cet acabit: il y a décidément des gens qui n’ont pas de chance. Deux, dans ce temple mondial de la gastronomie et du bon goût qu’est la France, il est donc encore des gens qui mangent des saucisses industrielles. Qui, à notre humble avis, représentent tout de même le summum de la «nourriture Tricatel», pour reprendre le nom de l’empire de la malbouffe qui, dans le légendaire film «L’Aile ou la Cuisse», s’opposait à la famille Duchemin/Michelin/Louis de Funès-Coluche. Dès 1976, décidément, Claude Zidi avait vu juste sur un des paradoxes culinaires de ce pays.

 

 

(*) Au passage, les autorités n'ont guère tenu rigueur à cet ancien ministre, Jean-François Mattéi, de sa gestion de cette catastrophe sanitaire. Depuis, en effet, il coule des jours heureux et paisibles à la présidence de la Croix-Rouge.

15/07/2009

Un monstre?

operabastille.jpgVingt ans, déjà! Vingt ans qu’il est là et qu’il domine, de sa silhouette si imposante,  notre bonne vieille place de la Bastille. Cette semaine, l’Opéra du même nom fête son vingtième anniversaire, lui qui a été inauguré par François Mitterrand le 14 juillet 1989 précisément. Aucune festivité particulière n’est prévue à Paris pour commémorer cet événement architectural et urbanistique. Et pour cause. Plus que jamais, en ce moment, il est de bon ton de dénigrer ce monument. «Vingt ans après, Bastille n’a pas trouvé sa place», sermonnait l’autre jour le journal «Le Parisien»: «Ce devait être le symbole du rayonnement culturel français… Vingt ans après son inauguration, l’Opéra Bastille continue de susciter agacement et répulsion». Il n’y a pas si longtemps, «Le Figaro», sur base des résultats d’un sondage (de quelle valeur?) réalisé auprès de ses lecteurs, avait rangé l’Opéra Bastille parmi les édifices les plus détestés des habitants de la capitale, à l’égal de la si affreuse Tour Montparnasse. «Pour être honnête, ce n’est pas le projet que j’aurais choisi», a cru bon d’ajouter hier le Belge Gérard Mortier, le directeur (en partance) de l’institution. Même dans les salons dorés du ministère de la Culture, paraît-il, on juge que cet opéra «ne s’est jamais intégré au quartier. Au départ, ce devait être un lieu de vie. Vingt ans plus tard, ce n’est qu’un lieu de passage».

 

Exagérément massif. C’est le reproche principalement formulé à l’encontre du paquebot construit par Carlo Ott, l’architecte canadien originaire d’Uruguay qui, à l’époque, remporta le concours international d’architecture. Il en impose cet édifice, c’est vrai. En même temps, cette critique nous a toujours fait doucement rigoler. Car, bon, vu les dimensions immenses de cette place de la Bastille, imagine-t-on combien aurait été déplacé, voire ridicule, un bâtiment à taille humaine construit sur un de ses flancs? Il a mal vieilli, cet immeuble: autre reproche habituel. De fait. La saga si coûteuse de ses gigantesques plaques de pierre branlantes (relire ici) l’a abondamment illustré. Et on ne peut nier que les recoins de l’Opéra sentent en permanence les pissotières. Mais si la propreté autour de  Notre-Dame était aussi lacunaire, l’imputerait-on à la cathédrale? Du reste, l’Opéra Bastille est loin d’être le seul grand chantier de cette époque à avoir mal résisté au temps. Beaubourg aussi a dû être restauré. Et, quand on prend le temps de les regarder de près, l’Institut du Monde arabe ou la Cité de la Musique montrent un état de délabrement qui n’a rien à envier à celui du monstre de Bastille - puisque tout le monde a l’air de convenir que ce bâtiment est monstrueux.

 

Il est mal fréquenté: c’est le troisième grief souvent fait à cet édifice. Est principalement visée, la faune qui, à longueur de journées et de soirées depuis 20 ans, a pris l’habitude de squatter ses grandes marches et son parvis. Hier encore, en passant devant l’édifice, on s’est dit, une fois de plus, que cet attroupement permanent, décidément, ne nous gênait pas. Il y avait là des jeunes torses nus qui faisaient du skate, des touristes qui se prenaient en photo, des clochards qui faisaient la manche, des étudiants en goguette qui picolaient, des militaires revenus du défilé du 14 juillet qui se détendaient en prenant le soleil, deux jongleurs qui répétaient, un groupe de punkettes affalées qui bâillaient et fumaient. Comme à chaque fois, il y avait là un monde fou et une réelle ambiance. C’était varié, mélangé, détendu, bruyant. Il y avait là un peu de tout, et c’était un peu n’importe quoi. Bref, c’était bien à l’image de Paris, s’est-on redit.

 

operabastilledetail.jpgNous, en tout cas, on l’a toujours plutôt bien aimé, notre Opéra Bastille. On le considère un peu comme un vieil habitant du quartier qu’on a toujours côtoyé et qu’à force, on finit par apprécier. On le voit comme un repaire où il se passe toujours quelque chose d’inattendu. Comme un repère aussi, à la silhouette si familière, indiquant qu’après tant de pérégrinations dans la capitale, on est enfin arrivé dans notre quartier.

 

Et puis, les soirs où il y a spectacle, quand on le regarde depuis la place de la Bastille, ce monstre si massif devient touchant, car grâce à ses immenses baies vitrées si bien éclairées, il ose subitement prendre des airs de coquetterie et de légereté. En outre, de l’intérieur, lorsque, à l’entracte, on sort de la salle de spectacle pour déambuler dans les allées du bâtiment, grâce au panorama qu’il offre depuis ses sommets, on embrasse subitement toute la place, le quartier, la ville entière presque. Une vue imprenable sur la cité, d’une beauté telle que cela ne rate jamais: à chaque fois, on est subjugué. 

13/07/2009

Un recul

Pas de «Matrix» dans le métro de Paris. Sans tambour ni trompette, la RATP vient de s’incliner devant la mobilisation des activistes anti-pub, très offensifs dans le réseau de transport public parisien. Cela concerne une fois de plus les fameux panneaux publicitaires à cristaux liquides «NumériFlash», que la régie veut généraliser dans le métro (relire ici ou ). Outre qu’ils sont sonores et animés, ces panneaux disposent d’une armada de capteurs électroniques. Selon les associations, ces capteurs sont capables de «déterminer le sexe des passants, leur âge, la couleur de leur peau, le type de vêtements portés, et d'analyser l'expression faciale tout en précisant la zone de l'image» regardée par l'utilisateur du métro/le consommateur moyen/ sur le message publicitaire. Ce qui ferait de ces «NumériFlash» des «panneaux publicitaires espions». Et bien, finalement, ces capteurs ne seront pas activés.

 

L’autre jour, en effet, la RATP a annoncé tenir compte «des nombreuses questions posées par ces installations». Et renoncer à activer ce «dispositif de comptage». Ravi de l’abandon de cette «vidéosurveillance publicitaire», les anti-pubs, pour autant, ne démobilisent pas. «La partie n’est pas terminée!», assurent-ils. Avec ces panneaux, les activistes dénonçaient «une quintuple pollution: visuelle, énergétique, mentale, électromagnétique, des libertés publiques. Or, les caméras en moins, il en reste encore quatre!» En plus, au moment où, en France, les grands sommets sur l’environnement («Grenelle», etc.) se succèdent, les opposants aux «NumériFlash» relèvent que chacun de «ces panneaux, d’une puissance de  1000W et allumés en permanence, consomment autant d’électricité que 3 foyers de 4 personnes!». Alors que «chacun est incité à maîtriser sa consommation et à réduire son empreinte énergétique», voilà qui leur semble relever du «gaspillage» et d’une «pollution publicitaire scandaleuse».

 

Qu’en pense-t-on au ministère de l’Environnement?

10/07/2009

Un sauveur?

fnacbastille.jpgC’est, depuis des mois, le gros conflit social du quartier: la fermeture annoncée, à une date encore indéterminée, de la FNAC Bastille, le plus grand magasin de disques de l’Est parisien (relire ici, ou ). Y aurait-il du neuf en vue? Passons rapidement sur la décision, assez technique, prise cette semaine par le tribunal de grande instance de Créteil (banlieue parisienne). Saisi en référé par l’intersyndicale de la FNAC, il a donné à celle-ci quelques semaines de rabiot supplémentaire (jusqu’à mi-septembre) pour tenter de négocier avec le groupe de luxe PPR, propriétaire de l’enseigne, le plan social prévoyant la fermeture du magasin établi dans les sous-sols de l’Opéra Bastille. Attardons-nous, en revanche, sur l’info plus étonnante qu’on a entendue hier matin à la radio, dans la bouche d’un éminent commentateur économique.

 

Le confrère revenait sur les conséquences de la mort récente de Michael Jackson. Le rapport avec la FNAC Bastille? Depuis la disparition du Roi de la pop, les ventes de ses disques explosent, à l’échelle de la planète entière. Visiblement, les fans veulent conserver des traces physiques, palpables, des enregistrements de leur idole disparue. Négligeant la mode actuelle du téléchargement sur internet, jugeant sans doute les fichiers MP3 et autres trop désincarnés, ces fans se ruent, paraît-il, dans les magasins. Pour acheter ou racheter toute la production discographique de l’artiste ainsi que les inévitables retirages et éditions spéciales annoncés. Le phénomène serait valable en France également, et à Paris plus spécialement. Depuis la mort du chanteur, la FNAC Bastille, exclusivement consacrée à la musique et aux DVD, serait littéralement prise d’assaut, à longueur de journées, par les inconditionnels de Michael Jackson. Et, selon ce chroniqueur économique, généralement bien informé, les chiffres de vente seraient tels à Bastille depuis dix jours que certains dirigeants de PPR songeraient désormais à surseoir à la fermeture du magasin.

 

Notre bonne vieille FNAC Bastille sauvée par Michael Jackson?!? Si l’info se vérifie – on n’a pas encore eu le temps de faire un saut à la FNAC pour vérifier cet engouement présumé –, il s’agirait assurément d’un rebondissement spectaculaire…

 

 

 

PS : Sinon, sauf erreur, Nicolas Sarkozy, le Roi de la pop de la politique française, n’a toujours pas réagi à la mort du Roi de la pop. A Paris pareillement, les autorités n’ont pas l’air d’en pincer particulièrement pour le chanteur disparu. Selon des indiscrétions circulant dans la capitale, la mairie, cette semaine, a reçu des centaines d’appels de Parisiens réclamant la retransmission en direct et sur écrant géant, place de l’Hôtel de Ville, des funérailles de la star. Mais le maire, Bertrand Delanoë, n’a pas donné suite.

09/07/2009

Une image

Rien ne change en France. Chaque année à l’approche de l’été    on en a déjà parlé maintes fois dans ce blog   tombent les résultats de deux enquêtes sur l’image internationale de l’Hexagone. Cette année, rebelote: Paris apparaît toujours comme une des grandes villes les plus chères du monde, et les touristes français souffrent toujours autant d’une pitoyable réputation à l’étranger.

 

Paris ville chère, d’abord. Selon le baromètre annuel de la société de consultance internationale Mercer, publié cette semaine, la capitale française se maintient parmi les cités mondiales considérées comme les plus coûteuses par les expatriés. Sur 143 mégapoles analysées, la Ville lumière apparaît en treizième position, quasiment à la même place que l’an dernier (douzième). En termes de cherté, elle n’est supplantée en Europe que par Milan, Copenhague, Zurich, Genève et Moscou. Dans la plupart des autres grandes villes du Vieux continent, le coût de la vie est moins élevé qu’à Paris en ce qui concerne des critères comme le logement, le transport, la nourriture, l’habillement ou les loisirs. C’est le cas par exemple de Londres, Vienne, Luxembourg, Madrid, Berlin ou Bruxelles – la capitale belge arrivant à la 41ème position.

 

Les touristes français, ensuite. Cette année encore, si l’on en croit les résultats, divulgués hier, de l’étude internationale réalisée auprès des hôteliers du monde entier par TNS Infratest, pour le voyagiste en ligne Expedia, ils figurent parmi les pires touristes au monde en termes d’image. Loin derrière les Japonais, qui restent les voyageurs les plus appréciés, et derrière les Belges (qui pointent à une honorable septième place). On peut évidemment penser ce que l’on veut de ces catégorisations par nationalité, qui  renvoient tant à l’amalgame voire au cliché. Il n’empêche, dans l’édition 2009 de cette étude, l’image désastreuse qui colle à la peau des touristes français est, une nouvelle fois, due aux quatre critères revenant chaque année:  leurs carences en langues étrangères, leur légendaire propension à râler, leur impolitesse et leur avarice. Seuls points positifs: les Français sont très bien placés en ce qui concerne leur intérêt pour la gastronomie des pays visités, leur discrétion et leur élégance.

 

C’est déjà cela.

08/07/2009

Une «zone d’ombre»

portemetro.jpgGros travaux en ce moment sur la ligne 1 du métro de Paris: la plus centrale et la plus fréquentée de la capitale, avec 750.000 voyageurs par jour. Il ne s’agit pas seulement d’automatiser entièrement cette ligne, mais également d’équiper tous ses quais de porte palières: ces parois transparentes empêchant tout accès aux voies et ouvrant uniquement sur les portes du train quand celui-ci est à l’arrêt. Cela exige notamment de rehausser d’environ 5 centimètres le niveau du sol des stations.

 

Ces porte palières auront comme première conséquence de prévenir les suicides ou chutes accidentelles d’usagers sur les voies. Faudrait-il envisager la généralisation de ce dispositif de protection sur tout le réseau? Ces derniers jours, en tout cas, la capitale a connu plusieurs drames affreux de ce type. Ainsi, au début de cette semaine, une dame âgée, mal-voyante, a perdu la vie après être tombée entre deux rames à la station ‘Gobelins’. Auparavant, à la station du RER C ‘Saint-Michel’, une passagère a trouvé la mort après avoir tenté de monter dans le train alors qu’il était sur le point de redémarrer. Les portes s’étant refermées sur son passage, son bras coincé l’empêchant de redescendre sur le quai, elle a été traînée sur plusieurs mètres puis a perdu l’équilibre, a basculé sur les voies et a été écrasée.

 

«Dans certaines stations, les machinistes n’ont pas une visibilité parfaite sur l’ensemble des quais», expliquait hier un conducteur, dans les pages locales du journal «Le Parisien». C’est particulièrement le cas dans les stations de métro ou du RER qui sont en courbe, comme ‘Saint-Michel’. Malgré les caméras et rétroviseurs équipant les quais, les conducteurs de train qui démarrent peuvent y être confrontés à des «zones d’ombre» visuelles, qui les empêchent par exemple de s’apercevoir qu’un voyageur est resté coincé dans les portes.

 

entrerdanslemetro.jpgC’est donc, en quelque sorte, la version ferroviaire du fameux angle mort du rétroviseur de l’automobiliste. Cet angle mort qui, à Paris a fortiori depuis le lancement de Vélib’ il y aura deux ans bientôt, a déjà été fatal à tant et tant de cyclistes. L’existence de pareilles «zones d’ombre» fait froid dans le dos, quand on connaît les bousculades et la cohue régnant aux heures de pointe dans le métro ou le RER parisiens, au moment de l’embarquement et du débarquement des trains. Et quand on a expérimenté la rudesse, voire la violence, des croisements entre usagers sur les quais. Particulièrement l’été d'ailleurs, lors de ces jours d’orage où, dans les stations et dans les trains, il fait si étouffant et la promiscuité est si insupportable – ces jours où tant de Parisiens semblent subitement redécouvrir l'espèce d'animalité qui sommeille en eux.

 

Sinon, peut-on constater régulièrement sur les écrans d’information dans les stations de métro, la RATP, contrairement à l’engagement pris récemment par la SNCF, continue de privilégier la langue de bois et le parler politiquement correct. Les tentatives de suicide qui sont commises dans son réseau par les usagers sont toujours si pudiquement dénommées des accidents graves de voyageur…

07/07/2009

Une errance

La justice française et les pauvres, suite. On avait déjà eu droit aux SDF et aux militants contre le mal-logement poursuivis et condamnés (avant d’être relaxés en appel) pour avoir installé un campement de tentes de mal-logés en plein cœur de Paris – ces miséreux étant assimilés par la justice à des dépôt clandestins d’objets encombrants (relire ici ou ). Comme quoi, rien n’évolue: hier, dans une affaire similaire, ce fut au tour de Médecins du monde de comparaître en référé devant le tribunal de grande instance de Bobigny (banlieue parisienne) pour occupation illégale d'un terrain appartenant à l’Etat.

 

Cette fois, il ne s’agit pas d’une rue dans le chic quartier de l’Opéra Garnier, mais d’un terrain vague misérable situé en contrebas de l'autoroute A86 (qui traverse la banlieue parisienne) à hauteur de Saint-Denis, le long des quais de Saint-Ouen. A cet endroit, fin mai, l’association a érigé six tentes. Dans ce campement d’urgence, pareil à ceux que l’ONG humanitaire a installés au Darfour ou au Kosovo, sont hébergés une centaine de Roms. Ils ont fui le hangar pouilleux de Bobigny où, après avoir été expulsés de toutes parts par les municipalités environnantes, ils s’étaient réfugiés. Avant que ces lieux soient ravagés par un incendie fin mai, un enfant de 10 ans perdant la vie dans le brasier.

 

La préfecture de Seine-Saint-Denis poursuit l’ONG car elle est bien décidée à lutter contre l’installation «de véritables bidonvilles» de gens du voyage. Ce département assure accueillir déjà sur son territoire «plus d’un tiers des Roms de la région» parisienne. Selon lui, «ces populations s’installent sur des terrains ou friches industrielles mal sécurisés, encore très nombreux et font l’objet d’évacuations régulières depuis plusieurs années. Cette situation, qui ne cesse de s’amplifier, pose non seulement des problèmes en matière de sécurité et d’ordre public, mais également en matière d’insalubrité tant les conditions de vie dans ces camps sont dégradées».

 

L’association rétorque que, les départements étant si nombreux à ne pas respecter la loi de 2000 leur imposant de mettre des aires d’accueil à la disposition des gens de voyage, il faut bien que ceux-ci s’installent quelque part, a fortiori quand ils sont confrontés à des situation d’urgence. «Face à la mise en danger des personnes (…), la seule réponse de l’Etat est une assignation en justice», fulmine Médecins du Monde. «Etat, collectivités locales et territoriales se renvoient en permanence la responsabilité de cette situation. De bidonville en bidonville, après chaque évacuation, les familles Roms sont condamnées à une vie d’errance car aucune solution adaptée et globale n’a été trouvée pour leur apporter dignité et stabilité. Ces expulsions répétées, sans solution de relogement, entraînent un épuisement, des ruptures de soins et de suivi médical, notamment pour les femmes et les jeunes enfants».

 

Treize associations (dont la Fondation Abbé Pierre, le Secours Catholique ou la Ligue des droits de l’homme) ont apporté leur soutien à Médecins du Monde. Ont réclamé l’arrêt immédiat des poursuites contre l'ONG ainsi que le relogement sans délai de tous les Roms concernés, afin que cesse cette insupportable errance. D’après le blog du campement, sous ce pont d'autoroute à quelques kilomètres à peine de la Ville Lumière, on trouve «une femme ayant eu une césarienne (et) suivie pour surinfection de sa cicatrice, un bébé de deux mois en attente d’une intervention chirurgicale pour problèmes cardiaques, un bébé de trois mois (ayant) récemment subi une intervention chirurgicale pour pieds bots, une femme hospitalisée en service psychiatrique pour syndrome post traumatique et deux nouveau-nés âgés d’une semaine, (dont) un bébé né prématuré (et)  âgé de six semaines».

06/07/2009

Une pollution

lemetro.jpgLes Parisiens qui, comme nous, utilisent principalement le métro pour se déplacer contribuent à la limitation de la pollution dans la capitale. Par rapport aux automobilistes, en tout cas, c’est sûr. En revanche, et ils ne le savent sans doute pas, le choix de ce type de transport n’est pas forcément excellent pour leur santé. Cela vient d’être confirmé. Ce sont les résultats des relevés qui, cet hiver, ont été effectués dans une station de métro pour extrapoler le niveau de pollution régnant dans le réseau de la RATP.

 

Pour ce test, c’est la station ‘Faidherbe-Chaligny’, pas loin de Bastille sur notre chère ligne 8, qui avait été sélectionnée. Parce qu’elle est «représentative des stations sans correspondance du réseau souterrain de la RATP». Des capteurs de pollution ont été placés à l’extérieur et à l’intérieur de cette station, sur les quais notamment. Les conclusions de ce test confirment ce que l’on craignait: un transfert de pollution s’effectue bel et bien entre le milieu urbain et le réseau du métro. Et, à Paris, ce degré de pollution résiduel n’est pas négligeable.

 

Cet air ambiant respiré par les usagers du métro, en effet, s’il est moins pollué que celui respiré par les automobilistes, est plus chargé en particules fines que celui régnant dans les rues de la ville en général. C’est dû à l’intrusion de la pollution urbaine extérieure (véhicules, chauffage et industrie) dans le réseau souterrain; cette intrusion se fait par les bouches d’aération, qui donnent sur la voie publique, situées dans les stations. Cette pollution est due aussi à l’effet mécanique produit par les frottements qu’exercent sur les rails les trains lorsqu'ils freinent. De plus, le passage incessant de ceux-ci dans les stations «entraîne une remise en suspension de ces particules. La circulation des masses d'air entraîne ensuite des échanges de polluants entre l'intérieur et l'extérieur des stations». Résultat des courses: à l’intérieur de la station ‘Faidherbe-Chaligny’, les mesures de particules dites PM10 sont carrément «1,5 fois supérieures à celles relevées sur le boulevard périphérique, au niveau de la Porte d'Auteuil». Concrètement, cela signifie donc que, en ce qui concerne ce type spécifique de pollution, prendre paisbiblement son petit métro chaque matin pour aller bosser expose le Parisien moyen à un air d’aussi mauvaise qualité que celui régnant à proximité des pires embouteillages de la capitale.

 

danslemetro1.jpgA l’attention des usagers du métro que cette révélation inquiéterait, Airparif, l’organe qui surveille la qualité de l'air en région parisienne, la nuance doublement. Un: en ce qui concerne les microparticules, «si l’on considère le temps moyen de dépacement sur le réseau RATP» de l’habitant lambda de la région parisienne, «la valeur guide n’a pas été dépassée». Traduction en langage profane: dans le métro, on inhale des particules en masse; cet air de piètre qualité ne doit pas être excellent pour la santé mais (à moins d'être un SDF passant ses journées sur un quai?), on n’est pas exposé à un degré de pollution tel que cela en devient fondamentalement grave ou dangereux. Deux: voyager en métro, «comparé à la voiture, c'est toujours mieux. Même si certains polluants sont d'un niveau équivalent, on a moins de dioxyde d'azote et on n'a pas d'ozone» dans le réseau de la RATP.

 

Il n’empêche, les résultats des relevés effectués à ‘Faidherbe-Chaligny’ ont paru suffisamment sérieux pour qu’Airparif décide de conduire, d'ici la fin de l'année, une nouvelle campagne. Cette fois, les mesures seront effectuées dans une station de métro plus complexe (avec de multiples lignes, par exemple) comme ‘Auber’ ou ‘Châtelet’. C’est peu dire qu’il ne faut pas trop s’attendre à ce que les résultats soient mirobolants.

03/07/2009

Une expérience

Puisque c’est vendredi, faisons dans la légèreté aujourd’hui. Au sens propre: parlons des créatures les plus légères et fragiles qu’on peut croiser (de moins en moins souvent, hélas) à Paris. Ce qui, au passage, permettra de poursuivre notre exploration de la faune parisienne. Après avoir évoqué dans ce blog les abeilles (début de la semaine dernière), les rats (ici ou ), les pigeons et rapaces ( ici), ou les moustiques (ici ou ), parlons des papillons, qui sont à l’honneur en ce moment dans la capitale.

 

En effet, une expérience qui leur est consacrée vient d’être lancée. Elle a été baptisée du joli nom de «Papitrame». Elle consiste à demander aux Parisiens d’ouvrir l’œil. Et, en l’occurrence, de renseigner (via internet) les scientifiques sur le comportement qu’ils auront observé de quelques centaines de papillons que les chercheurs sont en train de lâcher en région parisienne, après les avoir marqués (de manière indolore pour eux) de signes permettant de les reconnaître. Les scientifiques, mis au courant des itinéraires de déplacement de ces papillons, des endroits où ils s’établissent en milieu citadin ou des fleurs qu’ils butinent, pourront en déduire des enseignements précieux sur le mode de vie de ces insectes et sur l’état de l’environnement et de la biodiversité dans la capitale et sa région. Les données issues d'expériences scientifiques de ce type seront ensuite prises en considération dans l’élaboration des normes de construction ou de pollution, dans le développement des espaces verts, etc.

 

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Muséum national d'histoire naturelle, l’agence régionale pour la biodiversité (Natureparif) et l’ONG «Noeconservation» (de la Fondation Nicolas Hulot) pilotent cette opération. Elle est tout sauf légère, dans la mesure où les papillons sont une espèce en danger. Les menacent à la fois la raréfaction des habitats naturels (zones humides, prairies sèches,…), l’intensification des activités humaines, le recours intensif aux pesticides ou le changement climatique. Ainsi, entre 2006 et 2008, le nombre moyen d’espèces observées dans les jardins de la moitié nord de la France a fortement diminué. Or, «face à l’érosion de la biodiversité, il est important de disposer d’indicateurs permettant d’évaluer cette perte». Et «les papillons constituent de bons indicateurs. Pour plusieurs raisons: pollinisateurs, proies pour les oiseaux (en particulier à l’état de chenilles), les batraciens ou les chauves-souris, les 5 200 espèces de papillons (de jour ou de nuit) de France jouent un rôle important dans l’équilibre naturel et le fonctionnement des écosystèmes».

 

Même s’ils sont peu familiers des piérides blanches, tircis, paons de jour ou autres vulcains (les 4 espèces de papillons les plus courantes dans la capitale), les Parisiens sont donc invités à veiller sur ces créatures et à les observer. En ces temps où, vu la splendeur de la ville à cette saison, l’on passerait bien ses journées et soirées dans les parcs et jardins, peut-on trouver passe-temps plus agréable et délassant?

02/07/2009

Une curiosité

metrointerieur2.jpgDepuis mercredi, on le disait hier, le café est censé être moins cher à Paris. A vérifier. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que, depuis le même jour dans cette ville, les transports publics sont eux (un peu) plus chers. A la RATP, par exemple, le prix du carnet de 10 billets est passé à 11€60.

 

C’est tout de même un peu curieux, cette nouvelle et énième augmentation, s’est-on dit mercredi soir encore, en achetant notre titre de transport. Car, bon, on n’est pas économiste, mais on avait cru comprendre que, pour la première fois depuis les années 60, les prix étaient globalement en recul en France (voir ici). De même, on avait cru entendre, dernièrement, que l’ensemble de la zone euro venait de connaître elle aussi, et carrément pour la première fois depuis la création de cette zone en 1999, un recul des prix à la consommation. Au point que certains économistes avaient mis en garde contre un risque de déflation. A Paris, malgré tout, les tarifs des transports publics augmentent. Cette curiosité est due, apprend-on (ici), «aux besoins qui sont considérables» et à la nécessité d’«équilibrer les différents modes de financement».

 

Il n’empêche, sur le fond, au risque de paraître tartouille, il y a une chose qu’en ce moment, on ne comprend pas trop, comme sans doute la plupart des Parisiens et des Français moyens. D’une part, cette moindre inflation est invoquée en défaveur de la population lorsqu’il s’agit, par exemple, de moins revaloriser que d’habitude des prestations sociales ou le salaire minimum. Mais d’autre part, elle n’est plus invoquée en faveur de cette population lorsqu’il s’agit d’adapter les tarifs comme ceux des transports publics. Donc, finalement, cette histoire d'inflation joue toujours en défaveur des gens.

 

Il n’y a d’ailleurs pas que les tarifs du métro qui, hier, ont augmenté. Pour le RER, c’est pareil. Et, à la SNCF, les trains Intercités, Corail, Téoz et TER sont en moyenne 3,4% plus chers. Cette dernière hausse, nettement supérieure à l’inflation, a fait réagir la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT), qui a trouvé cette augmentation «très élevée» et «tout à fait anormale».

 

metrointerieur.jpgLes usagers du métro et du RER parisiens, eux, n’auront sans doute aucune envie de se prendre la tête avec ces augmentations de tarifs, eux qui, par ces jours de grandes chaleurs, doivent déjà déployer tant d’énergie pour supporter la canicule étouffante régnant dans les trains. Tiens, au fond, l’installation enfin, dans les métros de Paris, d’un système de ventilation un peu efficace – comme il en existe dans tant de mégapoles mondiales pourtant bien plus chaudes: cela ne pourrait pas être considéré par la RATP comme faisant partie des «besoins considérables»? Et bénéficier d’une partie des produits générés par cette nouvelle augmentation de tarifs?

01/07/2009

Un pari

A partir d’aujourd’hui à Paris, comme partout ailleurs en France, le petit noir avalé en vitesse au comptoir coûtera-t-il moins cher?

 

C’est, en tout cas, un des objectifs visés par la baisse de la TVA sur la restauration, qui, à partir de ce mercredi, passe de 19,6% à 5,5%. En l’absence de toute obligation imposée aux restaurateurs d’abaisser effectivement leurs prix, cette mesure est un pari. Au ministère de l’Economie, on compte bien que la restauration respecte ses engagements. A savoir répercutera intégralement cette baisse de TVA sur au moins «7 des 10 produits constituant la base d’un repas complet (entrée, plat, et diverses formules ou menus), soit une baisse d'au moins 11,8 %». Les cafetiers et limonadiers se sont engagés à baisser la TVA «sur le prix du café, du thé et d’une boisson fraîche (au comptoir ou en salle)». Quant à la restauration rapide, où la TVA ne baissera que pour les ventes réalisées sur place, elle est censée pratiquer une baisse de 5 % sur les «menus phares».

 

A propos, selon les spécialistes du secteur de la restauration, «en Italie, le café vaut 0,65 à 0,80€ en moyenne. En France, servi au comptoir, il coûte environ 1,20€». Aux yeux de certains représentants de cette professsion, à moins d’une diminution du prix moyen du café sous la barre symbolique d’1€, «les clients continueront à privilégier de plus en plus le distributeur de leur entreprise. C’est en baissant le prix du café qu’on fera revenir du monde dans les cafés».

 

Ce coût moyen d’1€20 le café ne concerne que les bars. Dans les restaurants, il grimpe à 2€20. Dans notre cher quartier Saint-Sébastien, les bars et restos facturent habituellement le café entre 1€50 et 2€50. On se situe donc dans la moyenne. Mais plus on se rapproche de la place de la Bastille ou du Marais et de leurs terrasses à longueur d’années bondées de touristes, plus le prix du petit noir s’envole, bien sûr. Sans parler des tarifs des cafés dits «gourmands» (capuccino, etc.), qui peuvent atteindre la demi-douzaine d’euros.

 

On se demande vraiment si, dans ce genre d’endroits aussi, le pari de Bercy va fonctionner et donc les prix diminuer, au bénéfice du consommateur. Ou si les restaurateurs vont surtout en profiter pour arrondir leurs fins de mois. Eux qui, déjà, se remplissent pas mal les poches avec le petit noir au comptoir, dont le prix de revient tourne autour des 20 centimes. Curieux d’ailleurs qu’on parle si rarement en France en ce moment, dans le débat sur cette baisse de TVA, des marges bénéficiaires dans le secteur de la restauration. Alors que ces mêmes marges font tant jaser et protester concernant le secteur de la grande distribution.

 

 

 

PS : Petit rappel à l’attention des lecteurs qui, en ces périodes de fortes chaleurs, préféreraient le rosé, la Kro ou l’anisette au petit café serré: cette baisse de TVA ne concerne pas l’alcool.