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26/08/2009

Un soulagement

C’est particulièrement notable depuis lundi: Paris, tout doucement, revit! On entend à nouveau des coups de klaxon, et il ne faudra pas longtemps avant de tomber sur des embouteillages à la sortie des bureaux. Une à une, les boutiques rouvrent. Les musées préparent leurs expos de la rentrée. Dans les bistrots et les restos, le monde revient. On refait la queue devant les cinémas. Bref, lentement mais sûrement, la ville recommencer à bouger, à s’agiter, à vibrer.

 

C’est un fameux changement par rapport aux semaines précédentes, et c’est avec soulagement qu’on l’a constaté. Car, pendant toutes ces semaines d’août, Paris a été transformé en véritable désert. En ville vide. Morte. C’est un classique du mois d’août ici, mais, comme cela faisait plusieurs étés qu’on y avait plus aussi longtemps séjourné et donc qu’on n’avait plus expérimenté cela, on avait un peu oublié cette grande tradition estivale parisienne.

 

Alors, bien sûr, les premiers jours, ce n’est pas fondamentalement désagréable. Cette sensation de se croire un dimanche. Cet air ambiant (un peu) moins pollué que d’habitude. Ce luxe de ne devoir qu’à peine regarder les feux de signalisation avant de traverser les grands boulevards, tant le trafic y est réduit au minimum. Ce plaisir de s’asseoir à la meilleure table en terrasse sans avoir rien réservé. De trouver sans problème un Vélib’ aux stations. De pouvoir sommeiller tranquillement dans les parcs, affalé dans l’herbe tendre, sans le vacarme habituel des gosses.

 

Mais très vite, a-t-on trouvé, cela lasse. Surgit alors la même impression que celle que l’on peut ressentir dans une station balnéaire en basse saison. Le sentiment de n’être pas là où les choses se passent. L’effarement devant le fait que, dans cette ville, à cette période de l’année, plus rien ou presque ne se passe. L’agacement, dans cette capitale où d’habitude tout va si vite, de devoir subitement attendre pour tout et pour n’importe quoi: en particulier pour les métros et les RER, à cause de leurs horaires d’été allégés.

 

Particulièrement frappante, pour tout Parisien qui se respecte – et qui est donc, sur les bords, accro au shopping – , est la grisaille de ces rues entières de commerces dont les rideaux métalliques sont, en août, tous baissés et arborent invariablement le même avis: «Fermé pour congés». Sans pour autant être (trop) consumériste, voilà un spectacle urbain assez triste.

 

Pas pratique, en outre. Ainsi, pendant le week-end du 15 août – qui est le sommet de la morte saison à Paris –, pour trouver ne serait-ce qu’une boulangerie ouverte, c’était vraiment la galère. Dans la capitale, pourtant, la préfecture est supposée régler cela. C’est un héritage de la Révolution de 1789, de l’époque donc où le pain était considéré comme une base essentielle de l’alimentation. En édictant un calendrier des fermetures estivales, les autorités veillaient à ce que, dans chaque quartier, subsiste au moins une boulangerie ouverte pendant les grands congés. Depuis ce temps, depuis 220 ans donc, à Paris, les boulangers ne peuvent toujours pas prendre leurs vacances quand bon leur chante: ils doivent se plier aux tours de garde imposés par la préfecture. Cet été, cependant, on ne sait pas trop ce que les bureaucrates ont bidouillé, mais on a passé pas mal de temps à errer dans la ville à la recherche de boulangeries ouvertes.

 

Cette semaine, en revanche, les boulangeries, comme les commerces dans leur ensemble, commencent à rouvrir. Les trottoirs et les stations de métro ont l’air de se repeupler – et, en plus, de gens souvent beaux et bronzés. La vie reprend. Enfin. Paris tranquille, définitivement, ce n’est pas Paris.

Commentaires

A Bruxelles aussi les boulangeries (sans héritage révolutionnaire d'un quelconque calendrier!) ouvertes se faisaient rares...
Ravie que votre Paris revit ;-)

Écrit par : claire | 26/08/2009

"Le sentiment de n’être pas là où les choses se passent." Voilà le cadet de mes soucis.
Vivre, revivre ou survivre : l'essentiel.

Écrit par : Tania | 27/08/2009

@Tania : pluzun ... mais n'oublions pas, ce sont des journalistes, ils ont d'autres besoins ;)

Écrit par : sylvain | 28/08/2009

Les commentaires sont fermés.