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31/08/2009

Une saison

toureiffel.jpgLes vacances étant définitivement terminées, puisque c’est la rentrée pour tout le monde cette semaine, il est peut-être temps de faire le point sur l’été à Paris, d’un point de vue touristique. Un secteur qui a une importance économique énorme, dans une ville qui accueille 27 millions de touristes chaque année et où un habitant sur dix travaille dans ce domaine d'activité ou grâce à lui. Alors, en gros: on aurait pu craindre bien pire, mais, pour autant, ce n’est tout de même pas terrible. Le même bilan vaut d’ailleurs pour la saison touristique à l’échelle du pays dans son ensemble.

 

Ainsi, en juillet à Paris, on a enregistré une baisse de fréquentation de 3%. En août, elle a été de 4%. Ce à quoi il faut ajouter la baisse de 8% déjà constatée dans la capitale lors des six premiers mois de l’année. Ce moindre afflux de touristes touche aussi bien les hôtels que les grands sites: Le Louvre, la tour Eiffel, etc. Les touristes provenant de deux pays en particulier ont manqué cet été dans la Ville lumière: les Japonais (malgré un taux de change très favorable du yen par rapport à l’euro) et les Britanniques (touchés par la chute de la livre sterling). La fréquentation de ces deux nationalités a chuté de 25%. De mauvais chiffres aussi pour les touristes espagnols et italiens. Les Américains, en revanche, qui avaient eu tendance à bouder Paris ces derniers temps, semblent y revenir progressivement.

 

Ce qui limite les dégâts pour l’économie parisienne, c’est que cette chute de fréquentation des touristes étrangers a été en partie compensée, cet été, par l’afflux, plus important que d’habitude, des touristes français. Autre motif de satisfaction: dans la capitale cet été, les palaces au moins ont tiré leur épingle du jeu. Du Ritz au George V en passant par le Meurice ou le Bristol, les hôtels de très grand luxe ont affiché un taux d’occupation très honorable de 85%.

 

Notons aussi qu’à l’autre extrémité de l’offre d’hébergement, le camping de Paris, lui non plus, n’a pas désempli…

28/08/2009

Un conseil

Un petit conseil, pour bien terminer la semaine. Si vous vivez à Paris ou si vous êtes passé dans cette ville récemment, inspectez le contenu de votre porte-monnaie. En effet, la capitale française semble être la proie, ces derniers temps, de… faux-monnayeurs!

 

Pour preuve, pour la deuxième fois cet été, en plein Paris, on vient de se faire refiler une fausse pièce de 2€. Et la dernière fois qu’on a essayé de l’utiliser, en toute bonne foi précisons-le – on n’avait pas remarqué qu’on s’était fait avoir – , le commerçant qui nous l’a refusée nous a assuré que, ces dernières semaines, il avait vu des tas de fausses pièces de ce type. Du coup, désormais, il inspecte scrupuleusement la monnaie avec laquelle ses clients le paient. En outre, depuis que, ces derniers jours, on a un peu raconté notre mésaventure autour de nous, on est tombé sur plusieurs personnes, habitant à Paris également, à qui on avait fait exactement le même coup ou qui en avaient entendu parler (*).

 

Ladite fausse pièce de 2€ qui nous a trompé est censée avoir été émise en Italie. Elle est très légèrement plus mince et donc plus légère que les vraies pièces de 2€. Et les variations de couleur entre le cœur de la pièce et la couronne entourant ce cœur ne sont pas parfaites. Les vraies pièces de 2€ sont jaunies en leur centre, leur couronne étant blanche. Les fausses pièces, elles, sont moins bien jaunies en leur cœur.

 

Que faire quand on se retrouve avec de fausses pièces? Pour avoir la réponse à cette question (ici), il faut un peu chercher, sur le site web de la Banque de France – qui pourrait tout de même rendre plus visibles ces infos de base. En vertu de l’article L162-2 du Code monétaire et financier, les fausses pièces sont à remettre à la Monnaie de Paris. Contre réception d’un reçu et non contre remboursement, il ne faut pas rêver: on n’est pas non plus au pays des Bisounours. L’article 442-7 du Code pénal punit de 7500€ d'amende le fait de remettre en circulation des fausses pièces ou billets «après en avoir découvert les vices», mais «en les tenant pour bons».

 

Risquer 7500 € d’amende pour récupérer 2€. Cela ne vaut pas trop le coup. On a donc peut-être bien fait, l’autre jour, de ne pas nous débarrasser de notre fausse pièce de 2€, comme l’idée nous a fugacement traversé l’esprit, en l’utilisant subrepticement dans un distributeur à coca-cola rencontré sur un quai de la station de métro «République». En même temps, l’aurait-on fait, qui l’aurait jamais vu/su?

 

 

(*) Remarquez que, si vous tapez «fausses pièces de 2€» sur Google France, comme on l'a fait ce matin, vous obtenez tout de même quelques centaines de milliers de résultats. Ce qui montre que le problème n’est pas si anecdotique que cela.

27/08/2009

Un accroc

poleemploi.jpgIl est des nouvelles qui, malheureusement, font immédiatement oublier les vacances et retomber dans l’actualité la plus sinistre. Ainsi, les derniers chiffres du chômage, qui sont tombés en France hier soir. Ils sont certes moins graves qu’on ne le craignait, mais ils indiquent tout de même que, pour le dernier mois comptabilisé (juillet), l’on a encore déploré 33.000 sans-emploi supplémentaires, tous types de chômeurs confondus. Et encore n’est-ce sans doute rien par rapport aux chiffres qui, dans deux mois, feront le point de la situation, non pendant les vacances (période où l’économie tourne au ralenti et donc où on embauche peu), mais à la rentrée. Ainsi, entendait-on l’autre jour à la radio, rien qu’en région parisienne, les spécialistes tablent sur une explosion (+30%!) du nombre de nouveaux demandeurs d’emploi en septembre.

 

Sur le chemin entre le bureau et la maison, il y a une agence «Pôle Emploi». Du coup, on passe devant quasiment chaque jour. Et on a pu remarquer qu’on y fait très souvent la queue. Mardi, d’ailleurs, cette agence, comme les 213 autres de la Région parisienne, a carrément fermé ses portes à titre exceptionnel, pendant toute la journée. Les agents sont tellement débordés qu'ils ont jugé cette fermeture au public indispensable pour pouvoir résorber tout leur travail en retard avant le rush de nouveaux chômeurs en septembre. A l’échelle du pays, du reste, «Pôle Emploi», cet été, a dû sous-traiter la tâche de l’orientation des chômeurs à des entreprises du secteur privé. Voilà en tout cas un double accroc, dû à la crise, que le gouvernement n’avait pas du tout prévu dans sa politique massive de réduction des effectifs de la fonction publique. En France, ceux-ci sont traditionnellement présentés comme pléthoriques. Mais, manifestement, en période de crise aiguë et dans certains secteurs, cette fonction publique, plutôt que de se tourner les pouces, manque en fait de bras.

 

Sinon, ce qu’on a remarqué aussi, en passant devant notre «Pôle Emploi», c’est que, depuis un petit temps maintenant, un automate a été installé à l’extérieur du bâtiment, qui permet aux chômeurs d’effectuer des formalités (demande de documents, etc.) en dehors des heures d’ouverture de l’agence. Pourquoi pas. Mais, au nombre de gens du quartier qu’on a déjà vus complètement décontenancés devant cette machine, voire passablement énervés par son fonctionnement, rien, manifestement, ne remplacera jamais le contact humain. Ce qui, au passage, n’est pas une mauvaise nouvelle pour l’avenir de l’emploi.

26/08/2009

Un soulagement

C’est particulièrement notable depuis lundi: Paris, tout doucement, revit! On entend à nouveau des coups de klaxon, et il ne faudra pas longtemps avant de tomber sur des embouteillages à la sortie des bureaux. Une à une, les boutiques rouvrent. Les musées préparent leurs expos de la rentrée. Dans les bistrots et les restos, le monde revient. On refait la queue devant les cinémas. Bref, lentement mais sûrement, la ville recommencer à bouger, à s’agiter, à vibrer.

 

C’est un fameux changement par rapport aux semaines précédentes, et c’est avec soulagement qu’on l’a constaté. Car, pendant toutes ces semaines d’août, Paris a été transformé en véritable désert. En ville vide. Morte. C’est un classique du mois d’août ici, mais, comme cela faisait plusieurs étés qu’on y avait plus aussi longtemps séjourné et donc qu’on n’avait plus expérimenté cela, on avait un peu oublié cette grande tradition estivale parisienne.

 

Alors, bien sûr, les premiers jours, ce n’est pas fondamentalement désagréable. Cette sensation de se croire un dimanche. Cet air ambiant (un peu) moins pollué que d’habitude. Ce luxe de ne devoir qu’à peine regarder les feux de signalisation avant de traverser les grands boulevards, tant le trafic y est réduit au minimum. Ce plaisir de s’asseoir à la meilleure table en terrasse sans avoir rien réservé. De trouver sans problème un Vélib’ aux stations. De pouvoir sommeiller tranquillement dans les parcs, affalé dans l’herbe tendre, sans le vacarme habituel des gosses.

 

Mais très vite, a-t-on trouvé, cela lasse. Surgit alors la même impression que celle que l’on peut ressentir dans une station balnéaire en basse saison. Le sentiment de n’être pas là où les choses se passent. L’effarement devant le fait que, dans cette ville, à cette période de l’année, plus rien ou presque ne se passe. L’agacement, dans cette capitale où d’habitude tout va si vite, de devoir subitement attendre pour tout et pour n’importe quoi: en particulier pour les métros et les RER, à cause de leurs horaires d’été allégés.

 

Particulièrement frappante, pour tout Parisien qui se respecte – et qui est donc, sur les bords, accro au shopping – , est la grisaille de ces rues entières de commerces dont les rideaux métalliques sont, en août, tous baissés et arborent invariablement le même avis: «Fermé pour congés». Sans pour autant être (trop) consumériste, voilà un spectacle urbain assez triste.

 

Pas pratique, en outre. Ainsi, pendant le week-end du 15 août – qui est le sommet de la morte saison à Paris –, pour trouver ne serait-ce qu’une boulangerie ouverte, c’était vraiment la galère. Dans la capitale, pourtant, la préfecture est supposée régler cela. C’est un héritage de la Révolution de 1789, de l’époque donc où le pain était considéré comme une base essentielle de l’alimentation. En édictant un calendrier des fermetures estivales, les autorités veillaient à ce que, dans chaque quartier, subsiste au moins une boulangerie ouverte pendant les grands congés. Depuis ce temps, depuis 220 ans donc, à Paris, les boulangers ne peuvent toujours pas prendre leurs vacances quand bon leur chante: ils doivent se plier aux tours de garde imposés par la préfecture. Cet été, cependant, on ne sait pas trop ce que les bureaucrates ont bidouillé, mais on a passé pas mal de temps à errer dans la ville à la recherche de boulangeries ouvertes.

 

Cette semaine, en revanche, les boulangeries, comme les commerces dans leur ensemble, commencent à rouvrir. Les trottoirs et les stations de métro ont l’air de se repeupler – et, en plus, de gens souvent beaux et bronzés. La vie reprend. Enfin. Paris tranquille, définitivement, ce n’est pas Paris.

25/08/2009

Un accoutrement

enveloàparis.jpgC’est la dernière mode à Paris quand il y fait très chaud: faire du vélo, et du Vélib’ en particulier, … torse nu! On a beaucoup vu cela dans la capitale, cet été. Des corps trempés de sueur haletant sur les pistes cyclables. Des chairs rougeaudes, et le plus souvent molles, profitant des temps d’attente aux feux rouges pour s’éponger. Des vélibeurs se mettant à l’aise aux stations avant d’enfourcher leur bécane et de partir, à demi nus et visiblement radieux, à la découverte de la Ville lumière.

 

Des hommes, exclusivement. On n’a jamais vu de femmes pédaler en haut de bikini dans les rues de Paris. Des touristes peu au fait des habitudes vestimentaires de la capitale? Ou des autochtones ayant oublié la proverbiale élégance parisienne? On ne sait pas trop. Mais, en tout cas, c’était flagrant au mois d’août, ici: le vélo à Paris désormais, quand il fait chaud, cela se fait torse nu.

 

Alors, bon, on l’avoue, nous même cet été, en soirée après des journées particulièrement torrides, au Bois de Vincennes en train de faire de la course à pied, on n’a pas toujours résisté au plaisir (réel) de courir torse nu. Mais uniquement quand on foulait les allées du fin fond du Bois, là où ne croise guère que d’autres coureurs ayant pareillement laissé tomber le tee-shirt. Par contre, en fin d’entraînement, dès qu’on se rapprochait de Paris, qu’on croisait à nouveau voitures, promeneurs, familles et autres pique-niqueurs, on se rhabillait illico.

 

Il ne nous viendrait jamais à l’idée de courir torse nu sur la Promenade plantée. Comme on ne ferait jamais de vélo dans la même tenue sur les Champs-Elysées. Comme on ne ferait jamais du shopping torse nu dans les boutiques du Marais.

 

Il y a quelques étés, on s’en souvient bien, on avait levé les yeux au ciel lorsque l’une ou l’autre municipalité de stations balnéaires du Midi méditerranéen s’était distinguée en interdisant par arrêté aux estivants de déambuler torses nus en dehors du strict espace de la plage. Levé les yeux au ciel car, même si on n’a jamais été du genre à prendre un verre à moitié à poil en terrasse, on avait tout de même trouvé ces réglements un peu exagérés. Cet été à Paris, on y a repensé en voyant tous ces vélibeurs torses nus. Ont-ils été rappelés à l’ordre par les pandores? Cela n’en avait pas l’air, en tout cas. Et on ne le souhaiterait pas spécialement: le bon sens et le savoir-vivre ne doivent-ils pas primer sur la répression?

 

Il n’empêche, cet été, en contemplant cet étalage jovial de chairs dans les rues de notre belle capitale, on doit le reconnaître: on était assez effaré. Deviendrait-on (un peu) coincé? 

24/08/2009

Un été

Nous (y) revoici. Après un été radieux. Si d'aventure, cela vous avait échappé: ces dernières semaines, il a fait vraiment splendide à Paris. Ce n’était pas gagné d’avance. Cela faisait, si l’on compte bien, trois étés consécutifs que la météo estivale avait globalement été pourrie dans la capitale. Du coup, on y a passé beaucoup plus de temps que prévu. A profiter de l’été, à savourer la ville.

 

Cela dit, ce n’était pas tous les jours, ni à tous les instants, agréable. Car, lorsque le thermomètre s’affole en région parisienne, il est en tout cas un endroit où c’est très pénible à vivre: dans les transports en commun.

 

Dans le métro, cela va encore. Même si, sur certaines lignes (la ligne 4, par exemple), il y fait notoirement torride. C’est surtout dans le RER que c’est épouvantable. On se l’est redit à plusieurs reprises cet été, en prenant ces trains de banlieue: mais quand donc y installera-t-on un système de climatisation digne de ce nom? Ce ne serait pas du luxe, la canicule transformant ces trains en véritable fournaise. Si, en août, quand il n’y a pas encore trop de voyageurs, c’est (à la limite du) supportable, sans doute les millions d’usagers quotidiens des transports publics parisiens, en ce moment sur le chemin du retour des vacances, sont-ils en train de craindre le pire pour la rentrée. Quand ce sera à nouveau la cohue sur les quais, dans les couloirs et dans les rames. En effet, si en septembre la température atteint, comme ce mois d’août, les 35 degrés à l’extérieur, à l’intérieur du RER, pour tous ces gens, ce sera un véritable calvaire.

 

En tout cas, vu cette météo splendide, une des images qu’on aura gardées de cet été urbain radieux est celle de ces nombreux Parisiens aperçus dans le métro, qui, après avoir dévalisé les magasins d’électroménager, rentraient chez eux en portant à bout de bras de lourds paquets dans lesquels on devinait des ventilateurs. Vivre dans cette ville est un bonheur, une chance et un luxe. Mais, quand la canicule règne et qu’on habite dans un appart’ exigu, situé qui plus est sous les toits – c’est cela aussi, Paris: tout le monde n’y vit pas dans de vastes appartements haussmaniens... – , survivre sans ventilateur a l’air impossible.

 

Au moins dans la capitale, crise économique ou pas, ces commerces-là auront-ils fait des affaires, ces dernières semaines.