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22/09/2009

Une grève

laposte.jpgVoilà un mouvement social qui risque d’embarrasser les Parisiens dans leur vie quotidienne. Depuis hier, les bureaux de poste de la capitale sont en grève illimitée. Ce mardi, ils sont rejoints par l’ensemble des bureaux de poste du pays. Les syndicats dénoncent le changement de statut de l’entreprise en société anonyme. Ce qui, selon eux, prépare la «privatisation» de ce service public séculaire. Ce qui, dément le gouvernement, permettra simplement à La Poste d’assurer sa survie dans le marché postal concurrentiel européen de demain. Les grévistes dénoncent également la dégradation de leurs conditions de travail. A cause des réorganisations et suppressions d'effectifs, le service rendu au public se dégraderait considérablement . Du coup, à longueur de journées, les agents devraient se coltiner les récriminations des clients, furieux par exemple de la longueur des files d’attente devant les guichets.

 

Sur ce dernier point, on peut en témoigner: les engueulades de guichetiers par des clients furieux de devoir poireauter, on voit cela régulièrement et depuis pas mal de temps, dans les bureaux de poste de notre onzième arrondissement. Cela fait d’ailleurs longtemps que, quand par malheur on ne peut se contenter des distributeurs automatiques mais on doit donc y faire la file, on prend la précaution d’emporter un journal ou un bouquin pour tuer le temps.

 

La Poste à Paris, pour l’expérience qu’on en a en tout cas, c’est souvent le sommet de l’agacement. Ainsi quand, après avoir couru à perdre haleine, on arrive tout content aux distributeurs de timbres pile-poil dix minutes avant l’heure de fermeture de l’agence, puis qu’on découvre que les grilles ont déjà été tirées pour s’assurer que tous les clients auront bel et bien levé le camp à l’heure fatidique de fermeture. Ou quand, en été, les agences ne sont plus accessibles à partir de 18h30 carrément, ce qui est tout de même très tôt pour le commun des usagers. Quand c’est la croix et la bannière uniquement pour récupérer son billet de banque que le monnayeur défectueux a avalé sans vous avoir donné la moindre pièce de monnaie. Quand, pour encaisser un chèque à la Banque postale, il faut longuement parlementer car, dans cette institution, il semble toujours y avoir une tracasserie de dernière minute qui surgit quelque part. Quand, pour l’ouverture d’un compte à cette même banque, il semble toujours manquer un énième document et rien ne paraît jamais pouvoir se régler rapidement.

 

laposte2.jpgCela dit, s’il semble de bon ton en France de critiquer les fonctionnaires de La Poste, régulièrement accusés d’être les plus planqués de tous, rien qu’aux bureaux de notre quartier, on a pu constater que, ces dernièrs temps, des améliorations avaient été apportées, au bénéfice des usagers. Ainsi, à l’agence Richard-Lenoir, des agents (le plus souvent très aimables et souriants, qui plus est) ne sont désormais pas cantonnés derrière un guichet mais se déplacent dans l’agence. Pour, dès l’arrivée des clients, les orienter, les renseigner, leur éviter de faire la queue au mauvais guichet puis de devoir recommencer à un autre, voire les servir sans qu’ils doivent patienter.

 

Le temps d’attente moyen imposé aux 2 millions de Français usagers quotidiens de ce service public n’en reste pas moins élevé. Seulement 5,59 minutes très exactement, a calculé une enquête Sofres commandée par la direction de La Poste. Un progrès puisqu’il fallait attendre 8,58 minutes en moyenne à la fin de l’année dernière et 9,04 minutes précédemment. Ces chiffres sont évidemment de la vaste blague en ce qui concerne Paris en général et en particulier ses quartiers populaires ou simplement très densément peuplés, comme notre onzième arrondissement. Tiens, la prochaine fois qu’on devra faire la queue au guichet, on prendra un chronomètre et on rendra compte du résultat ici. Cela promet.

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