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25/09/2009

Une incohérence

La vie privée des personnalités politiques se retrouve aujourd’hui devant la justice. Ce vendredi, en effet, le tribunal de grande instance de Paris examine une plainte déposée par Ségolène Royal contre «Paris Match». A la mi-août, l’illustré avait fait sa couv’ avec un cliché montrant l’élue socialiste accompagnée, sur un quai de gare, d’un homme présenté comme étant son nouveau compagnon. Ségolène Royal a estimé que ces «photos volées» attentaient à son droit à l’image et à la protection de sa vie privée. Elle réclame donc 50.000 euros de dommages et intérêts à l’hebdo. Au printemps dernier, déjà, «Match» avait été condamné à lui payer 16.000 euros d’indemnité pour l’avoir photographiée au bras du même homme, dans une station balnéaire de la Costa del Sol.

 

On n’a pas de problème avec cette procédure. D’autant que le sujet de «Match» en question se distinguait par sa vacuité informative et sa pauvreté iconographique. D’autant aussi que son retentissement médiatique avait donné lieu à des commentaires complètement déplacés, émanant de ces chroniqueurs qui se croient si drôles et si impertinents mais qui, nous, commencent vraiment à nous gonfler à force de devoir subir leur vulgarité à longueur de journées, à la radio comme à la télé. Commentaires du genre: voyez comme, sur ce quai de gare ce matin-là, Ségolène Royal était mal fagotée. Constatez combien est ringard le petit geste d’affection envers son compagnon, geste que le paparazzo a immortalisé en exclusivité mondiale: un index tendrement appuyé sur le ventre du nouvel amoureux. Repérez combien ledit ventre dudit monsieur est mou et moche, etc, etc. Pénible.

 

On n’a pas de problème non plus avec le fait que Ségolène Royal travaille à l’occasion avec son nouveau compagnon, qui vient par exemple de signer le relooking si décrié de son site web. C’est encore son droit de composer son entourage professionnel à sa guise.

 

Là où il y a peut-être un petit problème, cela dit, c’est dans la cohérence de l’attitude de Ségolène Royal. En effet, en marge d'une réunion socialiste dernièrement, elle s’est fait photographier tout sourires avec le même homme, et il s’agissait cette fois de clichés non volés mais pleinement autorisés. Surtout, l’autre jour, parlant de l’intéressé au magazine «L’Express», elle l'a elle-même ouvertement présenté comme «un homme (…) très amoureux».

 

Peut-on donc, honnêtement, faire et dire cela, puis se plaindre que les médias s’intéressent à cet homme-là?

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