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28/09/2009

Un marasme

pressepipol.jpgOn parlait vendredi de l’action en justice intentée par Ségolène Royal contre «Paris Match». C’est le 9 octobre que l’on saura si l’hebdo est une nouvelle fois condamné pour atteinte à la vie privée de cette personnalité. A l’audience, les débats furent tendus. L’avocat de la socialiste a reproché à l’illustré d’avoir éhontément publié des «photos volées» d’un «moment personnel et intime». Et, plus globalement, de ne cesser «de susciter ou d'alimenter une curiosité injustifiée des lecteurs sur la vie sentimentale de Ségolène Royal». L’hebdo à réagi du tac au tac en qualifiant cette action en justice d’«hypocrite». Certes, les clichés publiés étaient «non autorisés». Mais ils ont été pris dans un lieu public. Et, par ailleurs, leur protagoniste «joue les médias dans tous les sens» et n’a pas poursuivi les autres publications ayant évoqué l’existence de son nouveau compagnon.

 

Cela dit, si en France la presse people se jette sur ce genre de sujets tout de même informativement très pauvres, ce n’est pas pour rien: c'est parce qu'elle traverse en ce moment une période difficile. En 2009, certains titres comme «Gala» ou «Voici» vont même enregistrer une diminution de leur diffusion – de 14 à 20%, selon les estimations –, ce qui ne leur était jamais arrivé depuis l’année de la mort de Lady Di, qui a signé le début dans l'Hexagone de la faramineuse expansion de ce type de médias. Et même la période estivale, qui est traditionnellement la saison en or pour la presse people, si elle a donné une bouffée d’oxygène au secteur, n’a pas été fameuse, malgré pourtant de grandes opérations publicitaires et promotionnelles (opérations prix cassé, le coup annuel du paréo inclu dans la revue, etc.).

 

Ce tassement des ventes est dû à la concurrence d’internet et à la mutiplication des titres qui rend l’offre papier surabondante et peu différenciée, face à une demande globale qui ne croît plus. A joué un rôle également l’assagissement notable de la classe politique française après la période mémorablement bling qui avait suivi l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, en 2007. Dans les magazines de papier glacé, qu’il s’agisse de Nicolas Sarkozy, de Rachida Dati ou de Rama Yade, en 2009, les politiques people se font plus discrets qu’en 2008 (*). Les patrons de ces magazines sont les premiers à le regretter. «Nicolas Sarkozy ne fait plus recette», regrettait l’autre jour un chef d’édition à «Voici». «Auparavant, quand on le mettait en couverture, on vendait de 30.000 à 50.000 exemplaires de plus». Et ce qui est valable pour Nicolas Sarkozy doit l’être aussi pour Ségolène Royal – d’où les photos volées d’elle à la plage, sur le quai de la gare, etc.

 

 

 

(*) Dernier exemple en date de cet assagissement: à moins que cela nous ait échappé, la récente rencontre à New York entre le couple Nicolas Sarkozy-Carla Bruni et Cécilia Sarkozy-Richard Attias n’a fait l’objet d’aucune paparazzade. O tempora o mores

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