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16/10/2009

Un travail

A Paris, la nuit, alors que les habitants sont rentrés tranquillement chez eux, alors que le dernier métro est arrivé au dépôt, il s’en passe de belles, dans les profondeurs du réseau de la RATP. C’est le dernier scandale en date qui agite la capitale, à propos de travailleurs sans-papiers en grève pour leur régularisation. Après les sans-papiers exploités dans les cuisines des restos, voire dans les ministères, ceux dormant dans des tentes sur le trottoir, travaillant comme vigiles sur les quais de gare ou sur le chantier du tramway, voici donc les clandestins utilisés comme bêtes de somme pour, la nuit, rénover les stations de métro.

 

Des hommes travaillant sans casques, sans protections d’aucune sorte, sans masques, sans vêtements de travail hormis un petit gilet jaune fluo. Convoyant sur leur dos des plaques de bitume pouvant pesant «plus de 50 kilos». Parfois brûlés par le matériau bouillant mais incapables de se payer des soins de santé. De toute manière, d’après leurs témoignages, jamais il ne leur est proposé de passer la moindre visite médicale. Des hommes qui, selon leurs propres termes, sont soumis à des conditions de travail «dignes du dix-neuvième siècle».

 

Pour vous donner une (petite) idée de ce que cela donne, voyez ces images volées,  tournées en septembre par un de ces clandestins à l’aide de son téléphone portable. Images de mauvaise qualité mais, en l’occurrence, c’est moins la forme que le fond qui importe ici.


Sans-papiers dans le métro
envoyé par FranceInfo. - L'info internationale vidéo.

Comme à chaque scandale de cet ordre, tout le monde se renvoie la balle. En invoquant le système des sous-traitants faisant eux-mêmes appel à des sous-traitants et ainsi de suite – la protection sociale et la dignité régressant à chaque échelon descendu dans ce mode d’organisation du travail. Dans un communiqué, la RATP a rappelé qu’elle faisait travailler «plus de 5000» fournisseurs et a assuré qu’à sa connaissance, aucun de leurs employés n’était en situation irrégulière. Elle a tout de même demandé des explications à ses sociétés partenaires.

 

Après avoir vu et appris cela, ce qui est sûr c’est que, nous en tout cas, en tant qu’usager régulier du métro, on ne contemplera plus comme auparavant, d’un air si niaisement ravi et sans réfléchir à plus loin, les stations rénovées au moment de les redécouvrir, à leur réouverture. Si le prix humain et social à payer pour avoir un beau métro, c’est cela… 

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