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21.10.2009

Un rapport

stylo.jpgAu moment où, dans la majorité sarkozyste et jusqu’à l’Elysée, il est de bon ton de traîner les journalistes dans la boue, parlons de la position de la France dans le dernier rapport que publie ce mercredi l’ONG Reporters sans frontières, consacré aux atteintes à la liberté de la presse dans le monde. Cela n’a rien à voir? Comme n’a rien à voir avec le bon sens le fait de clouer ainsi au pilori une profession dans son ensemble. Non pas, bien sûr, que les journalistes, en France ou ailleurs, seraient d’office et par principe exempts de tout reproche, ce qui relèverait du corporatisme le plus débile. Mais jeter de cette façon l’opprobre sur toute une profession – que le pouvoir accuse de jouer désormais le rôle de l’opposition, anémiée – n’a aucun sens. Et, au passage, confirme une fois de plus une double confusion qui a toujours été faite au sommet de l’Etat français: entre contre-pouvoir et opposition et entre information et communication. Confirme aussi un grand classique de la politique hexagonale, qui se voit sous Sarkozy comme il s’est vu sous de Gaulle, Giscard, Mitterrand ou Chirac: quand le pouvoir traverse une mauvaise passe, il tente de faire diversion en cassant du journaliste et en accusant les médias de tous les maux.

 

Le rapport 2009 de Reporters sans frontières, donc. La France s'effondre de la trente-cinquième à la quarante-troisième place – loin derrière la Belgique, soit dit en passant. Le rapport décrit le nombre croissant de journalistes qui, cette année dans ce pays, ont été perquisitionnés, convoqués par les policiers, placés en garde à vue, poursuivis en justice, traînés devant un tribunal (voir Denis Robert au procès Clearstream, en ce moment), harcelés dans le but qu'ils dévoilent leurs sources, ou (ce fut le cas d’un ancien patron de «Libé») tirés du lit par les pandores au petit matin devant leurs enfants, puis fouillés au corps comme de vulgaires délinquants.

 

Assurément, les journalistes français n’ont pas à se plaindre de leur sort, par rapport à leurs confrères chinois, russes, cubains, iraniens ou birmans. Il n’empêche, depuis 2002, l’Hexagone a dégringolé de plus de trente places dans ce classement.

Commentaires

Même si je suis d'accord avec vous, je vois aussi une chose : Quel contre pouvoir aux journalistes?

Rappelez vous :
- Baudis : trainez dans la boue par les journalistes, déjà condamné à du proxénétisme, des viols, des meurtres ....etc Son nom trainé dans la boue ... et au final innoncenté par la Justice. Mais que diable tant d'acharnement de la part des journalistes.

- Outreau : Tous coupables, un réseau de pédophilie démonté ...et le trainage de boue ... On oublie au fur et à mesure le terme de "présumé coupable". Trop long à écrire à lire ... Pour au final : Pst. A peine le bruit d'une limonade qu'on ouvre.

Ou sont les journalistes à ce moment là pour faire leur méa culpa? Pour dire : Merde on s'est planté, faut revoir notre façon de faire !!
Une remise en cause de leur méthode ? Jamais.
Non, ils sont déjà partis à la chasse à une nouvelle première page.

Écrit par : sylvain | 22.10.2009

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