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26.10.2009

Un portrait-robot

Le Parisien est sans doute le Français auquel on a toujours accolé le plus grand nombre de clichés, dans l’Hexagone mais à fortiori aussi à l’étranger. Le Parisien? Râleur, teigneux, odieux, friqué, obsédé par son look, arrogant, bobo, qui passe sa vie en terrasse des bistrots, au resto, dans les galeries d’art ou les boutiques, snob, frimeur, mauvais conducteur, et on en passe. Ce portrait du Parisien moyen n’a évidemment aucun sens. Un habitant des beaux quartiers de l’ouest de la capitale n’a pas grand-chose en commun avec un Parisien de Belleville, de Barbès, de Montparnasse ou de Montmartre. En plus, les choses sont beaucoup plus subtiles que cela, si l’on en croit le portrait-type du Parisien que viennent de permettre de dresser les résultats de dernier recensement effectué dans la capitale.

 

Il en ressort d’abord que le Parisien moyen est avant tout… une Parisienne: en effet, 53% de la population de la capitale sont des femmes. En majorité célibataires, en plus – d’où ce mythe mondial de la Parisienne jeune, belle, élégante et légère?  Toujours est-il que 51,5% des habitants de la capitale ne sont pas casés. Le Parisien moyen est jeune: six Parisiens sur dix ont moins de 44 ans, les plus âgés fuient la capitale dès l'âge de 60 ans, et le nombre d’octogénaires ne cesse d’y dégringoler. Le Parisien-type est plutôt instruit: 39% (contre 21% des Français) ont un niveau bac+3. Un quart des Parisiens sont étiquetés comme cadres ou de profession intellectuelle supérieure. Plutôt aisé, le Parisien ? Oui, mais cela cache de grandes disparités. Sinon, l’habitant-type de la capitale est piéton ou cycliste : près de 6 Parisiens sur 10 sont non-motorisés. Et il habite majoritairement un deux-pièces, le plus souvent dans un immeuble ancien.

 

Mais surtout, et la mairie le précise justement, «bien sûr, parmi les 2.181.374 habitants recensés entre 2004 et 2008 par l’Insee, tous ne répondent pas à ce profil. Des intellectuels parents de trois enfants et gagnant très bien leur vie côtoient des ménages non imposables (27,4%.). Ils ne vivent pas forcément dans les mêmes arrondissements». Ainsi, «le 19e arrondissement est à la fois le plus jeune (1 habitant sur 4 a moins de 19 ans) et le plus pauvre». Alors que «les 16e et 7e se retrouvent en tête des revenus fiscaux».

 

Finalement, s'il faut retenir une chose de toutes ces données statistiques, c'est que le Parisien moyen... n'existe pas vraiment. Car cette ville se distingue, beaucoup plus qu’on ne le croit à l'étranger, par la diversité de sa population et de ses quartiers. C’est d’ailleurs bien ce qui fait son charme.

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