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06/11/2009

Une «capitale du sommeil»

villemorte.jpgParis «bonnet de nuit», suite. Ou la tendance qu’aurait la capitale d’évoluer vers une ville qui, dès le soleil couché, deviendrait tranquille et ultra-sécurisée, désertée par ses habitants qui n’auraient d’autre choix, faute d’animations, que de rentrer sagement dormir chez eux. C’est en tout cas le procès que font les noctambules aux autorités; on en a déjà parlé dans ce blog (relire par exemple ici ou ). Dernier épisode en date de cette controverse: une «lettre ouverte des acteurs de la musique et de la nuit à Paris». Qui dénonce la «loi du silence» qui se serait abattue ici. Et considère même que la Ville lumière est en passe d’être reléguée «au rang de capitale européenne du sommeil».

 

Ce courrier en forme de pétition déplore le déclin, au cours des dix dernières années, des «lieux parisiens de diffusion musicale (bars, salles de concert, clubs), (qui) ont payé un lourd tribut à l'aspiration grandissante des Parisiens à toujours plus de tranquillité». Au point qu’en matière d’animation nocturne, Paris désormais aurait «abandonné toute espèce de leadership européen au bénéfice de villes comme Londres, Barcelone, Prague et Berlin, vers lesquelles s'exilent chaque jour plus d'artistes et de professionnels français».

 

Les signataires dénoncent les fermetures administratives de lieux nocturnes et les pertes de licence ou d'autorisation de nuit au-delà de 2 heures du matin, autant de sanctions qui se compteraient «par centaines chaque année». Ils réclament que «soit prise en compte la voix du public des lieux de vie, comme est prise en compte la voix des riverains». Demandent la mise à disposition des noctambules «de lieux ou de friches pour l'organisation d'événements ponctuels ou l'installation d'infrastructures pérennes». Et souhaitent «que l'ensemble des acteurs institutionnels prennent conscience de l'importance de la vie nocturne (culturellement et économiquement) dans l'essence même d'une capitale comme Paris».

 

Pour la petite histoire, un des noctambules à l’origine de cette pétition est un petit disquaire extra du quartier des Halles. Qui, à l’occasion d’un 21 juin de Fête de la Musique, s’était carrément vu interdire par la préfecture de mixer sur son bout de trottoir. Ce qui était assez incompréhensible. Vu généralement le chahut musical qui règne dans toutes les rues de Paris le soir du 21 juin. Et vu précisément l’animation régnant à longueur d’année dans cette rue très très fréquentée du quartier des Halles. C’était d’ailleurs une interdiction tellement incompréhensible qu’à l’époque, le journal «Libération» en avait fait écho. Dès la publication de l’articulet, la préfecture, un peu penaude, avait passé un petit coup de fil discret à notre disquaire préféré. Et lui avait annoncé la levée de l’interdiction administrative qui le frappait.

 

Ce 21 juin, dès lors, devant sa boutique, les passants avaient dansé toute la nuit au son d'une musique électro pour oreilles difficiles mais de bon goût. Le facétieux propriétaire des lieux ayant ostensiblement placardé, sur la devanture de son commerce, l’avis de la préfecture de police autorisant cette petite boum en plein air, les fêtards, entre deux déhanchements et sauts de cabris, n’avaient pas manqué d'ironiquement rendre grâce à la bienveillance musicale et festive des pandores. Ce qui n’avait rendu la fête que plus drôle et réussie.

Commentaires

alors tenté par une bonne sieste ?? je te conseille une sieste dans le rer c , entre versailles et versailles !!!!!

Écrit par : yann | 07/11/2009

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