30/11/2009
Une «capitale du sommeil» (suite)
Alors, Paris? Toujours la «capitale du sommeil»? Début du mois (relire ici), notre bonne vieille Ville lumière avait été rebaptisée ainsi par une pétition qui décrivait et dénonçait l’endormissement généralisé d’une ville anesthésiée par une double et redoutable potion de barbituriques. D’une part, l’aspiration grandissante des riverains boboïsants à repousser les nuisances sonores des noctambules chaque soir un peu plus loin de leur sommeil. D’autres part, le zèle des autorités préfectorales à tracasser le monde de la nuit par d'impitoyables retraits d’autorisations et autres sanctions administratives. Quelques semaines plus tard, où en est-on? Paris s’est-elle réveillée?
En tout cas, ladite pétition n’est pas loin de faire un tabac. Certains jours, l’afflux des signataires a été tel que le serveur qui l’héberge a saturé. Ce matin, on en était à près de 13000 signatures. Cela montre que le diagnostic qui y est posé est partagé par davantage qu’une poignée de gais lurons assoiffés de décibels et de nuits blanches. Ce que pense sans doute la préfecture de police de Paris, puisqu’elle n’a toujours pas jugé bon de s’exprimer sur le sujet.
Du côté de la mairie de Paris, on ménage la chèvre et le chou. Ce qui, politiquement, est sans doute logique: difficile, en réagissant au problème de manière tranchée, de ne pas se mettre à dos soit la mouvance des fêtards, soit le milieu des comités de riverains soucieux de tranquillité. Côté pile, l’adjoint au maire chargé du tourisme a démenti tout endormissement de la capitale et juré que, la nuit, on s’y amusait toujours autant qu’à l’époque où Hemingway, après avoir écumé les bars et clubs de Montparnasse ou de Saint-Germain des Prés, racontait cela dans «Paris est une fête». «Est-ce que Paris s'endort ou est en train de devenir un ville-musée? Non, nous n'avons pas fait ce constat. Paris reste la Ville lumière, elle est au top». L’illustrerait d’ailleurs le nouveau portail «Parisnightlife», spécialement dédié aux tuyaux (*) à destination des noctambules. Côté face, la conseillère de l’adjoint au maire chargé de la Culture chargée de ce dossier a déclaré publiquement que certains constats dressés dans la pétition, en effet, ne manquaient pas de fondement. Alors, plutôt pile ou plutôt face? Comme souvent quand on ne sait pas trop quoi faire, on va asseoir tout le monde autour d'une table et palabrer: la ville va organiser prochainement des «Etats généraux de la nuit parisienne».
Sinon, sur le terrain, «La Flèche d’or», au moins, a rouvert. après six mois de fermeture causés notamment des problèmes de cohabitation avec les riverains. Quand on était un peu plus jeune, on a pas mal traîné dans ce fameux lieu nocturne de l’Est parisien, établi dans l’ancienne gare de chemins de fer de Charonne. On n’y est pas retourné depuis sa réouverture, et donc on ne sait pas trop à quoi y ressemble l’ambiance à présent, mais enfin, voilà au moins un endroit de plus à Paris pour les oiseaux de nuit et autres amateurs de bruit.
(*) Des tuyaux qui parfois, paraissent tout de même un peu faisandés. Quel Parisien un peu à la page sort donc dans des endroits comme «Le Caveau de la Huchette» ou «Chez Michou», lieux promotionnés sur ce site mais où, à moins de se tromper, on ne doit guère trouver que des touristes un peu fânés? Mais sans doute en faut-il pour tous les goûts.
10:45 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, culture, art de vivre, paris




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