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21/12/2009

Une cohue

Les sondages le répètent depuis des semaines: les Français, frappés ou inquiétés par la crise, réduisent leur budget consacré aux cadeaux de fin d’année. Cela ne sautait pas du tout aux yeux samedi après-midi, au cœur des quartiers commerciaux du centre de Paris. A un moment, on s’est même demandé si tous ces sondeurs n’avaient pas eu la berlue. Tant cette année, nous ont semblé encore plus insupportables que les années précédentes la cohue et l’agitation caractérisant ce dernier week-end de shopping avant Noël.

 

Il faut dire que ce week-end avait débuté avec la confirmation du fait que la grève des «dabistes» (pour les lecteurs non-français = le personnel qui approvisionne les distributeurs automatiques de billets de banque) ne menacerait finalement pas tout de suite le consommateur moyen d’être à court d’argent liquide – une perspective manifestement horrifique en cette période de l’année. Du coup, comme hystérisée par cette bonne nouvelle, la foule s’est jetée comme un seul homme dans les rues commerçantes. Résultat des courses, c’est le cas de le dire, sur toute la longueur de la rue de Rivoli dès le début de l’après-midi, on n’avançait plus qu’au pas. Place du Marché Saint-Honoré, dans la boutique d’un styliste à la mode, la bousculade était telle que des articles dégringolaient des présentoirs et étaient aussitôt piétinés par la foule, sans même que les vendeurs prennent la peine de les ramasser. Un peu plus loin, derrière l’Opéra Garnier, les gens faisaient carrément la queue dehors dans le froid pour pouvoir rentrer dans le magasin d'une marque de prêt-à-porter asiatique nouvellement arrivée à Paris. Au téléphone au même moment, un ami lui aussi naufragé dans cet océan consumériste nous disait qu’à la FNAC du Forum des Halles, comme dans nombre d’allées de ce centre commercial, les caissièr(e)s étaient complètement débordé(e)s et les vigiles passablement énervés. On hésitait alors à pousser une pointe jusqu’aux Galeries Lafayette, nous disant que ce spectacle de folie dépensière, à défaut d'être agréable, serait certainement instructif. Finalement, on y renonçait. Nous rappelant qu’en cette période des fêtes, ce grand magasin parisien accueille chaque jour 200.000 clients. Un peu groggy, on se dirigeait plus prudemment vers le métro «Opéra». Où, toutefois, on devait laisser passer deux trains avant de pouvoir embarquer, tant il y avait de voyageurs et tant ils étaient encombrés de paquets volumineux.

 

A part cela donc, cette année, point de vue achats, en France les gens se sont modérés. Au JT du soir samedi, les yeux plissés de plaisir et les pommettes rosies d’excitation, le patron d’un grand magasin parisien n'en assurait pas moins qu’une fois encore ces quinze prochains jours, il réaliserait 25% de son chiffre d’affaires annuel.

 

Mais à Paris, cela dit, il est tout de même des commerçants qui, en ce moment, font la grimace. Ainsi, pour toutes les petites boutiques installées dans les centres commerciaux en sous-sol autour des gares du RER A – en grève depuis plus de dix jours –, c’est vraiment la galère. Ici, en effet, pas de cohue. A la Station «Auber», par exemple, nombre de ces commerces ont fini par baisser leur rideau métallique, l’absence des usagers ayant fait s’effondrer leur chiffre d’affaires jusqu’à, paraît-il, moins 70 ou moins 80%. Idem pour les centres commerciaux du quartier de La Défense, qui, depuis le début de la grève dans le RER, sont désertés par une bonne partie de leurs clients habituels. Pour tous ces commerçants-là, en tout cas, en ce moment, ce n’est vraiment pas Noël.

11:30 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : paris, economie

Commentaires

Qu'il y ait du monde ne veut pas dire que tout le monde achète (beaucoup sont là pour voir les animations des vitrines des grands magasins) ou que la dépense soit au moins égale à celle de l'an passé.
Une des raisons du succès du japonais Uniqlo est notamment les bas prix affichés par rapport à ses concurrents (et un buzz réussi pour l'ouverture, car le magasin de la Défense est beaucoup moins fréquenté).

Les habitués du RER ont évidemment été obligés de se reporter sur le métro, ce qui explique là aussi le surplus d'affluence, déjà important les autres samedis de l'année.
J'ai toujours vu Opéra, Les Halles et Rivoli pleins à craquer le samedi, surtout les veilles de fêtes. Cette année ne me semble pas différente des autres...

Écrit par : Gilles | 21/12/2009

les français vident leur livret A.
moins de rentrées sur ces livrets ce mois-ci que de sorties.
Paris est triste.
Point de "noeleries" peintes sur les devantures es bistrots, point trop d'éclairages.... Un noel d'occupation UMP!
Le marché st honoré et haussmann ne sont pas les seules références parisiennes!
Chez Hermès et Chaumet, tout va bien!

Écrit par : Marie75 | 22/12/2009

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