24.12.2009
Une campagne
Puisque c’est la période des cadeaux offerts aux enfants, qui ont été sages ou même pas sages espérons-nous avec une pensée affectueuse pour ces derniers, parlons un peu aujourd'hui de cette campagne de sensibilisation qu’ont menée dans les grands magasins de Paris, ces derniers jours, des activistes contre le sexisme. Pas plus tard que samedi dernier, ils s’étaient encore joyeusement donné rendez-vous place du Châtelet en début d’après-midi. Avant de partir, tracts à la main, faire la tournée des commerces parisiens évidemment pleins à craquer de gens en train d’y acheter, dans la cohue comme il se doit, leurs derniers cadeaux de Noël.
Ces militants ont tenté de convaincre les consommateurs de ne pas acheter de «jouets sexistes» en guise de cadeaux de Noël. Car, selon eux, les rayons de jouets des magasins illustrent bien «l'ampleur de la discrimination sexiste que subissent les enfants». Des exemples? «Aux petites filles, les dînettes, les poupons, les Barbies, les robes de princesses et les machines à laver miniatures... Comme maman! Aux petits garçons, les ateliers de bricolage, les personnages musclés et guerriers, les jeux de conquête... Comme papa ? Non, plus viril que papa!» Vu sous cet angle, les parents, quand ils offrent systématiquement certains jouets à leurs enfants, contribuent à reproduire des stéréotypes sexistes et à enfermer leur progéniture dans un monde inégalitaire. «Pourquoi les petits garçons s'imaginent-ils journalistes, pilotes de course, cosmonautes ou aviateurs, tandis que les petites filles disent simplement rêver... d'une maison?», s’interroge ainsi le Collectif contre le publisexisme. Pourquoi? Parce que, selon ses militants, dès le plus jeune âge, «le masculin et le féminin se construisent au travers des jouets et de leurs usages». Dans cette optique, offrir systématiquement un landeau à poupées, un mini fer à repasser ou une Barbie à une petite fille, offrir à tous les coups un Big Jim musclé, un pistolet à eau ou un Mecano à un petit garçon, c’est, quelque part, participer au conditionnement sociétal qui enferme ces futurs femmes et hommes dans des rôles stéréotypés.
Samedi, une vingtaine de ces militants ont fait irruption, pacifiquement, dans les magasins. Aux slogans de «Princesse un jour, boniche toujours!» ou «Garçons violents, filles gnangnan!», ils ont sensibilisé les clients à cet impact de leurs actes de consommation. Il n’a pas fallu attendre longtemps avant qu'ils soient évacués par les vigiles de ces supermarchés. Voire que les directions des grands magasins fassent appel à la police.
La police! Bigre. Ces militants troublant (un peu) le rituel consumériste des fêtes de fin d’année et/ou leurs arguments sont-ils donc si gênants?
12:43 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, jeunesse, activisme, paris




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