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31/12/2009

Un réveillon

bouteilles.jpgA Paris une fois encore, ce 31 décembre, les policiers seront sur le qui-vive. Les autorités ont fait passer le mot en boucle dans les médias: c’est la «tolérance zéro» qui, plus que jamais, sera de mise. A l’échelle de l’agglomération, 7 900 policiers sont mobilisés, pour «garantir le plus haut degré de sécurité». Et comme à l’accoutumée, vers minuit, la mobilisation des forces de l’ordre sera maximale aux alentours des Champs-Elysées.

 

Il faut dire que le 31 décembre 2008, pas moins de 550 000 personnes avaient célébré l’arrivée de l’an neuf sur «la plus belle avenue du monde» (?). Et quelque 200 interpellations y avaient été dénombrées. Une marée humaine d’une ampleur similaire étant de nouveau attendue ce soir dans cette partie de la ville, la batterie de mesures de sécurité habituelles n’a pas manqué d’être reconduite par la préfecture de police de Paris.

 

Ainsi, dès 22 heures, les bouteilles en verre seront interdites sur la voie publique dans le secteur Champs-Élysées-Champs de Mars-Trocadéro ainsi que, au-delà, dans les beaux quartiers. Ceci pour éviter que ces récipients servent de projectiles contre les forces de l’ordre ou d’armes lors d’échauffourées entre fêtards excités. Avis aux amateurs: la préfecture signale qu’«aucune restriction (ne frappera) les prévoyants qui auront transvasé le champagne dans des bouteilles en plastique». Aucune restriction «si ce n’est le respect de l’ordre public… » (Appréciez le sous-entendu de ces points de suspension figurant dans le communiqué officiel) Dans ces secteurs, sera également interdite toute vente d’alcool à emporter. Pas question non plus, théoriquement, de faire sauter des pétards ni de tirer des feux d’artifices, et ce «jusqu’au lever du jour». Est pareillement prohibée la «vente au détail de produits pétroliers dans tout récipient». Pour éviter qu’ils soient utilisés comme «produits incendiaires contre les forces de l'ordre et les services publics intervenant à l'occasion de la nuit de la Saint-Sylvestre». Ou comme cocktails-molotov contre «des biens, en particulier des véhicules et des bâtiments publics».

 

L’an dernier, de semblables interdictions n’avaient pas empêché, à l’échelle du pays, «un bilan de la Saint-Sylvestre 2008 catastrophique», comme s’en est souvenu le PS hier. Quelque «1147 voitures parties en fumée, un résultat très nettement supérieur à celui de l'année précédente (878) et comparable aux nuits les plus tendues de la crise des banlieues de 2005». Le PS (ici) somme le gouvernement de faire preuve, cette année, de «transparence» sur l’étendue des déprédations qu’on ne manquera sans doute pas de déplorer à nouveau cette nuit. L’an dernier, il faut dire, les autorités avaient quelque peu tardé et cafouillé dans leur communication autour du bilan sécuritaire du 31 décembre.

 

Cette année, connaîtra-t-on le bilan des dégâts dès ce week-end? On est curieux de voir cela.

 

 

 

champagne.jpgPS: Champagne ou pas, bouteille en verre ou gobelet en plastique à la main, sur les Champs-Elysées ou ailleurs, en France, en Belgique ou plus loin, que les lignes si sécuritaires qui précèdent ne vous empêchent pas de passer, lecteurs et lectrices de «Paris Libre», un excellent réveillon et une belle année 2010! Merci de nous avoir lu en 2009 encore. Et même de plus en plus nombreux, si l’on en croit les petits compteurs de l’électronique. Depuis sa création, il y aura bientôt quatre ans déjà, ce blog se situait dans l’étiage des 5000 visites mensuelles. Il y a quelques mois, sans que l’on sache trop pourquoi, on a franchi la barre des 6000. Et, en ce mois de décembre, a-t-on constaté ce matin, on a largement dépassé celle des 7000. Du coup, on a pris comme première bonne résolution de nouvelle année d’essayer de poursuivre «Paris Libre», encore une année supplémentaire en tout cas. On espère que, malgré le peu de temps qu’on peut y consacrer quotidiennement, cela vous plaira. En attendant, bonne fête donc, et bon amusement à toutes et tous.

30/12/2009

Un voeu pieux?

Les Français peuvent désormais se laisser entraîner jusqu’«au bout de la nuit » par «les démons de minuit». Comme le chantait le groupe Images – «J'veux un disque/De Funky Music/Il faut que ça danse/J'aime cette fille/Sur talons-aiguilles/Qui se déhanche»; monument s’il en est d’une certaine culture hexagonale que cette ritournelle. Jusqu’au bout de la nuit car, on l’a appris lundi, on peut dorénavant danser jusqu’à 7 heures du matin dans les discothèques de France. Le gouvernement, en effet, vient de satisfaire une revendication vieille de trente ans des exploitants de boîtes de nuit. Jusqu’à présent, l’heure de fermeture de ces lieux variait selon le département.

 

Le monde de la nuit est ravi (lire ici) de cette harmonisation. Qui, selon lui, a notamment un intérêt en termes de sécurité routière. En effet, elle pourrait limiter «le nomadisme»: le fait,  pour les clients de discothèques fermant avant d’autres, de prendre leur voiture et de se ruer vers des établissements eux ouverts plus tard, situés dans des départements voisins voire dans des pays voisins – on connaît bien cela à la frontière franco-belge. Cette transhumance festive nocturne étant souvent alcoolisée, elle entraîne nombre d’accidents de la route. «Qui plus est, à 7h du matin, les clients pourront utiliser les transports en commun», ajoutent les patrons de de boîtes de nuit. Enfin, le gouvernement a généralisé l’«heure blanche». Une heure et demie même, de 5h30 à 7h du mat’ précisément: pendant ce temps, aucune boisson alcoolisée ne pourra être servie aux clients des discothèques, ce qui leur permettra d’un peu dessoûler avant de reprendre le volant.

 

Laisser danser jusqu'au petit matin en boîte de nuit permettra-t-il donc de sauver des vies? Depuis lundi, dès que cet argument avait été brandi, on était assez sceptique. Il faut vraiment ne jamais être sorti un dimanche à 7h du mat' d'une boîte de nuit située le long d’une route départementale pour prétendre qu’on y trouve aisément des bus. Et, un fêtard motorisé mort bourré à 5h30 n’aura pas assez dessoûlé 1h30 plus tard pour pouvoir prendre le volant en toute sécurité. Depuis ce matin, on se demande encore un peu plus si cet argument sécuritaire ne relève pas tout simplement du vœu pieux. En effet, selon un sondage réalisé pour la Prévention routière, et dont les résultats ont été rendus publics ce mercredi, 90% des Français comptent boire de l’alcool lors du réveillon de la Saint-Sylvestre, demain soir. Mais, interrogés sur la manière dont ils vont gérer cette consommation avec l'utilisation d'une voiture cette même nuit, 51% des Français répondent spontanément qu’ils n’ont pas pris de disposition particulière. Seul un Français sur trois connaît le temps nécessaire à l'élimination du taux d'alcool dans le sang (au moins 1 à 2 heures par verre consommé). Et un sondé sur quatre considère qu’«une certaine tolérance» doit être de mise dans les contrôles routiers en termes d’alcoolémie.

 

Vu ces chiffres, la nuit du 31 risque d’être assez catastrophique en termes de conduite automobile alcoolisée et donc d’accidents de la route. Ce serait d’ailleurs, malheureusement, dans le droit fil de l’évolution constatée ces derniers mois. Les autorités, en effet, s’attendent à ce que 2009 soit une mauvaise année: le seuil fatidique des 4000 morts sur la route pourrait de nouveau être dépassé.

29/12/2009

Un calendrier

Calendrier.jpgC’est assurément l’accessoire qui permettra aux Français de franchir en beauté le cap de cette nouvelle année. C’est un calendrier. Il y avait déjà l’antique calendrier de La Poste et celui, musculeux, des Dieux du Stade. Il y avait aussi le mythique calendrier Pirelli et l’à peine moins sexy calendrier des sapeurs-pompiers de Paris. Mais là, ce calendrier qui, en 2010, s’affichera aux murs de toutes les chaumières françaises du meilleur goût, c’est celui… des «From’girls». Le calendrier donc des filles du fromage, oui. Car cela existe bel et bien, dans ce pays décidément magnifique qu’est l’Hexagone.

 

Pour la cinquième année consécutive, l’Association Fromages de Terroirs édite cette merveille des arts décoratifs qu’est assurément le calendrier des  «From’girls». Ce groupe milite pour la «défense du patrimoine fromager français», afin de «ne pas laisser notre patrimoine millénaire aux mains de groupes industriels qui falsifient les fromages et pillent notre savoir-faire». En couchant ces «From’girls» sur papier glacé, il ambitionne d’aller à l’encontre «des clichés qui banalisent trop souvent le terroir» et de porter «un autre regard sur notre environnement gastronomique et agro-alimentaire». Car «rendre le fromage plus poétique, plus sensible, plus enfantin, plus féminin peut-être..., c’est certainement le sortir de l’ornière sécuritaire et sanitaire pour lui redonner la place qu’il mérite dans le club très fermé des produits à haute valeur ajoutée culturelle».

 

Le «casting 2010» de ce calendrier présente des demoiselles dans «un esprit working girl», oui madame. Il revendique un «humour décalé» et opte pour «un ton contemporain et réaliste». Douze jeunes femmes s’y «amusent du fromage», le mettent dans «des situations inattendues», «font corps» avec lui. Ce ravissant calendrier vaut 15 euros. Mais, comme «l’avenir de notre terroir est entre nos mains», sans doute cet objet n’a-t-il pas de prix. Et puis, «sans la variété de fromages qui compose notre plateau si envié dans le monde, les races de vaches, de brebis ou de chèvres n’auraient pas pu façonner nos si beaux paysages». Car, c’est bien connu, «sans le fromage, la France ne serait pas ce qu’elle est». Et, parce qu'on ne plaisante pas avec cela, «puissent tous les gastronomes et les jeunes générations en avoir conscience».

28/12/2009

Un avis

Des nouvelles d’un produit roboratif du terroir hexagonal, en cette période de bonne bouffe. Des nouvelles aussi d’une des campagnes de pub les plus controversées de cette année en train de s’achever. On veut parler de… Chantal et du cantal.

 

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, il s’agit donc d’une campagne publicitaire télévisée sur le thème «Oublier le cantal, c’est fatal», produite par le syndicat d'appelation de ce fromage. Ces spots racontaient les mésaventures d’une certaine Chantal: brave fille un peu godiche, considérée par son mec comme une boniche. Pour la punir d’avoir oublié d’emporter le fameux fromage, il la rejetait à chaque fin de spot: l’abandonnait sur le bord de la route ou en rase campagne, refusait de l’épouser le jour de son mariage, etc. Le tout était accompagné du slogan «Le Cantal, ça peut être fatal». L’association féministe des «Chiennes de garde» avait vu rouge: avait dénoncé une campagne cautionnant selon elle la violence machiste, la pauvre Chantal renvoyant aux femmes tombant sous les coups des hommes. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, avait embrayé. Et demandé le retrait d'une publicité allant à ses yeux «à l'inverse de l'évolution des mentalités, vers le partage des tâches et la non-violence à l'égard des femmes». Un gros débat, donc. Sur lequel les professionnels de la publicité viennent de prendre position.

 

Dans un avis récent, l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité considère que «ces spots humoristiques et caricaturaux à souhait ne (peuvent) pas s’interpréter au premier degré». Il faut donc «faire le pari de l’intelligence du public et de sa capacité à ne pas tout prendre au degré zéro». Les régulateurs du secteur le concèdent: cette campagne sur Chantal et le cantal «fait peut-être plus le pari du message mnémotechnique que celui du bon goût». Mais ils bottent en touche: «Nous ne sommes pas arbitres des élégances». Et concluent en enfonçant les portes ouvertes de la banalité: «Une nouvelle fois, finalement, se pose la difficile question de l’humour. La seule certitude à ce sujet est qu’il est difficile de faire rire tout le monde sur les mêmes blagues».

 

Pas de désaveu de la campagne par la profession, donc: féministes et communistes en sont pour leurs frais. L’histoire ne dit pas si l’instance qui a statué compte des femmes en son sein, ou si elle est composée uniquement d'hommes. A supposer qu’on y dénombre des femmes, on ignore aussi si les mésaventures de la pauvre Chantal les ont fait s'écrouler de rire. Enfin, reste à voir si, depuis ces spots controversés, les femmes françaises consomment davantage de cantal.

24/12/2009

Une campagne

tagfille.jpgPuisque c’est la période des cadeaux offerts aux enfants, qui ont été sages ou même pas sages espérons-nous avec une pensée affectueuse pour ces derniers, parlons un peu aujourd'hui de cette campagne de sensibilisation qu’ont menée dans les grands magasins de Paris, ces derniers jours, des activistes contre le sexisme. Pas plus tard que samedi dernier, ils s’étaient encore joyeusement donné rendez-vous place du Châtelet en début d’après-midi. Avant de partir, tracts à la main, faire la tournée des commerces parisiens évidemment pleins à craquer de gens en train d’y acheter, dans la cohue comme il se doit, leurs derniers cadeaux de Noël.

 

Ces militants ont tenté de convaincre les consommateurs de ne pas acheter de «jouets sexistes» en guise de cadeaux de Noël. Car, selon eux, les rayons de jouets des magasins illustrent bien «l'ampleur de la discrimination sexiste que subissent les enfants». Des exemples? «Aux petites filles, les dînettes, les poupons, les Barbies, les robes de princesses et les machines à laver miniatures... Comme maman! Aux petits garçons, les ateliers de bricolage, les personnages musclés et guerriers, les jeux de conquête... Comme papa ? Non, plus viril que papa!» Vu sous cet angle, les parents, quand ils offrent systématiquement certains jouets à leurs enfants, contribuent à reproduire des stéréotypes sexistes et à enfermer leur progéniture dans un monde inégalitaire. «Pourquoi les petits garçons s'imaginent-ils journalistes, pilotes de course, cosmonautes ou aviateurs, tandis que les petites filles disent simplement rêver... d'une maison?», s’interroge ainsi le Collectif contre le publisexisme. Pourquoi? Parce que, selon ses militants, dès le plus jeune âge, «le masculin et le féminin se construisent au travers des jouets et de leurs usages». Dans cette optique, offrir systématiquement un landeau à poupées, un mini fer à repasser ou une Barbie à une petite fille, offrir à tous les coups un Big Jim musclé, un pistolet à eau ou un Mecano à un petit garçon, c’est, quelque part, participer au conditionnement sociétal qui enferme ces futurs femmes et hommes dans des rôles stéréotypés.

 

taggarçon.jpgSamedi, une vingtaine de ces militants ont fait irruption, pacifiquement, dans les magasins. Aux slogans de «Princesse un jour, boniche toujours!» ou «Garçons violents, filles gnangnan!», ils ont sensibilisé les clients à cet impact de leurs actes de consommation. Il n’a pas fallu attendre longtemps avant qu'ils soient évacués par les vigiles de ces supermarchés. Voire que les directions des grands magasins fassent appel à la police.

 

La police! Bigre. Ces militants troublant (un peu) le rituel consumériste des fêtes de fin d’année et/ou leurs arguments sont-ils donc si gênants?

23/12/2009

Un chiffre

Après la note d’hier, si légère, sur les illuminations de Noël, aujourd’hui on change de registre et on tombe carrément dans le lourd. C’est ça, Paris: aussi aisément qu’on y change de trottoir, on passe du plus frivole au plus sinistre. Au risque, si près de Noël, de casser un peu l’ambiance, c’est un chiffre qui est tombé hier et qu’on peut difficilement passer sous silence. Il concerne le nombre de personnes qui, en 2009, sont mortes dans la rue, pas seulement dans la capitale mais dans toute la France.

 

338. Soit, à peu de chose près, un mort chaque jour. Dont 12 morts rien que la semaine passée. Et le dernier en date survenu cette nuit à Marseille. 338, c’est le chiffre «artisanal et donc non exhaustif» rendu public hier par le «Collectif Les morts dans la rue»: ces bénévoles qui veillent notamment à ce que ces malheureux retrouvés morts un matin sur un trottoir aient tout de même des funérailles dignes de ce nom. On écrivait l’autre jour dans ce blog qu’intuitivement, on n’avait pas l’impression que, d’année en année, le problème du mal-logement et des SDF s’améliorait fondamentalement à Paris. D’après les chiffres de ce collectif, c’est vrai pour la France entière. Puisque l’an dernier, il avait recensé à peu près le même nombre de décès.

 

Le gouvernement n’est pas d’accord avec ce chiffre, qu’à ses yeux il faut revoir à la baisse. Au final, d’année en année, se poursuit la même bataille stérile d’arguments. D’un côté, les pouvoirs publics affirment mordicus que jamais on n’a construit autant de logements en France qu’à présent. De l’autre côté, les associations s’indignent que, néanmoins, globalement dans ce pays, perdure voire s'aggrave le fléau du mal-logement. Qui, pour mémoire, selon Emmaüs, frappe 3 millions de personnes dans l’Hexagone, dont 100.000 SDF.

 

C’était encore frappant hier, ce ping-pong oratoire si lassant. Menés par des personnalités comme la comédienne Josiane Balasko ou le Pr Albert Jacquard, les représentants d’associations de lutte contre le mal-logement voulaient remettre à l’Elysée une pétition réclamant la réquisition de logements vides par l'Etat – rien qu’à Paris, selon l’Insee, on compte 120.000 logements vides. Les forces de l’ordre ont empêché la petite troupe d’approcher du palais présidentiel. Où, en revanche, ont bel et bien été reçus, le même jour, les dirigeants du SAMU social. Dès l’issue de cette rencontre, les communicants de l’Elysée ont fait savoir que ces interlocuteurs avaient félicité le chef de l’Etat pour le «vrai effort» qui aurait été accompli cette année dans la «prise en charge des sans abris».

 

Pour autant, Nicolas Sarkozy s’est bien gardé hier de réitérer à ses hôtes la grande promesse qu’il avait faite en décembre 2008, en pleine campagne pour l’Elysée: «Je veux, si je suis élu Président de la République, que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid». 338 personnes, de toute manière, ne sont plus là pour lui rappeler cet engagement.

22/12/2009

Un créateur

castelbajacnoel.jpgPas terribles, les illuminations de fin d’année et décorations de Noël des grands magasins, cet hiver à Paris. Ce n’est évidemment que notre humble avis. Et, sur cette question on ne peut plus de saison, le Parisien moyen ne partage pas forcément cette impression. Mais, à titre purement personnel, autant les années précédentes, on était plutôt sous le charme du visage hivernal que présentait la capitale, autant cet hiver, on trouve l’ensemble assez moyen.

 

Car, bon, dans ces décorations et illuminations, on trouve tant de déjà vu (les Champs-Elysées). Tant d’imagerie censée féerique mais au final plutôt facile voire tarte à la crême, dégoulinant de consensualisme voire de miévrerie (les Galeries Lafayette). Tant d’exotisme de pacotille (les vitrines «slaves» du Printemps Haussmann, ou les libellules lumineuses si champêtres projetées sur le plafond du Forum des Halles). Tant de kitsch, de dorures, de roses, de rouges et de mauves qui, à force, finissent par être écoeurants (un peu partout). Tant de redites peu imaginatives (les arbres enneigés, etc: idem un peu partout).

 

En revanche, on a été assez agréablement surpris par les œuvres urbaines d’un créateur français qu’on croyait disparu de la circulation depuis longtemps, tant on a peu entendu parler de lui ces dernières années. Mais un créateur qui, finalement, semble plutôt revenir à la mode cet hiver à Paris: Jean-Charles de Castelbajac.

 

Pour les fêtes de fin d’année dans la capitale française, «le Courrèges des années 70», comme on appela jadis ce couturier, a notamment relooké l’immeuble vitré du Drugstore Publicis, sur les Champs-Elysées. L’«immense vitrail pop» qu’il a créé sur le bâtiment éclate de couleurs vives. Et, par sa franchise, tranche agréablement dans ce paysage décoratif si uniforme. On y retrouve un peu l’esprit des mailles déstructurées et des couleurs flashy qui firent la réputation de celui qui, à l’époque, habilla des héroïnes télé aussi mémorables que Farah Fawcett-Majors dans les «Drôles de Dames/Charlie’s Angels» ou Joanna Lumley/Purday dans «Chapeau melon & Bottes de cuir».

 

Castelbajac encore et toujours cet hiver à l’autre bout de la ville, rive droite cette fois. Le BHV, en effet, l’a réquisitionné pour habiller son grand magasin de la rue de Rivoli. Le couturier voulait y créer «un Noël électro, un Noël technicolor, un univers poptissime». Il a jeté son dévolu sur un objet aussi usuel que le tube néon. Puis l’a «démultiplié dans les différentes couleurs de l’arc-en-ciel, pour créer le spectacle». L’objectif ? «Un festival qui naît lorsque l’on remonte la rue de Rivoli. Une immense frange de néons sur laquelle on surfe comme sur une vague. Mon installation transforme le BHV en un vaisseau de lumière du XXIème siècle».

 

bhvnoel.jpgLe résultat est plutôt réussi, se dit-on chaque fois que l'on passe le soir rue de Rivoli. La répartition des couleurs voulue par le créateur (chaudes sur la façade côté Concorde, froides vers la Bastille) marche assez bien. On regrette d’ailleurs de ne pas être passé par là le mois dernier, le soir où cette déco de Noël a été inaugurée. En effet, la «marraine exceptionnelle» des festivités n'était autre que Beth Ditto, l’impayable et épatante chanteuse du groupe Gossip. Pour le coup, la fête a dû être assez drôle.

21/12/2009

Une cohue

Les sondages le répètent depuis des semaines: les Français, frappés ou inquiétés par la crise, réduisent leur budget consacré aux cadeaux de fin d’année. Cela ne sautait pas du tout aux yeux samedi après-midi, au cœur des quartiers commerciaux du centre de Paris. A un moment, on s’est même demandé si tous ces sondeurs n’avaient pas eu la berlue. Tant cette année, nous ont semblé encore plus insupportables que les années précédentes la cohue et l’agitation caractérisant ce dernier week-end de shopping avant Noël.

 

Il faut dire que ce week-end avait débuté avec la confirmation du fait que la grève des «dabistes» (pour les lecteurs non-français = le personnel qui approvisionne les distributeurs automatiques de billets de banque) ne menacerait finalement pas tout de suite le consommateur moyen d’être à court d’argent liquide – une perspective manifestement horrifique en cette période de l’année. Du coup, comme hystérisée par cette bonne nouvelle, la foule s’est jetée comme un seul homme dans les rues commerçantes. Résultat des courses, c’est le cas de le dire, sur toute la longueur de la rue de Rivoli dès le début de l’après-midi, on n’avançait plus qu’au pas. Place du Marché Saint-Honoré, dans la boutique d’un styliste à la mode, la bousculade était telle que des articles dégringolaient des présentoirs et étaient aussitôt piétinés par la foule, sans même que les vendeurs prennent la peine de les ramasser. Un peu plus loin, derrière l’Opéra Garnier, les gens faisaient carrément la queue dehors dans le froid pour pouvoir rentrer dans le magasin d'une marque de prêt-à-porter asiatique nouvellement arrivée à Paris. Au téléphone au même moment, un ami lui aussi naufragé dans cet océan consumériste nous disait qu’à la FNAC du Forum des Halles, comme dans nombre d’allées de ce centre commercial, les caissièr(e)s étaient complètement débordé(e)s et les vigiles passablement énervés. On hésitait alors à pousser une pointe jusqu’aux Galeries Lafayette, nous disant que ce spectacle de folie dépensière, à défaut d'être agréable, serait certainement instructif. Finalement, on y renonçait. Nous rappelant qu’en cette période des fêtes, ce grand magasin parisien accueille chaque jour 200.000 clients. Un peu groggy, on se dirigeait plus prudemment vers le métro «Opéra». Où, toutefois, on devait laisser passer deux trains avant de pouvoir embarquer, tant il y avait de voyageurs et tant ils étaient encombrés de paquets volumineux.

 

A part cela donc, cette année, point de vue achats, en France les gens se sont modérés. Au JT du soir samedi, les yeux plissés de plaisir et les pommettes rosies d’excitation, le patron d’un grand magasin parisien n'en assurait pas moins qu’une fois encore ces quinze prochains jours, il réaliserait 25% de son chiffre d’affaires annuel.

 

Mais à Paris, cela dit, il est tout de même des commerçants qui, en ce moment, font la grimace. Ainsi, pour toutes les petites boutiques installées dans les centres commerciaux en sous-sol autour des gares du RER A – en grève depuis plus de dix jours –, c’est vraiment la galère. Ici, en effet, pas de cohue. A la Station «Auber», par exemple, nombre de ces commerces ont fini par baisser leur rideau métallique, l’absence des usagers ayant fait s’effondrer leur chiffre d’affaires jusqu’à, paraît-il, moins 70 ou moins 80%. Idem pour les centres commerciaux du quartier de La Défense, qui, depuis le début de la grève dans le RER, sont désertés par une bonne partie de leurs clients habituels. Pour tous ces commerçants-là, en tout cas, en ce moment, ce n’est vraiment pas Noël.

11:30 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : paris, economie

18/12/2009

Un grand classique

patinsàglace.jpgC’est un classique de l’hiver parisien, un incontournable même de l’ambiance de fêtes de fin d’année dans la capitale française. Ce vendredi, la grande patinoire en plein air fait son retour,  place de l’Hôtel de Ville. Cette année, il y aura même deux patinoires devant la mairie: une grande pour les adultes et une petite pour les enfants «et débutants». Larges horaires d’ouverture, présence en permanence de moniteurs diplômés, accès et cours gratuits (*), spectacle garanti pour les spectateurs vu le nombre de chutes et de cabrioles à la minute: telles sont les recettes traditionnelles de cette animation, qui lui assurent de rencontrer chaque année un énorme succès. On va encore se bousculer et faire la queue à proximité de l’Hôtel de Ville ces prochains jours, a fortiori que les vacances scolaires commencent ce soir.

 

Cette année pas plus que les précédentes, à moins que cela nous ait échappé, pas une critique n’a été formulée à l’encontre de cette animation. Qui, pourtant, avec un bon millier de m2 de glace à maintenir réfrigérés jusqu’au début du mois de mars, doit pourtant être fameusement énergivore et donc assez peu écologique – même si la froidure actuelle de la météo doit aider. Toutes les animations hivernales parisiennes ne bénéficient pas d’un tel consensus. L’hiver dernier à la même époque, pour rappel (relire ici), la tour Eiffel s’était attirée les foudres d’une association écologiste, après avoir recouvert son premier étage d’une épaisse couche de neige artificielle, créé sur 300 mètres de long un parcours de marche en raquettes et équipé un de ses espaces de restauration d’un bar tout en glace. Les milliers de m3 d’eau utilisés pour cette opération avaient été critiqués comme étant un vulgaire «gaspillage».

 

Au fond, sans souci de polémique mais juste à titre d’information, quel est le coût énergétique de la grande patinoire de l’Hôtel de ville? Quel surcoût en électricité engendre-t-elle? Est-il éventuellement compensé par la mairie? A l’heure de Copenhague, trouvant que ces questions certes un peu anecdotiques n’étaient tout de même fondamentalement inintéressantes, on les a posées à la mairie. Qui n’a toutefois pas donné suite.

 

Reste identiquement sans réponse une autre question bien de saison. On sait que les épandages de sel sur la voie publique en cas d’enneigement ne sont pas du tout bons pour l’environnement, car ces tonnes de sel déversées agressent les sols et brûlent la végétation. D’ailleurs, dans ses conseils aux Parisiens portant sur les attitudes à adopter en cas d’enneigement, la mairie le précise noir sur blanc: «Vous pouvez saler le trottoir, sauf s’il est planté d’arbres afin de ne pas brûler ces végétaux». On sait aussi que, pour rémedier à ce problème, il suffit par exemple de remplacer le sel par de la saumure, beaucoup moins agressive. Nombre de villes à l’étranger ont déjà opté pour cette solution. La Ville de Paris, où les Verts font partie de la majorité, y a-t-elle songé? Si non, pourquoi? Si oui, pour quand? Là encore, pas de réponses. Si d’aventure on en reçoit prochainement, on ne manquera pas de vous tenir au courant.

 

brianjoubert.jpgEn attendant, le Parisien moyen aura l’occasion, le plaisir et le privilège, dès ce week-end à la patinoire de l’Hôtel de Ville, de se prendre pour Brian Joubert ou Surya Bonaly. Ce qui, ne serait-ce qu'esthétiquement, n’est tout de même pas rien. Hier déjà, on a vu des gamins fous de joie dévaler en surf les pelouses la butte Montmartre; cela avait l’air très drôle. Paris sous la neige, quand on n’est pas automobiliste en tout cas, c’est plutôt sympa. En plus, ce manteau floconneux adoucit spectaculairement les bruits, ce qui n’a pas de prix. Enfin, on ne le répétera jamais assez, Paris en blanc c’est vraiment ravissant – à constater par exemple ici.

 

 

 (*) Accès gratuit, mais la location des patins, elle, est payante (5€). Curieux. De la part d'une mairie d’habitude si à l’aise avec le secteur privé et si prompte à dénicher des sponsors pour un peu tout et n'importe quoi, on se serait attendu à ce qu’elle trouve les moyens de faire financer aussi cela.

17/12/2009

Une ouverture

Comme on avait un peu suivi cette affaire cet automne (relire ici ou ), on y revient maintenant, puisqu'il s'agit de son dénouement. Hier midi, un McDonald's a ouvert dans la galerie attenante au musée du Louvre. Sans tambours ni trompettes semble-t-il, cette inauguration. En tout cas, la presse étrangère ne paraît pas avoir été conviée, si l’on en juge au bristol qu’on n’a jamais reçu – on ne s’en formalise nullement. Il faut dire que, lorsque la nouvelle de l’implantation d’un fast food à un tel endroit avait été confirmée, nombre de médias internationaux (voir ici, par exemple) avaient froncé les sourcils devant un tel voisinage entre symbole de la gastronomie mondialisée et haut lieu de l’exception culturelle hexagonale.

 

Plus précisément, c’est une galerie de dix restaurants qui a été inaugurée au Carrousel du Louvre. Un espace de «restaurants du monde», paraît-il. On n’a pas encore eu l’occasion d’aller y faire un tour depuis hier midi, mais, d’après ce qu’on nous en a dit, deux détails des lieux attirent particulièrement l’attention. D’une part, ce McDo du Louvre, qui servira ses premiers burgers lundi, a établi ses quartiers dans la partie de la galerie la plus éloignée du fameux musée. D’autre part, pour l’occasion, la chaîne a troqué sa déco criarde habituelle pour un look qui, sans doute, se veut plus arty chic. Une double précaution destinée à désamorcer toute nouvelle polémique?

 

On vous laisse juger si ce cousinage entre la Joconde et le Mc Do constitue ou non une bonne nouvelle pour la gastronomie et la culture. Le gouvernement français, lui, semble en être ravi. Hier, le secrétaire d'Etat au Commerce et au Tourisme a loué cette galerie de restaurants, présentée comme «un nouveau support d'attractivité» pour le musée, et n’a vu «aucune contradiction» entre la vocation culturelle des lieux et la présence d'un McDo.

 

La galerie du Louvre accueillant déjà des enseignes comme Virgin, Apple Store ou Starbucks, sans doute a-t-on considéré qu’un peu plus ou un peu moins…

16/12/2009

Une «aumône»

Ce mercredi, après de longues et âpres négociations, syndicats et employeurs du secteur de la restauration signent un accord social, qui prévoit notamment l’octroi de revalorisations salariales. Mais avant même qu’il soit mis en œuvre, cet accord est contesté, tant chez les employeurs que parmi les syndicats. Ainsi, entendu hier sur une radio, un représentant syndical ne décolérait pas. Il avait fait ses calculs. Et prenait un exemple concret. A l’en croire, pour un jeune employé de base qui débute chez McDo, cette revalorisation salariale représentera une hausse… «de 2 centimes d’euro de l’heure». 2 centimes d'euro. Montant qu’il comparait au chiffre d’affaires réalisé chaque année en France par la société de restauration rapide: 3,3 milliards d’euros, aux dernières nouvelles. Le syndicaliste en déduisait que, dans les faits, cette revalorisation salariale promise aux travailleurs du secteur de la restauration, bien souvent, ne relèverait que de l'«aumône».

 

On aurait aimé entendre la direction de McDo France s’exprimer sur la chose, et plus globalement nous en dire un peu plus sur les grilles de salaires appliquées dans cette entreprise, par exemple pour les jeunes. Hier, toutefois, la société n’a pas souhaité communiquer sur ces sujets – ce qui est parfaitement son droit.

 

Sinon, dans le même registre du contraste, disons, saisissant, on est servi en ce moment dans le métro de Paris.

 

A l’occasion des fêtes de fin d’année, un grand joaillier horloger de la Place Vendôme y fait une grosse campagne de pub pour ses bijoux. «Gueule d’amour», «Tu es le sel de ma vie», «Perle caviar mon amour», «Couleur baiser», «Fou de toi» ou «Tu es mon soleil»: ce sont les noms de quelques-unes de ses créations. On ne peut pas passer à côté de cette campagne publicitaire, qui s’affiche dans tout le réseau de la RATP. Le contraste? Par ces temps de grands froids, les mêmes stations de métro où sont placardées ces affiches en 3 mètres par 4 sont, à longueur de journées et de soirées, envahies par des cohortes de SDF, qui n’en peuvent plus du temps glacial régnant dans les rues. Du coup, en ce moment à Paris, on voit souvent des miséreux faire l’aumône, installés avec tout leur barda sous d’immenses photos... de mains et de cous parés magnifiquement, et à grand prix, d’or, de quartz, de topaze, d’améthyste ou de diamant.

15/12/2009

Une disparition (programmée)

petitsgris.jpgUne page se tourne dans le panorama typique parisien. Depuis 40 ans, ils constituaient une des images d’Epinal de la banlieue: les «petits gris», comme on appelle ici ces trains en acier inoxydable qui, depuis les années 60, circulent en banlieue de Paris. Bientôt, ces antiques symboles régionaux ne seront plus qu’un souvenir. Certes, il faudra encore quelques années avant qu’ils aient tout à fait disparu du paysage. Mais un premier pas dans le (lent) processus de leur déclassement vient d’être franchi.

 

En effet, on l’évoquait en vitesse dans la note d’hier, le premier train «Francilien» a officiellement circulé sur le réseau ferré. D’ici à 2015, ces «Franciliens» remplaceront près d’une centaine de ces vieilles rames automotrices en inox – celles circulant notamment sur les lignes ferroviaires de Paris Nord, Paris Est et Paris Saint-Lazare. Les «petits gris» déclassés soit iront à la casse, soit seront vendus à des pays étrangers (à la Roumanie, par exemple) pour réemploi.

 

On souhaite bon courage aux Roumains qui devront circuler dans ces rames en inox. Leur principal défaut, en effet, était la fournaise infernale qui y régnait dès les premiers jours de l’été. Avec le nouveau «Francilien», en revanche, une de nos récriminations estivales habituelles (relire ici) est rencontrée. Ces trains, en effet, seront entièrement climatisés. Mieux, des cellules de comptage à infrarouge placées au dessus des portes réguleront le débit des entrées d’air circulant dans les rames. Du coup, «la climatisation et le chauffage seront ajustés automatiquement en fonction du nombre de passagers à bord. Le chauffage sera renforcé en hiver quand le train sera vide, et ralenti quand le train sera plein, et vice-versa en été pour la climatisation». Le «Francilien» est aussi le premier train de banlieue parisien équipé d’un plancher chauffant. Il «maintient la température du plancher entre 25 et 30° en hiver. Réglé par thermostat, il supprime les radiateurs encombrants et peu confortables. Par temps de pluie, le sol, séché continuellement, est moins glissant et salissant».

 

Des trains de banlieue où, enfin, il fera moins polaire en hiver et moins caniculaire en été! Les lecteurs de cette note qui n’ont jamais voyagé en «petit gris» trouveront sans doute cela anecdotique. En revanche, mesureront certainement le progrès accompli d’innombrables voyageurs parmi les quelque 2,8 millions de passagers transportés chaque jour par la SNCF sur son réseau «Transilien».

 

transports,banlieuesSinon, à l’heure où l'on est au chevet de la planète, ce nouveau venu parisien est présenté comme «un train écolo». Car, moins lourd, il consomme 20% d’énergie de moins que les trains qu’il remplace. Car c'est le premier train de France éclairé entièrement par des lampes à basse consommation. Ou car il est moins bruyant, à l’extérieur comme à l’intérieur, que les «petits gris».

 

Ce «Francilien» a l’air plutôt bien accueilli par les voyageurs bloggeurs de la première ligne ferroviaire parisienne concernée (lire ici, par exemple). Il est vrai que, vu la galère qui, depuis tant d’années, est si souvent celle des banlieusards – et on ne parle pas que des jours de grève, comme en ce moment – , on croît rêver.

14/12/2009

Un climat

Glacial, le climat. On ne parle pas de Copenhague et de l'avenir planétaire. Mais, plus prosaïquement, du climat social régnant en ce moment à Paris, et plus largement en France. Ces jours-ci, le propre a rejoint le figuré: la température dans les rues est devenue aussi glaciale que celle des relations sociales.

 

Pour preuve, pêle-mêle et en résumé, ce catalogue, non-exhaustif, des mouvements sociaux de ces derniers jours. Grève qui n’a été évitée que d'extrême justesse chez les routiers et les cheminots. Grève qui se poursuit dans le RER parisien, au détriment d’un million de voyageurs quotidiens. Grève au Centre Beaubourg, encore et toujours. Grève des taxis de Roissy qui, l’autre jour, a paralysé la circulation dans tout le Nord de Paris. Grève annoncée chez les enseignants, les transporteurs de fonds, les gardiens de prison et les agents de fourrière. Grève des agents municipaux à Paris, ce lundi. Grève aussi du personnel de restauration des trains Thalys. Ce week-end même, grève à la SNCF en région parisienne, qui a contraint la compagnie à retarder la mise en service de son nouveau train de banlieue, attendu depuis tant et tant d’années par les usagers.

 

Mais rien n’est perdu. Tous les hiérarques de l’UMP qui affolent le net pour s’être dandinés en play-back sur une ritournelle appelant à «changer le monde» mettent assurément autant d’entrain et de fougue, en ce moment, à désengourdir les relations sociales ankylosées de ce pays.

11/12/2009

Une cupidité

Telephone.jpgCes dernières semaines, le dossier de la grippe A a été géré assez laborieusement par le gouvernement français. En ont témoigné les queues immenses qui, il n’y a pas si longtemps encore, se formaient souvent devant les centres de vaccination, à Paris comme en province. Vu ces dysfonctionnements, qui ont agacé jusqu’à l’Elysée, on se serait attendu à ce que le ministère de la Santé ne la ramène pas trop, à l’égard des usagers du système. Et bien, c’est raté. Ce ministère, en effet, vient de doter sa plateforme téléphonique «Info Grippe» d’un… numéro surtaxé et non d'un numéro gratuit. Ce qui est tout de même assez culotté.

 

Ce numéro, le 0825 302 302, est facturé 15 centimes d’euro la minute. Et davantage si l’appel n’est pas passé depuis un poste fixe. Cette cupidité n’a pas échappé à l’UFC-Que Choisir, qui dénonce une «information surtaxée». Comme le rappelle l'association de consommateurs, «fin 2007, le ministre du Budget, Éric Woerth, avait promis que tous les services téléphoniques des administrations repasseraient à des tarifications plus raisonnables. Le ministre avait également fait part de son souhait de voir à terme les numéros en 081 remplacés par des numéros en 09, encore plus favorables aux consommateurs car gratuits depuis les box et décomptés des forfaits de téléphonie mobile. Pour l'instant, il n'en est rien».

 

C’est décidément une mauvaise habitude que prennent les services de l'Etat français d’avoir recours à des numéros de téléphone surtaxés. Pour preuve, au début de l’année déjà (relire ici), avait fait polémique «le racket» que représentait, pour le consommateur, le coût d’un appel à la plateforme téléphonique de Pôle Emploi (3949), mise à disposition des chômeurs. Il avait ensuite fallu plusieurs mois avant que ce service public devienne joignable à des tarifs un peu plus raisonnables.

 

Qui sait la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, finira-t-elle par suivre l’exemple de son collègue en charge de l’Emploi. En attendant, les Français craignant d’avoir été contaminés par le virus H1N1, ainsi que tous les malades de la grippe A, s’ils veulent avoir des informations, sont priés de passer à la caisse. Trop sympa.

10/12/2009

Une «capitale écolo»

Cocorico: «Paris, deuxième capitale écolo en Europe», a-t-on lu, vu et entendu un peu partout dans les médias, hier. On est un peu tombé des nues en découvrant cela. En tant qu’usager lambda de l’espace parisien qui, chaque fois qu’il passe place de la République à l’heure de sortie des bureaux, suffoque à cause de la pollution des bagnoles. Usager qui trouve que d’année en année, la propreté générale des rues ne s’améliore pas vraiment. Qui peste contre le niveau sonore souvent assourdissant régnant dans cette capitale. Qui, habitant un onzième arrondissement sympa certes, mais très densément construit, regrette d’y trouver si peu d’espaces verts. Mais, bon, ce constat d’un Paris si écolo émanant d’une étude européenne en provenance directe du sommet de Copenhague, on est sans doute prié de le croire. Cocorico, donc: parmi 30 villes de 30 pays européens analysées pour leur «durabilité environnementale», Paris figure dans le top 10 et devance des capitales rivales comme Londres, Madrid ou Rome.

 

Toutes catégories confondues, Paris se classe dixième de ce classement européen. Ses performances environnementales «sont particulièrement remarquables en matière d’émissions de dioxyde de carbone, de bâtiments, de qualité de l’eau et de politique environnementale. En revanche, Paris obtient des scores plus en retrait dans les domaines de l'énergie et du transport». Question énergie, la Ville lumière «affiche une faible proportion d’énergies renouvelables dans le réseau d’approvisionnement en énergie, et une consommation par habitant supérieure à la moyenne. Cela est dû en partie aux tarifs compétitifs de l’électricité, qui est 40 % moins chère qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni, incitant à une consommation plus importante». Point de vue transports, «Paris arrive en dix-neuvième position, principalement en raison de son faible score en matière d’utilisation des moyens de transport autres que la voiture, malgré les 40% de personnes qui empruntent les transports en commun pour se rendre au travail». La principale raison de cette contre-performance? «Malgré l’existence d’un vaste réseau de pistes cyclables, seuls 2 % des personnes se déplacent à pied ou en vélo pour se rendre à leur travail, loin derrière la moyenne de 20,9 %». Mais l’étude a été conclue avant le succès foudroyant de Vélib’.

 

Globalement flatteuse pour Paris, cette enquête, cela dit, identifie bien un problème environnemental particulier qui s'y pose. Un problème qui est très perceptible par les habitants dans leur vie quotidienne. Et qui, à leurs yeux, occulte sans doute la performance écologique honorable de leur ville – à supposer que le Parisien moyen partage notre vécu des choses, ce qu’il serait présomptueux de présumer d'emblée. Ce problème, c’est la qualité de l’air. Pour ce critère, Paris ne se classe qu’à la treizième position. Car «ses niveaux de pollution de l’air restent supérieurs à certaines réglementations nationales et européennes». Car «les émissions de dioxyde d’azote sont élevées, ce qui classe la capitale à la vingtième place» seulement. Et car «les émissions quotidiennes moyennes de particules et de dioxyde de soufre atteignent également un niveau élevé».

 

C’est bien ce qu’on croyait avoir (res)senti.

09/12/2009

Une adresse

Habiter Paris aujourd’hui, c’est chic – enfin, malheureusement pas pour tout le monde: voir la note d’hier. Demain, le dernier chic consistera-t-il à habiter la capitale française et, en plus, à avoir une adresse internet qui se termine par «.Paris»? La mairie semble en être persuadée. Pour preuve ce mercredi soir, elle lance une grande «campagne de mobilisation» en faveur du nom de domaine «.Paris».

 

Dès juin 2008, la capitale française avait répondu à l’appel à candidatures qu’avait lancé un an plus tôt l’ICANN, l’organisme international qui gère toutes ces affaires électroniques. Appel en vue de la création des nouveaux noms de domaine qui sont amenés à prendre le relais des noms de domaine actuels. Les autorités locales, en effet, sont habilitées à se porter candidates. Ce soir donc, afin de donner un peu plus d’écho à cette initiative municipale – qui a probablement dû échapper au Parisien moyen –, le maire,  Bertrand Delanoë, organise un grand raout à l’Hôtel de ville. Où, à partir de 19h30 (avis aux geeks qui, par extraordinaire, liraient ce blog), du beau monde est annoncé: le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, le pdg de l’ICANN, Rod Beckström, ainsi que, c'est merveilleux, des tas de «personnalités mondiales du web». Sera notamment lancée une grande pétition populaire en faveur de la création de ce «.Paris».

 

Sinon, tant qu'on y est, cette autre info relative à internet en France, qui est assurément plus terre-à-terre mais en dit peut-être long sur ce qu’est, aussi, la vie en la matière, dans ce bon vieux pays. A en croire une récente étude de Médiamétrie, en cette fin d’année 2009, près d’un tiers des Français (30,7%) ne se sont encore jamais connectés au web! Il s’agit principalement de femmes, de plus de 65 ans et d’inactifs. Au total, à l'échelle du pays, ces aliens des nouvelles technologies représentent 16,4 millions de personnes, ce qui n’est tout de même pas rien. On ne sait pas si on en croise à Paris.

08/12/2009

Une population

SDFmétroparis.jpgLes SDF à Paris, cela ne s’arrange pas. On se le disait hier soir encore en passant boulevard Richard Lenoir, effaré par la longueur de la file de miséreux qui s’étirait devant les réchauds des bénévoles servant la soupe populaire. Une queue qui, chaque hiver, paraît encore plus interminable que l’hiver précédent. Le plan grand froid vient d’être activé dans la capitale. Un demi-millier de places d’hébergements en plus que l’an dernier ont été prévues par la mairie, mais il est douteux que cela soit suffisant.

 

Le dernier rapport annuel du Samu social de Paris confirme le rajeunissement de cette population: 22% des hommes SDF à Paris ont entre 18 et 30 ans, un taux qui grimpe carrément à 48% pour les femmes. Il traduit aussi la précarisation croissante du monde du travail: un quart des gens qui dorment dans la rue à Paris déclarent avoir un boulot (souvent sous statut précaire: CDD, intérim, etc.) et 17% être en contrat de travail à durée indéterminée. Paris, comme toutes les grandes villes du monde, continue d’attirer la misère d’un peu partout: seul un SDF parisien sur quatre est né dans la région, le reste provenant d’autres régions de France ou de l’étranger. Un des passages les plus affolants du rapport concerne l’état de santé des sans-abri. 20% ont des troubles psychiques: c’est 7% de plus que la population domiciliée. 7% des SDF ont des pathologies respiratoires (5% dans la population «normale»). 16% des hommes et 10% des femmes déclarent n’avoir jamais pris de repas à midi au cours de la semaine précédant l’enquête. Un tiers des patients traités par l’équipe mobile consacrée à la lutte contre la tuberculose souffre d’atteinte viscérale ou extra-pulmonaire nécessitant jusqu’à une année entière de traitement médical.

 

L’autre jour, sur cette question des sans-abri, Bertrand Delanoë a poussé une colère contre l’Etat central. «Je me tue à dire au Premier ministre qu'il faut se bouger et qu'il faut être beaucoup plus audacieux, beaucoup plus courageux», s’est énervé le maire de Paris. «Il y a des exclus, il y a des réfugiés, il y a des demandeurs d'asile, il y a des enfants. Que l'Etat se désengage à ce point, c'est ignoble!» Ignoble: le mot est inhabituellement fort, dans un langage politique souvent policé. Piqué au vif, le secrétaire d'Etat au Logement, Benoit Apparu, a renvoyé le terme à son expéditeur : «Ce qui est ignoble, c'est d'utiliser la misère des gens pour faire de la petite politique politicienne».

 

Si on en reste à ce niveau-là du débat, évidemment, le sort des SDF du boulevard Richard Lenoir et du reste de Paris risque de demeurer encore longtemps ignoble.

07/12/2009

Un sexagénaire

Cette semaine à Paris, l’actualité se déroulera notamment en bord de Seine. Jeudi, en effet, entre le Pont Charles de Gaulle et le viaduc du métro, sera inaugurée «La Râpée», le plus énorme ponton jamais amarré sur le fleuve. Lourd de 600 tonnes, long de plus de 60 mètres, réparti sur trois niveaux, ce ponton accueillera une gare fluviale des Bateaux parisiens, où accosteront deux navettes transportant les passagers sur la Seine et sur la Marne. Une salle de réception, un restaurant ainsi qu’une vaste terrasse sont également prévus. L’ensemble est décrit comme «un projet s’intégrant parfaitement dans le développement de l’Est parisien et dans le respect de l’environnement».

 

Tant qu’on est dans ces parages fluviaux, et vu qu’on met tout doucement le cap sur 2010, il est plus que temps d’évoquer le soixantième anniversaire qu’a fêté cette année une véritable institution parisienne: la Société des Bateaux-Mouches. Les navires de cette compagnie font désormais tellement partie du paysage parisien qu’on a tendance à oublier qu’en 1949, lorsqu’ils virent le jour, ils étaient vraiment très novateurs, voire avant-gardistes, avec leur physionomie si particulière: entièrement vitrée et surmontée d’énormes projecteurs. Pour la petite histoire, l’appellation «bateau-mouche» qui désigne ces bateaux vient du nom du chantier naval proche de Lyon où ces navires ont été construits, entreprise baptisée les Chantiers de la Mouche.

 

L’histoire de la société des bateaux-mouches est vraiment une «success story» à la parisienne. Cette petite entreprise familiale a débuté il y a soixante ans en exploitant trois bateaux seulement. Aujourd’hui, les années ayant passé et le succès  du concept n’ayant jamais été démenti,  elle se retrouve à la tête d’une flotte de 14 navires: 5 bateaux restaurants et 9 bateaux promenades. Les croisières à bord de ces derniers  peuvent être commentées dans six langues différentes – preuve qu’à Paris parfois, on sait tout de même y faire, linguistiquement, avec les touristes étrangers. Et le plan de parcours remis à l’embarquement de chaque passager est disponible en… 25 langues. En termes de fréquentation, d’ailleurs, avec ses quelque 2 millions de passagers transportés chaque année, la fameuse compagnie maritime établie aux pieds du Pont de l’Alma fait partie des sites les plus visités de la Ville lumière.

04/12/2009

Une dénonciation

La France, pays (autoproclamé) des droits de l’homme. Mais pas forcément celui des droits des travailleurs, des malades, et a fortiori des travailleurs malades? C’est un gros lièvre, en tout cas, qui a été levé hier soir dans la capitale. Qui concerne un de ses grands magasins les plus connus: le Bon Marché Rive Gauche. Des employés se sentiraient obligés d’y venir travailler alors qu’ils sont malades: alors qu’ils souffrent… de la fameuse st si contagieuse grippe H1N1.

 

La direction jure ses grands dieux n’être au courant de rien. Mais des membres, syndicalistes, du comité d'hygiène et de sécurité viennent de dénoncer la chose au ministère de la Santé. En dépit de leur maladie, des employés, souvent des petits salaires, n'auraient d'autre choix que de continuer à venir travailler pour pouvoir toucher l'intégralité de leur prime de fin d'année. Dans ce magasin comme dans nombre d’entreprises, le montant exact de cette prime (qui équivaut globalement à un treizième mois) est fonction du nombre de jours de présence effective du travailleur, singulièrement pendant les dernières semaines de l’année. Il suffirait de dix jours d’absence en décembre pour qu’un travailleur ne touche rien sur la quote-part de la prime versée en janvier. Les absences pour cause d’accident du travail, de congé de maternité, de vacances ou d’hospitalisation ne sont pas comptabilisées au détriment des employés. Mais les arrêts maladie, oui. Du coup, selon les syndicats, «au risque de contaminer les autres salariés ainsi que les clients», au risque aussi d’aggraver leur propre état de santé, «des salariés malades viennent travailler pour ne pas perdre leur prime et ce, même s'ils disposent d'un arrêt de travail».

 

Dès que l’affaire a éclaté hier soir, la direction du Bon Marché, qui dit donc ignorer l’existence de ces cas, a certifié qu’elle n’avait absolument pas l’intention d'appliquer cette règle des retenues aux employés absents pour cause de grippe H1N1. Sans doute cette mansuétude sera-t-elle appréciée à sa juste valeur par les quelque 4 millions de Français ayant déjà contracté cette maladie.

 

Comme dans la restauration, les salaires pratiqués dans la grande distribution en France sont souvent assez bas – lorsqu’ils atteignent le niveau du salaire minimum. A Paris, les syndicats ne dénoncent pas rarement les conditions de travail dans les grands magasins. Ainsi, sans même reparler du problème relatif à l’élargissement continuel des horaires d’ouverture, l’enseigne «Monoprix» a déjà été accusée de pratiques confinant au harcèlement envers des représentants syndicaux. Quant au BHV de la rue de Rivoli, il lui a été reproché d’avoir, le 15 août dernier, obligé par lettre recommandée des employés à venir travailler, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à leur licenciement.

03/12/2009

Une envie?

éclairbardotfauchon.jpgUn éclair au chocolat rehaussé par les «arômes doux, sucrés et sensuels de l’amande et de la rose». C’est la dernière trouvaille du si chic pâtissier-traiteur parisien Fauchon. Cela doit sans doute être très bon. Pour autant, on n’est pas vraiment sûr d’avoir envie de goûter. Benoît Couvrant, le chef pâtissier de la maison, voulait créer «la plus glamour des pâtisseries», en alliant de manière inédite «l’incarnation du luxe alimentaire» et «le mythe du cinéma français». Il a donc décoré la coque de chocolat de sa délicatesse d’une réplique 100% comestible d’une célèbre photo de Brigitte Bardot prise par le photographe Sam Lévin en 1959, à la grande époque de l’actrice.

 

Outre le fait que cet «éclair BB» coûte 6€, ce qui n’est tout de même pas rien, la question est de savoir si, quelques décennies après avoir été aussi joliment immortalisée, Brigitte Bardot est encore une figure suffisamment politiquement correcte pour être appétissante. Les hordes de touristes étrangers qui, place de la Madeleine, à longueur de journées, franchissent le seuil de la boutique Fauchon ne se poseront sans doute même pas la question. Et se rueront sur ce nouveau dessert. Mais le Français moyen un minimum au courant de la chronique judiciaire se laissera-t-il, lui aussi, tenter? Pour rappel, ces dix dernières années, l’ex-actrice a été condamnée une demi-douzaine de fois en justice pour incitation à la haine raciale, en raison de propos violemment anti-musulmans. Cette semaine encore, l’intéressée en a rajouté une couche, en fustigeant les «70000 moutons» qui auraient été «égorgés clandestinement» en France lors du «sanglant Aïd-el-Kebir».

 

Est-ce que cela donne envie? Est-ce que ledit éclair n'est pas un peu lourd à digérer? Est-ce que, quand on l'engloutit, les papilles n'entrent pas violemment en collision avec les neurones? Fauchon ne répond pas à ces questions.

 

Nous, en tout cas, même gourmet voire gourmand, on a décidé qu’on ne se laisserait pas tenter par cet «éclair BB». Si donc on passe prochainement place de la Madeleine, on lui préférera le plus consensuel «éclair Madame Joconde» à l’effigie de Mona Lisa («crème amande-chocolat et glaçage chocolat»). Ou le sans doute très roboratif  «chien chaud caramel-framboise». Caloriquement, financièrement et politiquement, on culpabilisera moins.