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08/01/2010

Une prolifération

Paris au ras des pâquerettes du bitume, suite. Ou les à-côtés pas toujours reluisants, et mêmes très triviaux parfois, de la vie quotidienne dans cette Ville lumière réputée si paillettes, romantique et glamour. Ces coulisses de la capitale française que, généralement, les touristes étrangers ignorent – et que les autorités locales se gardent évidemment bien de mettre en avant.

 

Vous vous souvenez peut-être de cet incident qui, l’automne dernier, s’était produit dans un des restaurants parisiens de la chaîne Pizza Hut, qui avait fait un certain bruit. La préfecture de police avait pris un arrêté de fermeture de ce restaurant, «pour des raisons d’hygiène». Une inspection des services vétérinaires avait constaté «la très forte présence de souris» dans l'établissement. Quelques mois plus tôt, d'ailleurs, un client de ce même restaurant avait trouvé… une souris morte sur la pizza pepperoni qui venait de lui être livrée. A l’époque, l’affaire avait remis en lumière le problème posé par la prolifération des rongeurs à Paris – un de nos sujets favoris, les lecteurs les plus assidus de ce blog ont dû le constater (sinon: relire ici, , ou encore ). Pas plus tard qu’hier soir, on a repensé à cette anecdote. C’était dans un supermarché, plutôt propre, du boulevard Beaumarchais, cette grande artère, plutôt bourgeoise, qui sépare le onzième du troisième arrondissement. Supermarché dans lequel, retour du boulot, on s’achetait traquillement de quoi dîner, comme n'importe quel Parisien moyen.

 

Arrivé au rayon des fromages, on hésite un peu. Puis on se décide, et on plonge la main dans  le rayon. A quelques centimètres à peine de nos doigts, on découvre alors, même pas pressées, même pas stressées, deux énormes souris furetant elles aussi tranquillement dans le rayon. Leurs moustaches frémissantes, leurs bouches – si l’on peut dire, s’agissant d’animaux – manifestement bien remplies. Bond en l’air, de surprise et de dégoût. Les rongeurs ne s’en formalisent guère. Ils poursuivent un moment leurs pérégrinations, puis s’en vont sans demander leur reste, via le circuit de refroidissement du frigo.

 

C’est une rencontre complètement anodine et qui n'a rien de dramatique, on en convient. Mais on en est pas encore revenu. A Paris, les rongeurs – en cette saison particulièrement, ou en général: pendant toute l'année? – sont-ils donc innombrables à ce point? Au point d’avoir envahi jusqu’aux magasins les mieux tenus? Si on en arrive à voir des rongeurs en train de paisiblement se goinfrer, en pleine heure d’affluence, dans les rayons de supermarché d’un quartier tout ce qu’il y a de plus correct, combien doit-on donc en trouver dans les bas fonds de la capitale? Dans les caves? Les passages souterrains? Les parkings? Les couloirs du métro? Les restos ou magasins pas très à cheval sur l’hygiène? Derrière les palissades des chantiers? Ou au fond des cours d’immeubles délabrés?

 

Hier soir, retour de notre supermarché aux souris, on s’est dit qu’on prendrait bien soin de ne pas passer des jours à enquêter sur ce volet de la réalité parisienne, de peur de faire des découvertes qui nous donneraient (un peu) moins envie de continuer à vivre dans cette ville. On n’a pas encore vraiment décidé, en revanche, si on retournerait ou non dans ce magasin. En attendant, hier, on n’y a pas acheté de fromage. On ne le sentait plus trop.

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