25.01.2010
Une impression
De retour dans ce blog, après donc une petite pause. Et retour à Paris. On a beau adorer cette ville et pouvoir difficilement imaginer vivre un jour ailleurs, quand on l’a redécouverte ce week-end après quinze jours d’absence, la première impression qu’on en a eue était vraiment mauvaise. Et on n’était manifestement pas le seul dans le cas, à voir la mine effarée tirée par certains des passagers de notre vol qui, à leur descente d’avion à Roissy, faisaient connaissance avec la capitale française après douze heures de voyage et avec neuf heures de décalage horaire dans les pattes.
La désorganisation: première chose qui sautait aux yeux. Une signalétique aéroportuaire très perfectible et peu d’agents pour renseigner des voyageurs complètement perdus dans Roissy. Retrouver son bagage, comprendre le fonctionnement de la navette entre les terminaux de l’aéroport, trouver un taxi, un distributeur de billets acceptant les cartes de banque étrangères ou un plan de la capitale, prendre le RER vers Paris ou un TGV vers le Midi: en matière d’accueil et d’information, la société Aéroports de Paris aurait encore des progrès à faire.
L’agressivité des gens, deuxième impression. Celle des chauffeurs de taxi clandestins – mais comment et pourquoi donc continuent-ils à sévir visiblement en toute impunité à Roissy ? – n’appréciant pas qu’on décline, même poliment, leurs services. Celle des quêteurs au profit de (prétendues?) associations de sourds-muets, qui, panneau multilingue à la main, sollicitent les étrangers dès le hall d’arrivée. Aggressivité du plouc français moyen aussi, qui, sans gêne c’est bien connu, vous bouscule dans la queue pour la douane ou pour la caisse du kiosque à journaux, dans les rames, sur les escalators ou aux portillons du métro, etc.
L’impression de crasse, surtout. De tous côtés, des poubelles débordant de détritus, des cendriers inexistants, des rames, des quais et des couloirs du RER d’une saleté repoussante, des stations de métro transformées en pissotières et en cour des miracles pour SDF – mais n’y a-t-il pas d’autres lieux d’accueil que Paris puisse proposer à ces pauvres gens?
Mauvaise première impression, donc. Quelques heures plus tard, à peine, on rentrait dans le bain parisien. Mais, pour certains étrangers qui découvrent pour la première fois de leur vie la capitale française, c’est plus grave.
Pour preuve, les services psychiatriques de grands hôpitaux de Paris (comme l’Hôtel-Dieu, sur l’île de la Cité) n’accueillent pas rarement des touristes étrangers (japonais, notamment) qui, nerveusement, n’ont pas supporté le choc de cette découverte. Qui ne sont pas parvenus à gérer la conflagration entre deux visions de Paris. D’une part, la vision idéale et fantasmée qu’ils avaient de cette cité avant d’y poser le pied: la «Ville lumière», follement romantique, la capitale mondiale de l’élégance et du bon goût, etc. Et d’autre part, la vision concrète de la ville, plus rude, qu’ils éprouvaient dès leur descente d’avion. Les médecins appellent cela le «syndrome de Paris». Googlelisez cela sur le net, vous trouverez probablement des tas de témoignages là-dessus.
Nous, en tout cas, ça va: on est de retour au bureau, et pas à l’Hôtel-Dieu ;-)
10:51 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : paris, art de vivre, propreté, etrangers, santé




Commentaires
quelle exagération !
Écrit par : stef | 25.01.2010
Quel réalisme...
Écrit par : sylvain | 25.01.2010
Une question: quelle impression a donné l'aéroport de destination, à 9h de Paris?
Écrit par : Morzette | 28.01.2010
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