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27/01/2010

Une alimentation

On pouvait difficilement faire l’impasse sur cette étude publiée hier, alors que, dans ce blog, on adore notamment décortiquer les comportements alimentaires des Français. L’enquête émane de l’institut qui est chargé de la prévention et de l’éducation pour la santé (l’Inpes). Elle révèle que les Français mangent mieux. Plus de fruits et de légumes, moins de matières grasses. La consommation de sel et de boissons alcoolisées a également diminué. Et le grignotage régresse. En 2008, plus de trois-quarts des Français ont déclaré manger de façon équilibrée, une proportion en augmentation par rapport à 1996. Quelques points noirs, toutefois, subsistent : la consommation de boissons sucrées (trop élevée en particulier chez les jeunes) et de plats préparés (généralement exagérément gras et/ou salés).

 

Moins nouveau mais confirmé par cette étude: le fait que le budget du consommateur influe beaucoup sur la qualité de son alimentation. Ainsi, le prix des fruits et des légumes (cité par quatre personnes intérrogées sur dix) constitue le principal obstacle à une consommation plus régulière de ces produits.

 

C’est l’occasion de ressortir les conclusions d’un colloque qui s’était tenu à Paris l’été dernier, et dont on n’avait pas encore eu l'occasion de parler ici. Il était consacré aux habitudes alimentaires en région parisienne, qui, comme chacun sait, est la région la plus riche du pays. Et ces habitudes parisiennes montrent à nouveau l’importance du facteur économique dans les choix alimentaires.

 

En effet, d’après les chercheurs, on mangerait plus équilibré dans la capitale que dans le reste du pays. Les Parisiens achèteraient plus de légumes, de fruits et des poissons que les habitants des autres régions, où l’on consommerait davantage de charcuterie. Les enfants parisiens se nourriraient plus de végétaux et de laitages frais que les petits provinciaux. Qui, eux, avaleraient plus de produits sucrés, charcutiers et d’entremets. Les Parisiens passeraient proportionnellement plus de temps à cuisiner qu’en province, et mangeraient davantage bio. Conclusion d’une responsable du Centre de recherche pour l’étude des conditions de vie (Credoc): «On imagine que les urbains pressés négligent leur alimentation, déstructurent leurs repas. En fait, il n’en est rien. Ils sont sensibilisés par les messages de prévention sur l’obésité et la qualité de l’alimentation et, malgré leurs contraintes, achètent des produits sains et prennent du temps pour faire leur repas».

 

C’est donc aussi parce que ces urbains parisiens ont les moyens financiers pour ce faire. Nous, en tout cas, en tant que Parisien pathétiquement cliché car perpétuellement pressé, c’est d’un peu plus de temps dont on aurait bien besoin pour (encore) mieux manger.

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