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01/02/2010

Un (sur)poids

airfrance.jpgEn ce premier jour de février, devait normalement entrer en vigueur la pénalité financière imaginée par Air France pour ses passagers en surpoids. Pour l'achat à partir de ce lundi d'un billet pour un vol effectué à partir du 1er avril 2010, un voyageur incapable, vu son obésité, de s'asseoir dans un seul siège, payerait, s’il voyage dans un avion rempli, en plus du prix complet pour le premier siège occupé, 75 % du prix d'un second siège, soit son prix total excepté les taxes et surcharges. L’annonce de cette innovation de poids, c’est le cas de le dire, avait créé un tel émoi que la compagnie aérienne française avait dû se corriger. Elle avait soutenu n’avoir jamais eu l’idée d’obliger «les passagers à forte corpulence», comme elle dit, de payer un second siège. Au contraire, avait-elle assuré, «la seule nouveauté que la compagnie propose à compter du 1er février est, en cabine économique, si celle-ci n’est pas complète, le remboursement du second siège que le passager à forte corpulence aurait choisi d’acheter».

 

«Aurait choisi d’acheter», donc. Aurait pu acheter, aurait dû acheter? Et quid si la cabine est complète? Dès la formulation même du communiqué d’Air France, les choses restent assez obscures. Et, dans cette affaire, la compagnie peut difficilement affirmer avoir été victime d’un procès d’intention. En effet, avant que la polémique éclate, son site internet avertissait clairement les passagers dont le tour de taille est supérieur à 135 cm qu'ils avaient obligation de réserver un second siège. Ajoutant noir sur blanc que «si le vol est complet et que vous n´avez pas réservé de second siège, l´accès à bord pourra vous être refusé, pour des raisons de sécurité, si votre corpulence ne vous permet pas de vous asseoir sur un seul siège». Quand la polémique avait éclaté, Air France avait discrètement et rapidement effacé cet avertissement de son site.

 

En tout cas, si la compagnie nationale française, visiblement toujours à la recherche du moindre euro de gagné, souhaite tirer profit des passagers un peu différents des autres, quitte au passage à les stigmatiser et discriminer, on peut lui proposer de faire payer davantage, à l'avenir, les femmes enceintes, les petits vieux affublés de béquilles ou de cannes prenant trop de place, ou les passagers incontinents utilisant davantage les toilettes de l'avion que les autres. A l’inverse, les passagers anorexiques seraient théoriquement en droit de lui réclamer de payer moins cher, puisqu’ils ne touchent pas à leur plateau repas.

 

En matière de lutte contre l’obésité, en tout cas, aux velléités punitives d’Air France, on trouve plus sympathique l’initiative préventive lancée ce même jour par la mairie de Paris. Il s’agit d’une vaste campagne de sensibilisation à l’obésité infantile, émaillée d’actions concrètes comme la distribution de fruits dans les écoles. Une campagne qui, du reste, n’est pas un luxe: dans la capitale française, un enfant sur six est considéré comme étant en surpoids.

Commentaires

Ca me rappelle le lait distribué dans les écoles par le gouvernement Mendes-France dans les années 50. On peut pas dire que la mairie de paris innove beaucoup.

Écrit par : GED | 01/02/2010

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