05.02.2010
Un concours
Un peu de culture, et en l’occurrence de langue française, pour bien terminer la semaine. C’est la dernière initiative linguistique en date du gouvernement. Elle traite d'un sujet qui ne fait sans doute pas partie des priorités majeures des Français en ce moment, mais enfin, bon, relayons.
Le secrétariat d’Etat à la Francophonie a lancé un concours destiné à récompenser les cinq meilleures traductions françaises qui seront proposées aux mots anglais suivants: chat, talk, tuning, buzz et newsletter. Justification du quai d’Orsay, via son porte-parole cette semaine: «Le Français est, avec l'Anglais, la seule langue parlée sur les cinq continents. Cette universalité est un gage de dynamisme et de vivacité. Il est donc essentiel que les centaines de milliers de locuteurs français puissent nourrir le grand laboratoire francophone de leurs innovations linguistiques».
Pourquoi pas. Encore que, au-delà de la dimension symbolique de la chose, l’utilité pratique, concrète et quotidienne de la traduction des anglicismes en français n’est pas flagrante. Ce n’est pas parce que la France a (joliment) rebaptisé les spams en pourriels que les messageries électroniques de ses citoyens sont moins envahies par les messages indésirables.
Surtout, si le gouvernement français trouve utile la chasse aux anglicismes, pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Il aurait pu s’attaquer à une kyrielle d’autres anglicismes que les seuls cinq mots sélectionnés. Dans «Le Monde» d’hier soir, le chroniqueur Robert Solé résumait cela à merveille. «La jeunesse de France saura-t-elle relever ce challenge? Mieux vaut se réunir à quelques-uns pour former un petit think thank, en spamant les mots inadéquats. On établira ensuite une short list, de laquelle émergera naturellement the word. Il faudra l'e-mailer de manière concise (un twitt suffira) aux e-responsables du site indiqué (consulter la homepage) qui la forwarderont au e-jury. Nous comptons, bien sûr, sur celui-ci pour nous donner un feed-back de l'opération. Laquelle, on l'aura compris, n'a d'autre but que de booster le vocabulaire et d'upgrader la langue de Molière».
10:41 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, gouvernement




Commentaires
Pour laisser les chats entre félins, j'emploie volontiers le mot clavardage, je clavarde régulièrement avec une amie à l'étranger, et ce n'est pas au Québec (dont nous vient ce néologisme facile à adopter).
Ensuite, la rumeur et la lettre d'info(rmation) - où est le problème?
Ce concours me semble un bon défi à relever, pour ne pas abandonner les mots français auxquels l'anglais n'ajoute rien à part l'effet de mode (cf. les anglicismes d'Odette de Crécy chez Proust, une manie française qui ne date pas d'aujourd'hui).
Pour ma part, je suis à la recherche d'un mot français pour un "dressing" qui ne sera pas uniquement un vestiaire ni une garde-robe, on m'a suggéré "garde-habits", y a-t-il d'autres suggestions?
Écrit par : Tania | 05.02.2010
Pour le 'chat', il existe déjà quelque chose d'équivalent dans le parler populaire: 'tchatcher'.
Pour 'dressing', on peut aussi utiliser 'penderie'.
Écrit par : Gilles | 09.02.2010
Merci, Gilles, pour "penderie" - je n'y pensais pas.
Écrit par : Tania | 09.02.2010
Ignore-t-on, au quai ("OK") d'Orsay, que les noms de langue ne prennent pas de majuscule?
Écrit par : Morzette | 11.02.2010
Écrire un commentaire