22.02.2010
Un marché
On a déjà beaucoup parlé, la semaine dernière, de cette controverse à propos des burgers halal. Que ce soit à Roubaix, à Argenteuil ou dans les quelques autres villes de France concernées, ces restos Quick «muslim friendly», on va dire, marchent visiblement du tonnerre, a-t-on lu, vu et entendu en boucle dans les médias, ce week-end. Cela se confirme donc: il y a un marché pour ce créneau gastronomico-identitaire. Fin janvier déjà, l'une ou l'autre enquête d’opinion réalisée par l’institut Ifop avait mis le doigt sur l’engouement de la communauté musulmane de France pour ce type de produits.
A en croire Ifop, 59% des personnes issues de familles musulmanes achètent systématiquement de la viande halal. 28% en consomment la plupart du temps ou de temps en temps, et seulement 12% n’ont jamais recours à ces produits. Le succès des produits halal ne concerne pas que la viande: 40% des musulmans consommateurs de cette dernière achètent aussi des plats cuisinés (frais, en conserve ou surgelés), des desserts, des chocolats ou des bonbons halal. Avec une population musulmane française évaluée à quelque 5 millions d’âmes, cela fait au bas mot un marché de plus de 3 millions d’acheteurs et de consommateurs.
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L’achat de viande halal «est très étroitement corrélé à la pratique religieuse». Ainsi, 91% des musulmans fréquentant une mosquée consomment halal. Mais 44% des musulmans non-pratiquants en consommant également, ce qui montre qu’il s’agit d’«une consommation identitaire et pas seulement religieuse». L’Ifop note encore que, «si les consommateurs réguliers de viande halal représentent 71% des membres de la première génération» issue de l’immigration, «cette proportion chute significativement dès la seconde génération (51%)». En clair, «plus on est jeune, moins on consomme halal: l’achat systématique de viande halal diminue quand on descend la pyramide des âges, même si elle est encore légèrement majoritaire chez les plus jeunes».
Conclusion: si en France il y a inconstestablement un marché halal sur lequel le business peut espérer prospérer, une part de ce marché ne doit pas moins être conquise et développée par les industriels de l’agroalimentaire, s’ils veulent que ce secteur reste florissant à l’avenir. Il ne faut évidemment pas chercher autre part les raisons de l’initiative à l’attention de la communauté musulmane lancée par Quick, enseigne très populaire chez les jeunes comme chacun sait. Ce n’est ni de la philanthropie et encore moins de l’islamophilie. C’est du business, de l’investissement en somme.
11:13 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, immigration, gastronomie




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