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01/03/2010

Un décalage

Paris en complet décalage par rapport au reste du pays, ce lundi. C’était frappant ce matin, dans les rues de la capitale. Soleil radieux, ciel azur, douceur des températures, à peine une légère brise, et des grands boulevards beaucoup plus calmes que d’habitude vu la moindre circulation automobile due aux vacances scolaires. Quel contraste, par rapport à ces récits horreurs et scènes d’apocalypse entendus, vus et lus depuis 24 heures dans tous les médias du pays, relatifs à la tempête meurtrière ayant ravagé la façade atlantique ce week-end.

 

Alors, bien sûr, cela a pas mal déménagé à Paris aussi dimanche, sur le coup de 6 heures du matin. Les rafales de vent étaient si impressionnantes, y compris dans les arrondissements centraux, qu’elles ont dû tirer prématurément du lit nombre de Parisiens. Et le vacarme incessant des sirènes des véhicules de pompiers, appelés de tous côtés, n’a pas facilité les choses pour se rendormir. Mais les dégâts, dans la capitale, ont été limités. A la maison, quelques pots de fleurs ont dégringolé des rebords de fenêtre pour s’écraser dix mètres plus bas, sur les pavés de la cour. Au bureau ce matin, on a remarqué que les chaises longues des terrasses avaient été quelque peu malmenées. Dans les rues de notre onzième arrondissement hier, aux aires de stationnement réservées aux deux roues, c’était l’hécatombe: on ne comptait plus les vélos ou scooters ayant vacillé sur la chaussée. Au grand marché qui, chaque dimanche matin, anime le boulevard Richard Lenoir jusqu'à Bastille, il y avait beaucoup moins de monde que d’habitude: nombre de commerçants avaient renoncé à monter leurs stands, de peur que les bourrasques les fassent s’envoler, et avaient préféré retourner se coucher. Et un peu partout sur les grands boulevards évidemment, pas mal de branches arrachées.

 

A l’échelle de la région parisienne, les plus gros embarras dus à la tempête ont été déplorés aux aéroports de Roissy et d’Orly, qui ont subi d'importants retards. Les grands bois de la capitale et de la région (Vincennes, Boulogne, Versailles, etc.), qui peinaient déjà à récupérer de la tempête dévastatrice de l'hiver 1999, ont été encore un peu plus déplumés. Pylônes arrachés, tuiles envolées, panneaux publicitaires déracinés, routes départementales et liaisons de chemin de fer locales perturbées; ce lundi encore, plusieurs milliers d’habitants de la région parisienne sont privés d’électricité.

 

Mais ce matin à Paris, tout cela paraissait très dérisoire par rapport aux ravages de la nature et aux drames humains survenus sur les côtes dévastées de Vendée ou de Charente maritime. Le manque de nature, dans cette capitale si densément construite et peuplée, manque que les Parisiens en temps normal sont si prompts à déplorer, cette fois les a protégés.

10:53 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, météo

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