04.03.2010
Un stress
92 minutes. C’est le temps moyen que l’habitant de la région parisienne passe chaque jour dans les transports en commun. Ce chiffre figure dans la dernière étude réalisée par l’Observatoire régional de la santé au travail, une enquête dont les résultats ont été rendus publics au début de cette semaine. A la question de savoir si, d’une manière générale, les transports en commun qu’ils utilisent pour aller au travail subissents des retards, 69% des voyageurs ont répondu par l’affirmative. On découvre aussi dans cette étude que, pour six sondés sur dix, ces trajets domicile-travail sont une source de désagréments. Des désagréments qui, dans plus de la moitié des cas, influent négativement sur leur vie professionnelle, leur vie privée et/ou leur santé.
Si l’on estime que quelque 8 millions de personnes empruntent chaque jour un transport commun en région parisienne, cela fait pas mal de millions de gens quotidiennement mécontents de la qualité de ce service public et souffrant de ses dysfonctionnements.
Le mois dernier déjà, commentant les résultats d’une étude d’impact, le cabinet privé Technologia, spécialisé dans la prévention des risques professionnels, avait alarmé sur les conséquences de ces transports publics déficients sur le stress au travail. En région parisienne singulièrement, avait-il mis en garde, «la dégradation des conditions de transport est devenue un enjeu de santé pour les salariés», car «elle est à l’origine d’un vrai facteur de stress au travail». D’autant que, souvent, les entreprises, «si elles se soucient de la santé physique (travail à la chaîne) ou psychique (harcèlement) de leurs salariés, n’intègrent pas le fait que des trajets longs et chaotiques pèsent sur leur travail». «Sur certaines lignes, les gens n’en peuvent plus; c’est frappant!», s’était exclamé le patron de Technologia. Qui avait notamment fustigé «l’anarchie» du RER A – 20.000 retards recensés en 2008, pour donner une idée aux lecteurs qui ne prendraient jamais cette ligne.
En temps normal déjà, on se réjouit souvent de vivre et de travailler dans le centre de Paris. A la lecture de ces études encore plus, on se dit que c’est vraiment une chance et un privilège. 92 minutes de stress épargnées chaque jour, cela n’a pas de prix.
10:57 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, social, santé




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