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25.03.2010

Un si vieux débat

NoSarkoDay.jpgSamedi en France, c’est la journée anti-Sarkozy: le «No Sarkozy Day». Elle s’inspire du «No Berlusconi Day» qui, début décembre à Rome, fit descendre dans la rue des centaines de milliers d’Italiens contre leur chef de gouvernement. Les organisateurs de cette journée se présentent comme de «simples citoyens et militants opposés à la politique du gouvernement», «vigilants et inquiets», agissant «en conscience et indépendamment de tout parti ou syndicat». Ils appellent à des manifestations partout en France samedi  – à Paris, ce sera place de la République. Objectif: dénoncer l’«inconséquence politique» du chef de l’Etat, son «échec économique» ou sa «casse sociale».

 

Depuis son lancement, cette Journée fait pas mal de bruit sur le net. Ainsi, la page FaceBook du «No Sarkozy Day» affiche plus de 380 000 membres, ce qui n'est tout de même pas rien. Dont quelques people: l’écrivain Gilles Perrault, l’activiste Susan Georges, le chanteur San Severino, le philosophe Miguel Benasayag ou les humoristes Christophe Alévèque, Didier Porte et Guy Bedos. Sans oublier l’entarteur belge Noël Gaudin. Signe de son succès (succès d’audience, en tout cas), le «No Sarkozy Day» a déjà donné lieu à une réplique: le «No No Sarkozy Day». Riposte émanant non de sarkozystes, mais d’antisarkozystes. Qui n’en sont pas moins opposés à cette journée car, selon eux, «en tant que Président, Nicolas Sarkozy bénéficie de la légitimité des urnes. Il doit rester cinq ans au pouvoir, assumer ses erreurs jusqu’au bout. Le No Sarkozy Day doit avoir lieu le 7 mai 2012, et pas avant».

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas nouveau ce débat, à gauche. Début mai 2007 déjà, au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, la question avait déchiré les anti-sarkozystes. D’un côté: ceux qui invoquaient la légitimité du nouveau Président et trouvaient donc anti-démocratique toute contestation du verdict des urnes. De l’autre côté: les manifestants qui, dans notre onzième arrondissement notamment – si vous voulez vous rafraîchir la mémoire, relire ici ou –, répliquaient que ce n’était pas parce que les Français avaient élu leur nouveau Président que ses opposants étaient obligés, du coup, de la fermer pendant cinq ans.

 

Trois ans plus tard donc, chez les anti-sarkozystes, le débat n'a visiblement pas progressé d’un iota.

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