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30.03.2010

Une vigilance

«Vigilante et mobilisée». Telle est l’attitude de la mairie de Paris face à la dernière mauvaise nouvelle en matière de santé concernant la région parisienne, qui est tombée en fin de campagne électorale et a donc été assez largement éclipsée par elle. On veut parler de la multiplication, ces dernières semaines, de cas de tuberculose dans la capitale ainsi que dans sa banlieue. Ce qui confirme que cette affection, dont on a déjà parlé dans ce blog (exemple ici ), est, comme le rappelle l’Hôtel de Ville, tout sauf «une maladie d'un autre temps ou un fléau de pays lointains». Pour preuve, elle frappe même et y compris en 2010 et au cœur de la capitale de la cinquième puissance économique mondiale.

 

Ainsi, ces dernières semaines à Paris, des cas de tuberculose ont été successivement diagnostiqués dans une école primaire du dix-huitième arrondissement et dans une crèche du dixième. Alors qu’en banlieue, elle a frappé un collège de Clichy sous Bois (nécessitant le dépistage de quelque 800 élèves, encadrants et professeurs), un lycée de Bobigny ainsi que la prison de Villepinte. Du coup, certains à l’UMP envisagent de rétablir la vaccination obligatoire pour les nourrissons et les populations à risques (migrants, précaires, SDF, détenus, etc.), vaccination qui, depuis 2007, n’est plus que fortement recommandée. A leurs yeux, ce retour du BCG obligatoire devrait en tout cas concerner les zones les plus concernées par la maladie: la Seine-Saint-Denis par exemple (banlieue Nord de Paris). C’est le département le plus touché en métropole ; on y recense proportionnellement plus de trois fois plus de cas de tuberculose que dans le reste du pays (32 cas pour 100 000 habitants, contre 9 pour 100 000).

 

La ministre de la Santé, néanmoins, interrogée l’autre jour sur le sujet au Parlement, continue de préférer s’en tenir à «une action ciblée», qu’elle juge «beaucoup plus efficace que la vaccination obligatoire». En effet, «le vaccin contre la tuberculose empêche non la dissémination du bacille, mais les cas graves. Or, précisément en Seine-Saint-Denis, le nombre des cas chez les jeunes enfants a diminué et le nombre des cas graves a été totalement stoppé: nous n’avons enregistré aucun cas de méningite tuberculeuse».

 

Pour autant, comme la mairie de Paris, l’Institut de veille sanitaire n’en plaide pas moins pour la vigilance dans ce dossier. Ainsi, dans son dernier rapport sur la question, il vient d’expressément inviter à «poursuivre les efforts en matière de surveillance et de lutte» contre la tuberculose. Et, par exemple, a jugé «prioritaire» un «renforcement de la communication auprès des médecins vaccinateurs, sur l’importance de la vaccination des enfants à risque élevé».

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