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01/04/2010

Une précarité

Le maire de Paris traîné devant un tribunal, qui plus est par des agents de la ville. Hier après-midi, 137 vigiles, affectés à la surveillance de bâtiments administratifs dans la capitale, ont annoncé avoir porté plainte contre Bertrand Delanoë devant le tribunal administratif. Outre des dommages et intérêts, ils lui réclament la bagatelle d’un million d'euros pour une histoire de non-paiement de primes salariales. Anecdotique? Ce n’est pas la première fois que la capitale connaît des conflits sociaux motivés par la colère de salariés (du public comme du privé) revendiquant soit des hausses de leur salaire qu’ils considèrent comme de misère, soit des améliorations a priori basiques de leurs conditions de travail. Et cela en dit long sur la précarisation d’un certain salariat dans la Ville lumière, au-delà du cliché paillettes qui est souvent accolé à celle-ci. Rapide tour d’horizon de quelques mouvements sociaux de cet ordre.

 

On en avait parlé à l’époque (relire ici, par exemple): des employés de Cyclocity, la filiale du groupe Decaux gérant Velib, ont dû en arriver à faire grève pour simplement obtenir des locaux pourvus de sanitaires ou des équipements corrects (gilets de sécurité, sac à dos costauds pour transporter leur matériel de réparation des vélos, etc.).

 

Plus récemment, on a vu des cuisinières scolaires, chargées de préparer les repas pour les gosses déjeunant à la cantine de leur école, descendre dans la rue et y brandir des pancartes dénonçant leur sort salarial. Certaines de ces contractuelles (donc non titularisées), employées à temps partiel évidemment contraint, gagnaient à peine… 300€ par mois.

 

Plus médiatisé, car relatif à un lieu emblématique de la capitale, un mouvement concernant des vigiles a déjà touché, il n’y a pas si longtemps, la tour Eiffel. Ces agents de sécurité réclamaient par exemple des tenues chaudes pour l’hiver: blousons, bonnets, etc. Ou des vestiaires séparés pour les femmes et pour les hommes – à l’époque, les employés des deux sexes devaient se changer dans un seul et même local mis à leur disposition par leur employeur, sur le Champ de Mars. Ils demandaient aussi des temps de pause allongés: «On travaille debout et dehors pendant sept heures et demie, avec seulement une demi-heure de pause par jour», avait témoigné, à l’époque, un de ces vigiles. Qui réclamait aussi un coup de pouce salarial: il disait gagner 1150€ par mois.

 

Depuis, ces agents de sécurité ont globalement obtenu satisfaction. Et n’ont donc pas eu besoin, comme à présent leurs collègues travaillant pour la ville de Paris, de traîner leur employeur devant un tribunal. Ce qui n’empêche évidemment pas que l’on compte toujours d’innombrables Parisiens, travailleurs précaires, n’ayant d’autre choix que de devoir (essayer de sur)vivre dans cette ville avec des salaires mensuels autour de 1150€, voire moins parfois. Vu le coût de la vie souvent affolant ici, on s’est d’ailleurs toujours demandé comment ils faisaient.

 

C’était la note non-glamour de la semaine. C’est cela aussi, Paris.

Commentaires

...Et Rachida Dati, mairesse du 7ème, réduite désormais à se trimballer, sans cerbères, dans une glauque Laguna municipale (De nase), ou une gadgetesque Prius (De nase écolo !), c'est pas le vrai drame du moment, ça ?...

Écrit par : CP | 01/04/2010

Tant que les Francais ne comprendront pas que leur pouvoir d'achat disparait dans les charges sociales patronales et salariales ...

Écrit par : Le Parisien Liberal | 08/04/2010

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