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06/04/2010

Un choix

La nouvelle a été confirmée ce week-end. C’est le fameux bureau d’architecture japonais Sanaa qui a été choisi pour restructurer un immense paquebot parisien à l’abandon: La Samaritaine, ce célèbre grand magasin vide depuis sa fermeture en 2005, et dont le projet de transformation fait débat depuis des années dans la capitale (relire ici ou ). Cette agence  est internationalement reconnue; elle vient d’ailleurs de recevoir le Prix Pritzker, considéré comme le Nobel de l’architecture. Ces bâtisseurs seront d’autant plus attendus au tournant sur ce projet que, jusqu’à présent, rares sont les architectes de leur trempe internationale à s’être risqués et illustrés à Paris, dont la réglementation urbanistique et patrimoniale – à l’inverse de celle de Londres, par exemple – permet peu les prouesses architecturales.

 

Un choix a priori intéressant donc, voire prometteur. Mais qui ne va pas régler à lui seul tous les problèmes urbanistiques que la restructuration de La Sama ne manquera pas de poser. Il y a donc fort à parier que, d’ici à l’achèvement du chantier (fin 2013, au plus tôt), cela va encore pas mal tempêter, dans ce quartier.

 

Depuis un petit temps, en effet, les associations de défense du patrimoine (ici, par exemple) s’inquiètent. En jeu, l’avenir non du visage le plus connu de La Sama (l’emblématique immeuble Art Déco donnant sur la Seine, qui est classé), mais celui des édifices du grand magasin situés rue de Rivoli et dans les rues adjacentes. A cet endroit, les maîtres d'oeuvre du projet «ne s’interdisent aucun geste architectural», a déjà publiquement averti le directeur général de La Samaritaine. «Ces immeubles n’ont aucun intérêt architectural», a décrété, dans la foulée, sa directrice du patrimoine immobilier.

 

De passage rue de Rivoli ce week-end, et après avoir jeté un œil à ces bâtiments, on n’était pas trop sûr d’être d’office et à 100% d’accord avec ce constat en forme de condamnation. Il n’y a là rien d’architecturalement spectaculaire, en effet. Mais, tout de même, à notre humble avis, des façades assez typiquement parisiennes et s’inscrivant plutôt bien dans une perspective d’ensemble qui, depuis si longtemps, structure cette partie du boulevard. Le «façadisme» étant toujours la pire des solutions, le maintien de ces immeubles en l’état étant, paraît-il, techniquement très ardu, on est déjà assez curieux de voir la solution que ces brillants architectes japonais proposeront au quartier.

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