Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

14/04/2010

Un (joli) fouillis

L’actualité environnementale du jour dans la capitale, c’est l’annonce ce matin par Bertrand Delanoë de sa décision d’interdire ou non la circulation automobile sur les voies sur berges: les voies qui longent la Seine en contrebas des quais. Le maire de Paris, coincé entre les exigences de la préfecture de police (qui refuse que les voitures soient totalement interdites à cet endroit) et de ses alliés Verts (qui rêvent qu’il soit transformé en «Paris Plages» toute l’année), en sera sans doute réduit à un compromis peu lisible – si ce n’est pas le cas, ce blog y reviendra. En attendant, intéressons-nous à une initiative lancée hier dans le cadre de l’Année de la Biodiversité. Cette Année dont on avait déjà parlé l’autre jour, à la faveur du projet de végétaliser les voies du tram de Paris non plus avec du gazon mais avec des herbes de Provence (relire ici).

 

Là, prévenons illico, on tombe tellement dans le registre bucolique, léger et ultra-consensuel, limite guimauve tartouille, qu’on se croirait moins à Paris qu’au pays de Candy – «Candy Candy, jolie petite fille aux yeux clairs.Une frimousse qu'un grand sourire éclaire. Quand la nuit se fait câline. Le gentil prince des collines», etc, etc. Il s’agit, en effet, de donner des graines aux Parisiens pour qu’ils puissent semer marguerites, coquelicots et vipérines aux quatre vents, faire fleurir un peu partout trèfle, camomille ou millepertuis – quand on vous disait que c’était le pays de Candy.

 

«Parce que c’est beau, une rue pleine de fleurs des champs», argumente «Laissons pousser», l’association derrière ce projet. Parce que «en plantant des espèces sauvages sur un rebord de fenêtres, un balcon, une terrasse, dans un jardin partagé ou éventuellement au pied d’un arbre, chacun peut enrichir la flore urbaine, et le maillage de fleurs ainsi créé permet aux insectes butineurs de se développer», ajoute la mairie. Parce que la dispersion de ces fleurs sauvages et graminées dans la capitale permet d’y recréer un fouillis végétal de bon aloi, alors que les parcs et squares sont colonisés par des spécialités horticoles faites sur mesure ou par des espèces végétales exotiques. Parce que, à l’heure où les villes essaient de se passer de produits phytosanitaires souvent si toxiques pour l’environnement, elles n’ont d’autre choix que de «réhabituer les habitants à voir des mauvaises herbes pousser au bord des trottoirs et dans les parcs».


L’éradication systématique voire obsessionnelle des mauvaises herbes nous ayant toujours semblé être le volet le moins sympathique du jardinage – on est tous la mauvaise herbe de quelqu’un –, on applaudit des deux mains.

Commentaires

"On est tous la mauvaise herbe de quelqu'un".
Que c'est bien dit, en plus. J'en fais mon dicton du jour!

Écrit par : morzette | 14/04/2010

Wéééééé ! Super Delanoëland ! Y aurait des pistes de skate, et tous les 200 mètres, des distributeurs de préservatifs, parfumés à la méthadone...

Je propose que les habitants d'Orly ou de Roissy, qui vont subir un surcroit d'embouteillages à cause de ce Paris toujours plus étanche à la banlieue laborieuse, transforment leur aéroport respectif, fort utilisés par les bobos parisiens, en champs de luzernes (bio) et que l'on en chasse les avions polluants et bruyants...

Ca serait beau une France où chacun privatiserait l'espace public selon son petit confort à lui, plus de pylônes 225 Kv à Champlan ou Chevilly-Larue, d'usines d'ordures (parisiennes) à Issy ou Ivry, la belle vie, quouâ...

Écrit par : CP | 14/04/2010

Les commentaires sont fermés.