20/04/2010
Une honte?
Après un égarement hier, actualité du week-end oblige, dans les nuages d’altitude rendus inaccessibles par ces satanées cendres volcaniques, retour aujourd’hui au ras du bitume de Paris. Paris et sa mauvaise image chronique. Celle d’une grande ville peuplée de citadins invariablement perçus comme prétentieux, râleurs, hystériques et/ou bobos. Cette image, au fil des ans, n’a pas l’air de s’arranger. Le ministère de l'Intérieur vient à nouveau de le constater, en analysant les données fournies depuis l’entrée en vigueur du nouveau système d’immatriculation des véhicules. Pour rappel, l’automobiliste français est désormais libre de choisir à sa guise le numéro d’indentification du département qui figure sur sa plaque minéralogique. Or, les statistiques du ministère indiquent que le fameux chiffre 75 n'y a décidément plus la cote.
Sur les quelque 7 millions de véhicules enregistrés en vertu de ce nouveau dispositif, les numéros de département qui font un tabac sont le 59 (Nord), le 13 (Bouches-du-Rhône), le 69 (Rhône), le 33 (Gironde) ou le 76 (Seine-Maritime). En revanche, particulièrement boudés par les automobilistes, ces derniers mois, ont été deux départements de banlieue parisienne à l’image très figée. A savoir le 93 (la Seine-Saint-Denis, l’un des plus pauvres de France) et le 92 (les richissimes Hauts-de-Seine). Mais le pompon national du désamour revient à notre cher 75, à Paris donc. Au point que, désormais, deux tiers des véhicules vendus dans la capitale française finissent sur les routes avec une plaque d’immatriculation se référant à un autre département.
Les automobilistes parisiens auraient-ils honte de leur département de domicile?
Sans doute faut-il nuancer. Nombre de conducteurs parisiens ayant choisi une plaque mentionnant un autre département ont pu ce faire non par honte de leur lieu de domicile, mais simplement par attachement affectif à leur région d’origine – étant entendu que relativement peu nombreux sont les Parisiens véritablement de souche, à savoir installés depuis plusieurs générations dans la capitale. Mais pas mal de ces Parisiens n’assumant pas leur 75 doivent tout de même avoir fait ce choix par lassitude. Lassitude de subir les récriminations et autres quolibets des automobilistes dès le périphérique franchi, et a fortiori à l’étranger.
Etre fier de ce que l’on est, s’assumer dans la vie, va-t-il jusqu’au "coming out", si l’on ose dire, puis à la revendication de son identité minéralogique? Ou, dans ce cas, l’humilité et la discrétion sont-ils de bon aloi, les automobilistes parisiens ayant souvent la réputation d’être d'assez mauvais conducteurs? On laissera à nos lecteurs parisiens et automobilistes le soin de répondre éventuellement à ces questions si existentielles. Vu que nous, la veille de s'installer à Paris, on a revendu la voiture et, depuis donc, on n'est plus motorisé – jamais d'ailleurs on ne l'a regretté.
11:02 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, voitures, régions




Commentaires
Une precision, par rapport a "le 93 (la Seine-Saint-Denis, l’un des plus pauvres de France) et le 92 (les richissimes Hauts-de-Seine). "
Regardons le site de l'INSEE http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=99&ref_id=CMRSOS08119
Que voyons nous ?
Département PIB en mln PIB par hab PIB par emploi
Paris 164 214 75 439 99 799
Seine-et-Marne 29 755 23 480 68 171
Hauts-de-Seine 111 975 73 277 129 233
Seine-Saint-Denis 40 676 27 420 74 944
Val-de-Marne 37 816 29 250 74 113
Val-d'Oise 29 705 25 765 69 607
En euros
La Seine Saint Denis n'est pas un département pauvre en valeur absolue et son PIB par habitant est certes bas mais superieur a celui constaté dans la rurale Seine et Marne (77) ou dans le semi urbain Val d'Oise (95). Et les emplois du 93 ne sont pas sous qualifiés.
Simplement, avec 1.4 millions d'hab, le 93 a plus d'habitants que le 77 (1.2) ou le 95 (1.1) d'ou un PIB / bah plus faible, ceci etant accentue par la densite du tissu urbain.
Pour infos, le 93 c'eest aussi Plaine de France, l'une des zones les plus dynamiques d'Ile de France, ou Roissy Charles de Gaulle en partie, sans oublier la zone commerciale et logistique Aulnay Garonor ou le Stade de France.
Écrit par : Le Parisien Liberal | 20/04/2010
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