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28/04/2010

Un «favoritisme»

Gros succès médiatique pour la méga-descente de tracteurs sur Paris, hier. Un indéniable succès public, aussi. On l’a vu y compris le long des grands boulevards de notre onzième arrondissement: les Parisiens, fréquemment, ont accueilli avec des applaudissements et des encouragements les milliers de céréaliers venus défiler dans la capitale. Le caractère si visuel de leur démonstration de force a aussi plu, ici. Ainsi, on a vu des gamins se faire prendre en photos, très excités devant des tracteurs dont les roues étaient aussi grandes qu’eux.

 

Cela dit, toute la corporation agricole n’était pas dans la rue. Témoins, ces récriminations entendues hier dans la bouche d’un responsable de la Confédération paysanne. Ce syndicat minoritaire, nettement moins proche du pouvoir que la FNSEA – le syndicat majoritaire, organisateur de la journée d’hier, et lui plutôt à droite –, n’a pas défilé. Il soupçonne les grands céréaliers de vouloir continuer à bénéficier sans distinction de leur rente de situation. Alors que la Confédération, elle, plaide pour une redistribution des aides au secteur en fonction de critères comme les particularités régionales ou les efforts faits en matière environnementale.

 

Hier, les amis de José Bové, jadis figure de proue de la Confédération, ont même fustigé le «favoritisme» dont bénéficerait la FNSEA, de la part des forces de l’ordre. Plus d’un millier des tracteurs de ce syndicat ont reçu l’autorisation de défiler dans Paris. Alors que, lors d’un précédent coup médiatique, la Confédération, elle, avait dû redoubler de ruses et de stratagèmes (recours à une bétonnière, etc.) pour déjouer la surveillance des autorités et parvenir à symboliquement positionner un seul et unique tracteur sous la Tour Eiffel. «C’est clairement la règle du deux poids, deux mesures», dénonçait hier un syndicaliste de la Confédération.

 

Plutôt que de voir leurs tracteurs autorisés eux aussi à défiler sur les grands boulevards de la Ville Lumière, les amis de José Bové doivent se contenter de gestes symboliques. Ainsi, c’est sans le moindre problème que, dernièrement, la préfecture de police de Paris a accepté leurs distributions gratuites de produits laitiers aux habitants, place de la République notamment. Et, il n’y a pas si longtemps, l’alors secrétaire d’Etat à l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, avait claqué la bise à José Bové devant une nuée de caméras, à la sortie de négociations ministérielles. A l’époque, d’ailleurs, cette marque publique d’affection ministérielle envers un faucheur d’OGM multirécidiviste n’avait pas été appréciée à l’UMP. Et depuis, Nathalie Kosciusko-Morizet a été mutée: elle n’est plus que secrétaire d'Etat en charge «de la prospective et du développement de l'économie numérique». Assurément un secteur politique moins sensible que l’agriculture.

Commentaires

Suggestion à la Confédération : faire défiler ses tracteurs non pas à Paris, mais au Mans précité. De préférence juste avant une course, par exemple!

Écrit par : Morzette | 28/04/2010

NB : relativiser le succes populaire et mediatique a l'aune de la conjonction vacances scolaires + grand soleil

Écrit par : Le Parisien Liberal | 28/04/2010

Il est possible aussi que le côte contestataire , agressif et néo baba de la Confédération Paysanne agace;
Les tracteurs de l'autre jour ont défilé, ils n'ont pas détruit, et ils n'en n'ont pas profité pour faire du militantisme pour la Palestine, par exemple; Alors que Bové, c'est vraiment l'"alter machin" dans toute sa splendeur.

Écrit par : thalyssette | 29/04/2010

Question à Thalyssette: la CP "agace" : qui? Le pouvoir? Ben c'est le but me semble-t-il, non?

Écrit par : Morzette | 30/04/2010

Les commentaires sont fermés.