29.04.2010
Une insatisfaction
Ce mois-ci, les aéroports ont occupé la Une de l’actualité européenne, des centaines de milliers de voyageurs ayant été contraints d’y camper à la suite de la paralysie du trafic aérien. A Paris, les deux grands aéroports commerciaux, Roissy et Orly, ont eux aussi accueilli nombre de ces infortunés passagers. Mais pas sûr que ces derniers aient apprécié leur séjour. Ces deux plateformes, en effet, viennent à nouveau de se distinguer négativement dans une enquête de satisfaction.
Pour rappel, l’automne dernier déjà (relire ici), un site internet de voyages canadien avait décerné à Roissy-Charles de Gaulle le titre de pire aéroport du monde. Lui étaient notamment reprochés son état de propreté très perfectible, l’inconfort de ses salles d’attente ou la compétence relative du personnel chargé de renseigner les usagers. Cette fois, c’est l’Union française des consommateurs (UFC) qui vient de taper sur le clou. Comme d’autres associations européennes de consommateurs, elle a soumis soixante aéroports et compagnies aériennes du vieux continent à une enquête de satisfaction, réalisée auprès de voyageurs de cinq pays: France, Belgique, Espagne, Italie et Portugal. Les résultats de ce test comparatif ne sont accessibles en ligne qu’aux abonnés de l’UFC, mais on peut vous dire qu’en gros, ils sont mauvais pour Roissy et Orly.
Ces deux aérogares, en effet, arrivent en queue de ce classement européen. Orly s’en sort relativement mieux que Roissy, même si la vétusté de cet aéroport a souvent été notée par ses usagers. En revanche, Charles de Gaulle est étrillé par les participants au test comparatif. C’est surtout la conception de CDG qui est en cause. Au fil des chantiers de modernisation qui y ont été menés ces dernières années, il s’est beaucoup étendu. Du coup, ses usagers le jugent peu lisible et peu fluide. Dans cette infrastructure très vaste et éclatée en de nombreux terminaux, ils ont des difficultés à s’y retrouver. Ils regrettent de devoir souvent longuement cheminer avant de parvenir à leurs points de destination: salles d’embarquement, guichets d’enregistrement, comptoirs de compagnies aériennes ou autres lieux de stationnement des navettes à destination de la capitale. Reproche final mais non des moindres: l’accès à CDG depuis Paris est jugé peu efficace; voici à nouveau les problèmes des taxis chers et du réseau de RER laborieux.
Voilà donc un énième mauvais bulletin accordé au deuxième plus gros aéroport européen. «Le pari de la qualité est naturellement plus difficile à tenir pour les plateformes les plus fréquentées» par rapport aux aéroports moinsbondés, reconnaît l’UFC. Qui note tout de même que quelques-uns parmi ces plus grands aéroports, Francfort par exemple, parviennent, eux, à remporter ce pari de la qualité.
PS : A noter que, plutôt que de s’appesantir sur les résultats de ce test comparatif, la société Aéroports de Paris (ADP) a préféré communiquer sur la vente record réalisée l’autre jour dans une des boutiques de CDG. Où «une passagère a dépensé en quelques minutes près de 30 000 euros», en achetant notamment une bouteille de Romanée Conti 1986 mise à prix à 25 000 euros. C’est évidemment un sujet plus glamour que les vulgaires problèmes de RER.
13:03 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, tourisme, economie




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