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10/05/2010

Un revirement

C'est un fameux revirement du gouvernement, et il a été officialisé la semaine dernière au Parlement. Il concerne l'aéroport de Roissy, et plus particulièrement sa desserte par les taxis. Il y a trois mois, la majorité avait cassé le monopole bénéficiant aux taxis parisiens. Dorénavant, au nom de la libre concurrence, tous les taxis, et plus seulement ceux de la capitale, seraient autorisés à prendre en charge des passagers à Roissy-CDG. La semaine dernière, revirement à 180 degrés: le Parlement vient de réinstaurer ce monopole.

 

Selon le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, la suppression du monopole, finalement, ne ferait «pas baisser les prix». Car, à CDG, «les taxis sont déjà en concurrence avec d’autres modes de transport – motos taxis, navettes, etc.» Et cette concurrence exacerbée «attirerait encore plus de taxis à Roissy, où ils sont déjà en surabondance»: appâtés par la manne financière que représentent, pour les sociétés de taxi, les 60 millions d'usagers annuels de cette plateforme. Ce que veut désormais l'Etat, c'est «que les taxis ne soient pas scotchés du matin au soir devant les files d’attente des aéroports, mais soient dans les communes». L'objectif premier étant de «relocaliser les véhicules dans Paris intra muros».

 

Où les taxis sont encore très peu présents. Comme l'a noté, lors des débats dans l'hémicycle, la députée UMP Françoise de Panafieu, «les étrangers qui se rendent à Paris sont toujours étonnés de la différence avec certaines villes comme New York et Londres notamment. Dans la capitale, depuis des années, il est impossible à certaines heures de trouver un taxi disponible quand il suffit, à l’étranger, de lever la main pour qu’un taxi s’arrête devant vous dans les deux minutes». L'an dernier, pour inciter les taxis parisiens à travailler pas seulement à Roissy mais aussi à Paris, un test de circulation avait été tenté (relire ici), qui avait réservé aux taxis une voie spécifique de l’autoroute A1 jusqu'à la capitale. Mais, de l'aveu de la mairie, cela a créé «des embouteillages gigantesques» et donc un afflux à l'Hôtel de ville de plaintes de résidents parisiens, exaspérés de «subir des retards dans leurs déplacements domicile-travail».

 

Résultat, une sérieuse «remise à plat» du système est jugée plus que jamais nécessaire. Le ministre de l'Intérieur – seul compétent avec la préfecture de police de Paris dans ce domaine – semble lui-même l'avoir compris. Pour preuve, il vient de proposer la mise en place d’un groupe de travail sur ce dossier, réunissant, outre ses agents, des représentants des Transports, de la société Aéroports de Paris et de la mairie. Le but? Trouver «une solution plus équilibrée», en associant enfin tous les acteurs concernés. Il est temps, à l'approche des vacances d'été, et donc de l'afflux encore plus massif d'usagers à Roissy.

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