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14/05/2010

Une apparition

Une disparition. On a beaucoup parlé d'une disparition ces dernières vingt-quatre heures à Paris. De la disparition des centaines de cadenas que, depuis des mois, des couples d'amoureux du monde entier avaient pris l'habitude de venir accrocher aux rambardes du Pont des Arts. Les clés de ces cadenas jetées dans les flots de la Seine, ces amours ainsi cadenassés étaient supposés demeurer éternels. Qui donc a osé commettre ce crime de lèse-romantisme? La mairie avait fait savoir, dernièrement, qu'elle n'était pas trop d'accord avec ce cadenassage jugé peu respectueux du patrimoine. Mais elle a vigoureusement démenti avoir été à l'origine de cet enlèvement, qui n'a pas davantage été revendiqué par la préfecture de police. Le mystère reste donc entier, sur le Pont des Arts.

Parlant d'amour, on a moins été intéressé par cette disparition que par une apparition. Une apparition sur le marché français en tout cas, où, mais peut-être cela nous avait-il échappé, on n'avait jamais entendu parler de cela auparavant. Un produit qui s'adresse aux «amoureux du monde entier» et donc aux Français aussi, qui vivent sur leur réputation (justifiée?) de meilleurs amants du monde.

C'est le journal gratuit 20 Minutes qui a débusqué ce concept (ici) en marge de la «Quinzaine du commerce équitable», qui bat son plein en ce moment à Paris. Ce sont des... préservatifs équitables! Ils sont baptisés «French letter», par allusion sans doute au fameux «french kiss». «Fabriqués à partir de latex équitable issu de plantations certifiées FSC (Forestry Stewardship Council) qui garantit une gestion raisonnée des exploitations», ces préservatifs, en outre, ne contiennent «aucun ingrédient d’origine animale et sont donc adaptés aux végétariens». Mais «c’est pas une raison pour les manger», croient bon de préciser les confrères ha ha ha.

Des préservatifs équitables. On aura décidément tout vu, dans ce monde ecolo friendly dans lequel nous vivons désormais. Le slogan de la société britannique qui commercialise cette invention décoiffante? «Make love, not wage slaves». Ou, encore mieux: «Free love, fair trade & safe sex». Qui sait un bon programme pour ce mois de mai si automnal qui, à Paris aussi, donnerait plutôt envie de rester sous la couette.

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