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27/05/2010

Un rappel

Des perturbations sont possibles dans les chemins de fer en France ce jeudi, (énième) jour de mobilisation syndicale interprofessionnelle contre la prochaine réforme des retraites. Parlant des trains et plus spécialement de ceux circulant en région parisienne, la SNCF vient, en douceur, d'effectuer un fameux revirement. Fin de l'année dernière (relire ici), elle avait annoncé la disparition programmée des «petits gris»: ces rames en inox mises en service il y a plus de 40 ans, dont la physionomie était devenue très familière aux habitants de la capitale française et de sa banlieue. Quelques mois plus tard, changement de cap: les chemins de fer viennent de ... procéder au rappel en grand nombre de «petits gris» qui avaient déjà été déclassés.

 

Ces vieilles rames désormais opèrent à nouveau sur la ligne D du RER. La SNCF, en effet, n'a eu d'autre choix que de les remettre massivement en circulation, y compris aux heures de pointe. En cause, le flux tendu sur cette ligne, dont la fréquentation croît chaque année de 3 à 4%. Et l'immobilisation plus longue que prévue, dans les ateliers de maintenance, de nombreux trains plus récents. Dans ces conditions, le renvoi au dépôt de ces «petits gris» rappelés en catastrophe n'est pas attendu avant plusieurs semaines.

 

Au passage, le grand patron de la SNCF vient de faire son mea culpa à propos du plan d'urgence de 100 millions d'euros qui avait été engagé il y a deux ans au profit de ce RER D. «Cet investissement vient de se terminer. Il y a du bon et du moins bon», a reconnu Guillaume Pépy. «Le bon, c'est l'amélioration de l'information des voyageurs, du confort et un certain progrès dans la régularité: les retards ont baissé de 20%. Le moins bon, c'est qu'on n'a pas atteint l'objectif d'une réduction des retards d'un tiers. Aujourd'hui, les retards sont de l'ordre de 14%. Ils étaient de 18% auparavant. Il faudrait que l'on soit dans la zone des 10%». Mais, a averti le PDG des chemins de fer, pour atteindre ce niveau qualitatif, «il faudra plusieurs années» encore.

 

Faute avouée est à moitié pardonnée, se diront (peut-être) les banlieusards qui, les jours de grève comme les jours sans grève, ont l'habitude de poireauter sur les quais du RER D. En attendant, le syndicat des transports de la Région parisienne a annoncé hier un (énième) relèvement des tarifs, qui entrera en vigueur en juillet. La hausse moyenne sera de 3,9%, soit largement plus que l'inflation. Il est décidément des hasards de calendrier qui sont fâcheux.

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