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15/06/2010

Un combat

metroDUROCK.jpgC'est l'été à Paris. Même si ce n'est pas flagrant d'un point de vue météorologique, il y a des signes qui ne trompent pas. Ainsi, a-t-on aperçu l'autre jour, la station de métro «Duroc» a été temporairement rebaptisée «Durock» et décorée, sur tous ses panneaux publicitaires en 4×3, de photos et d'affiches de groupes musicaux. Un rhabillage à l'occasion du festival «Rock en Seine».

Le lancement de la saison des grands festivals musicaux en plein air, c'est, en région parisienne comme ailleurs, le signal par excellence du début de l'été. Cette année encore, du reste, les Parisiens amateurs de rock vont se prendre la tête pour faire un choix. En effet, les deux grands festivals du début de la saison, qui tous les ans attirent chacun des dizaines de milliers de spectateurs, auront lieu le même dernier week-end de juin. Et, entre eux, ce sera le choc des titans. D'un côté, «Rock en Seine» donc, au domaine de Saint-Cloud, avec à l'affiche Stereophonics, LCD Soundsystem, The Kooks, Massive Attack, Eels ou Roxy Music. De l'autre côté «Solidays», à l’Hippodrome de Longchamp, avec Pony Pony Run Run, M, Olivia Ruiz, Ginzhu, les BB Brunes ou Vanessa Paradis.

Parlant de festivals de rock, certains ne sont pas appréciés par un certain public. L'a encore rappelé hier l'actualité judiciaire. Qui, devant le tribunal de grande instance de Nantes (Loire-Atlantique), a vu s'opposer la Confédération nationale des associations familiales catholiques de France (CNAFC) et les organisateurs du prochain festival de rock heavy metal «Hellfest».

homersimpsonnevertoooldtorock.jpgDébut avril déjà, les alliés les plus conservateurs de Nicolas Sarkozy (Christine Boutin, Philippe de Villiers, etc.) avaient protesté en vain, à l'Assemblée, contre la tenue de ce «festival sataniste» et contre son subventionnement par les pouvoirs publics. Car cette manifestation selon eux «promeut et véhicule la culture de mort». Et est dédié à une musique à même d'«influencer négativement des jeunes en fragilités psychologiques, au point de les amener à poser des actes graves et violents». Dans la foulée, l'association catholique voulait que les organisateurs d'«Hellfest» soient contraints par la justice à leur communiquer les textes des chansons qu'interpréteront les 114 artistes attendus à ce festival. A ses yeux, en effet, en présence d'un tel type de rock, le «principe de précaution» est de mise. Et celui-ci exige «de protéger en particulier les populations les plus fragiles» contre «toute atteinte aux intérêts spirituels, moraux et matériels des familles». Hier, toutefois, le tribunal a débouté l’association de ses demandes, qui selon lui auraient pu porter atteinte à la liberté d’expression.

Dans sa lutte contre le heavy metal, donc, le lobby catholique a jusqu'à présent été vaincu en France, sur les plans tant politique que judiciaire. Reste à voir si, dans ce cas, il s'agit là aussi d'un choc des titans ou plutôt d'un combat d'arrière-gardes.

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