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18/06/2010

Un appel ou l'autre

L'«appel du 18 juin» il y a 70 ans jour pour jour, ce vendredi. Pas mal de cérémonies sont prévues pour la commémoration du mémorable appel radiophonique lancé par de Gaulle depuis Londres. Moins historique, beaucoup moins consensuel, voire volontiers provocateur dans sa dénomination, en France ce vendredi, comme chaque 18 juin, sera aussi relancé l'appel du... «18 joint» (ici). Rien à voir et donc à ne pas confondre. Cet appel-là, en effet, prône l'abrogation de la loi de 1970 pénalisant la consommation et la détention de stupéfiants. Abrogation car, selon les signataires de cet appel, «il est temps d’en finir avec une loi qui privilégie la politique de la matraque aux dépens de la prévention et de l’éducation». Et temps d'en finir avec «une loi  inappliquée et inapplicable, bafouée par des centaines de milliers de citoyens tous les jours».

 

Parlant du cannabis, et au-delà de ce plaidoyer en faveur de l'autorisation de son usage, disons, récréatif, a resurgi ces derniers temps en France le débat sur une éventuelle légalisation de l'utilisation thérapeutique de cette substance. C'est un appel que lancent en vain, et depuis longtemps, des associations de malades. Qui, s'appuyant sur de nombreux témoignages (ici, par exemple) et expériences étrangères, assurent que le cannabis peut très utilement être utilisé pour soulager des patients d'affections ou d'effets secondaires de leurs traitements, contre lesquels les remèdes traditionnels ne peuvent rien.

 

La France, cependant, freine des quatre fers. Dans son dernier avis en date, l'Académie de médecine a encore réitéré son refus de toute utilisation thérapeutique du cannabis. Selon elle, «ce qui qualifie un médicament est son rapport bénéfice/risque établi par l’analyse des bienfaits que pourra en retirer le patient, comparés aux risques d’effets secondaires et de toxicité». Or, d'après l'Académie, s’agissant du cannabis, «les effets pharmacologiques sont d’une intensité modeste, alors que les effets secondaires sont nombreux et très souvent adverses»: de la «perturbation de la mémoire» aux «artérites pancréatiques» en passant par l'«aggravation de la schizophrénie», l'«incitation à la consommation d’autres drogues» ou les «cancers broncho-pulmonaires».

 

frontonacademiemedecine.jpgMais nombre de pays autorisent l'usage thérapeutique du cannabis. Du coup, la position française est-elle, comme l'a dénoncé cette semaine une lettre ouverte«moralisatrice» et «archaïque»? Ou, scientifiquement et médicalement, est-ce la France qui a raison? Et, dans ce cas, les autorités sanitaires et politiques des pays, pourtant civilisés, autorisant l'usage médical du THC sont-elles incompétentes, voire irresponsables?

 

Il ne serait pas inintéressant d'entendre la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, sur la question. Mais vu qu'elle est également ministre des Sports et qu'en plus, elle est fan de foot, elle doit avoir d'autres sujets de préoccupation, «mondiaux», en ce moment. Depuis le match d'hier soir et le fiasco des Bleus, singulièrement. On a les priorités que l'on se donne.

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