22.06.2010
Un tintamarre
La Fête de la Musique hier, à Paris comme ailleurs. Comme chaque 21 juin, on est allé y faire un tour en soirée, sans cette fois y passer des heures vu la météo si peu estivale. On y est resté cependant assez longtemps pour constater qu'une fois encore, on jouait et on entendait vraiment un peu de tout dans les rues – un peu n'importe quoi aussi, parfois: c'est le principe de cette festivité – et que, globalement, résonnait dans Paris un tintamarre réjouissant. Et assez assourdissant. Une fois encore donc, on s'est réjoui du privilège que l'on a, tout en habitant dans ce quartier Bastille si animé et donc bruyant, de vivre dans un endroit très calme. La nuit dernière donc, on n'a pas eu besoin de bouchons d'oreilles pour fermer l'oeil.
Ce qui, vu le niveau sonore ambiant, n'a pas dû être le cas de nombre de Parisiens. Pour qui, Fête de la Musique ou pas, le bruit constitue une réelle nuisance au quotidien. C'est d'ailleurs un des facteurs majeurs à l'origine de la difficile cohabitation entre fêtards et riverains. Depuis le lancement cet automne de la pétition contre «La nuit se meurt en silence», on semble avoir assez peu progressé dans la recherche de solutions concrètes pour améliorer cette âpre coexistence. Deux idées, toutefois, ont émergé. Premièrement: l'installation de sonomètres visuels dans les rues les plus animées de la capitale le soir – parmi lesquelles notre bonne vieille, et désormais si festive, rue Amelot, dans notre onzième arrondissement. Ces sonomètres visuels vireraient à un rouge vif et très voyant quand le niveau sonore dans la rue dépasserait les 80 décibels. Ce qui, espèrent (naïvement?) ceux à l'origine de ce projet, inciterait les fêtards, du coup avertis, à baisser le ton. Deuxième idée: la création d'«un service de médiation nocturne» à la Ville de Paris, qui irait à la rencontre des riverains les soirs où ils n'en peuvent plus du tapage nocturne. On sait assez, en effet, combien la police – qui, à Paris comme ailleurs, a d'autres chats à fouetter la nuit – intervient peu quand elle est saisie de plaintes pour nuisances sonores.
Le bruit, cela dit, tout le monde s'en plaint si souvent mais, à l'occasion, chacun se l'inflige aussi. Dernièrement, une étude l'a rappelé. Menée auprès de 2000 lycéens de la région parisienne, elle portait sur le niveau sonore moyen auquel ces ados écoutent leur baladeur. Résultat? En majorité (54%), ils l'écoutent en permanence à un niveau supérieur à 85 décibels, ce qui équivaut au bruit d'une tondeuse à gazon. Ils sont même 7% «à pousser le volume à plus de 100 décibels, soit un niveau dangereux, correspondant au bruit émis par un marteau piqueur». A Paris et dans sa région, dès lors, les campagnes de sensibilisation seront poursuivies voire intensifiées, afin de «faire prendre conscience aux jeunes de l’importance de la qualité de l’environnement sonore et les sensibiliser aux risques auditifs liés à l’écoute prolongée des musiques amplifiées».
11:15 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, culture, art de vivre, santé




Commentaires
Deux choses :
- d'abord il est possible de vivre à Paris sans bruit, du moins sans bruit dans son habitation, il suffit d'avoir un appart qui "donne sur l'arrière", d'habiter un "escalier B" sur cour, ou un immeuble sur jardin; évidemment c'est un critère de plus, dans la recherche d'apparts déjà très difficile; personnellement j'ai moins souffert du bruit en plein Paris 12e car mon appart donnait "sur l'arrière", qu'en banlieue verte et résidentielle où je n'en pouvais plus des barbecues tardifs dans les jardins voisins
- Ensuite il y a une question d'éducation : quand vous sortez d'un restau tard le soir, d'un bar, d'une boîte, quand vous marchez dans la rue tard, la moindre des choses est de penser que vous n'êtes pas seul au monde, et que hurler et rire à gorge déployée sur le trottoir est très mal venu; enfin bon j'ai toujours appris qu'il fallait respecter le sommeil des autres, mais je n'ai pas été élevée par une mère soixante-huitarde
Et les voitures qui passent, fenêtres ouvertes, avec la sono à fond, à deux heures du matin ...
Écrit par : thalyssette | 22.06.2010
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