28.06.2010
Une (auto)censure
Restons dans le monde de la pub, qu'on évoquait vendredi. Si les autorités se voient souvent reprocher de ne pas agir assez pour réduire le volume global de messages assénés aux citoyens consommateurs, elles influent, parfois, sur le contenu de ces messages. On en trouve une illustration dans le bilan, plutôt positif, que vient de tirer le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de la charte conclue en 2009 entre le ministère de la Santé et les publicitaires, charte «visant à promouvoir une alimentation et une activité physique favorables à la santé dans les programmes et les publicités diffusés à la télévision».
C'est la fameuse campagne «manger-bouger». Qui, dans les spots publicitaires, invite les consommateurs à ne pas grignoter entre les repas, à ne pas manger trop sucré, gras et/ou salé, etc. La charte interdit notamment aux publicitaires, dans leurs spots, d''«inciter à une consommation excessive», d'évoquer l'«image qui associerait la consommation d’aliments et de boissons à un loisir sédentaire lié à la vision d’un écran», ou de vanter un produit destiné aux enfants en leur laissant croire «que la prise d’un aliment peut produire un effet de nature à modifier leur vie quotidienne, en les faisant accéder à d’hypothétiques performances exceptionnelles». Concrètement,lit-on dans le rapport du CSA, depuis l'entrée en vigueur de la charte, plusieurs spots de pub n'ont jamais été diffusés à la télé française. Car, contraires à ces nouvelles règles déontologiques, ils ont été (auto)censurés par les organes de régulation du secteur de la pub.
Parmi ces pubs qu'on ne verra jamais à la télé, ce spot pour un groupe de musique dans lequel «on voyait des jeunes gens au cinéma avec un sac de popcorn sur les genoux». Ou un spot pour un distributeur d’ameublement dans lequel «on remarquait un verre de soda posé à coté du personnage principal, qui consultait son ordinateur portable à domicile». Ont pareillement été recalés des spots pour une console de jeu vidéo («le plan présentait une assiette contenant des toasts sur la table située devant les enfants et leurs parents»), pour un éditeur de téléphonie («la publicité mettait en scène un homme consommant, de manière excessive et passive, des pizzas devant la télévision») ou pour un soda («on présentait un jeune homme activant le jeu interactif mis en place par l’annonceur sur son écran, tout en tenant une canette à la main»). A défaut donc de limiter la quantité de pub, les autorités veillent à leur qualité. C'est déjà ça. Ou pas?
11:47 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, télévision, santé




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