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06.07.2010

Un coup de filet ou l'autre

Le parquet de Paris l'a confirmé hier en fin d'après-midi. Une vaste opération de police menée dans la capitale ces derniers jours a abouti au démantèlement d'une filière de vendeurs à la sauvette de souvenirs touristiques, qui officiaient notamment aux pieds de la tour Eiffel. Des «dizaines de mètres cubes» de tours Eiffel miniatures, de montres bas de gamme, de foulards fantaisie ou de jeux de cartes postales ont été saisis. Plusieurs dizaines de protagonistes de ce commerce ont été placés en garde à vue. Leurs chefs risquent des poursuites pour travail dissimulé, recours à l'emploi d'étrangers sans titre de séjour, aide au séjour irrégulier, voire association de malfaiteurs. Selon un responsable de la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne, ce coup de filet était d'autant plus indispensable que ces vendeurs à la sauvette se montraient «extrêmement agressifs à l’égard des touristes»

«Extrêmement agressifs», donc. En prenant connaissance de ces propos, on s'est dit que soit on avait une bonne tête, qui ne suscite pas l'hostilité, soit on était particulièrement chanceux dans la vie quotidienne. Personnellement, en effet, depuis toutes ces années où l'on croise si régulièrement ces vendeurs à la sauvette, on n'a jamais eu le moindre problème d'agressivité avec eux, alors qu'on a toujours décliné leurs propositions d'acheter des babioles pour touristes. Mais on ne passe pas nos journées sous les piliers de la tour Eiffel – donc sans doute ne peut-on juger en connaissance de cause.

En ce moment à Paris, cela dit, dans ce domaine de la vente à la sauvette, d'autres coups de filet ont lieu et ne sont pas, eux, médiatisés par les autorités.

Ils frappent les vendeurs de fruits et légumes qui, ces derniers temps, en fin de journée surtout, avaient pris l'habitude de monter des étals de fortune en plein air, aux sorties de stations de métro, et de proposer mangues, ananas, cerises ou autres avocats aux usagers de la RATP rentrant du boulot. A trois reprises ces dix derniers jours, on a vu de tels vendeurs entourés par des escouades de policiers puis emmenés au poste, et leurs marchandises confisquées. Depuis, devant notre station de métro Richard Lenoir, ont disparu les vendeurs des quatre saisons chez qui on allait souvent. Car on trouvait cela très pratique, car ils étaient très gentils, et car leurs fruits étaient délicieux et pas plus chers qu'au supermarché. Leur petit business, d'ailleurs, avait l'air de bien marcher auprès des gens du quartier. Dorénavant donc – mais pour combien de temps? – , il faudra s'en passer.