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19.07.2010

Un rejet

kfc.jpgEn cette période de départ assez généralisé à la plage, au-delà d'actualités plus fondamentales, un des sujets de préoccupation du Français moyen doit sans doute être la silhouette et, pour tout dire, les kilos superflus. Reparlons donc aujourd'hui de la lutte contre l'obésité et plus précisément des fast-foods. Car, l'autre jour, est passé assez inaperçu le rejet par le Parlement d'une proposition de restriction qui aurait pu concerner ce type de restauration

Deux députés du Nouveau Centre (l'appendice centriste de l'UMP) voulaient «instaurer une mesure très concrète pour lutter contre l’obésité, véritable pandémie du 21ème siècle». Cela concernait les écoles. Dans le prolongement de l'interdiction des distributeurs de friandises et de boissons sucrées en milieu scolaire, en vigueur depuis 2005, il s'agissait cette fois interdire l’implantation de fast-foods dans un rayon de 200 mètres autour des lieux de scolarisation. Dans les Etats américains où pareille restriction existe, elle donnerait des résultats: «le nombre des enfants obèses (y) est inférieur de 5 %» par rapport aux Etats où les fast-foods sont autorisés à proximité des écoles.

Mais cette proposition a fait l'objet d'un tir de barrage de l'UMP, et a donc été rejetée.

Ces fast-foods «s’installeront à 201 mètres» des écoles, a soupiré une députée sarkozyste . Et «la liberté d’entreprendre»?, s'est épouvanté un de ses collègues. Pour qui, de toute manière, s'agissant d'obésité, au lieu de «désigner des boucs émissaires», on ferait mieux d'«arrêter de stigmatiser» les fast-foods, «la cause principale des problèmes alimentaires de notre pays ne résidant pas là». Car en France, «notre mode de consommation n’a rien à voir avec le mode de consommation américain. Nous ne grignotons pas. Nous n’allons dans les fast-foods qu’une fois par mois. Et, lorsque nous y allons, c’est pour consommer un repas complet». De même, a assuré un député – qui avait visiblement été briefé par les lobbyistes de McDo ou de Quick –, «les fast-foods distribuent une fois par semaine des sachets de fruits!». Enfin, si une telle restriction s'appliquait aux abords des écoles, on en arriverait à terme à «interdire les fast-foods à proximité des édifices publics, des églises, etc.  Les choses pourraient devenir bien compliquées!»

mcdonalds.jpgLe ministre de l'Agriculture a applaudi à toutes ces critiques. Et fait rire l'Assemblée en relevant que, si une telle interdiction était votée, les fast-foods seraient mis sur le même pied que... les sex-shops, eux déjà prohibés aux abords des écoles. Et de conclure: «Je n’imaginais pas que (nous allions être) amenés à faire des comparaisons entre McDonald’s et sex-shops! Tout d’un coup, j’en viens à voir différemment l’enseigne «M» du McDonald’s, mais peut-être ai-je l’esprit mal tourné...»

Ha ha ha.

Commentaires

Bien vu l'article. Tout est effectivement une question de priorité... Et je doute que la gauche eût réagi différemment.

Écrit par : pierri | 19.07.2010

Je crois qu il vaut mieux éduquer qu interdire
maispourquoi faire simple quand on peut
faire complique?

Écrit par : Cohen | 20.07.2010

Bien d'accord Cohen... encore un beau geste de l'infantilisation des gens... Les gens ne sont plus responsables de rien dans notre société...

Écrit par : Sylvain | 21.07.2010

Si le sujet vous intéresse, ceci est extrêmement intéressant: http://www.mediapart.fr/club/blog/erwan-quilgars/030909/l-angleterre-le-corps-obese-de-l-europe

Écrit par : pierri | 28.07.2010

Les commentaires sont fermés.