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22/07/2010

Une (double) évacuation

Joli – ou affreux, c'est selon – catapultage de l'actualité, ces derniers jours à Paris. Par catapultage, on entend la rencontre fortuite entre deux actualités survenant au même moment, n'ayant théoriquement rien à voir l'une avec l'autre, mais dont la coïncidence fait sens. Ces deux actualités parisiennes ont la Seine pour point commun.

D'une part, le long des voies sur berges, vient d'être lancée la neuvième édition de Paris Plages. Comme chaque fin juillet, pour laisser la place à l'animation vedette de l'été, les flots incessants de voitures qui, à longueur d'années, monopolisent les rives du fleuve ont été repoussés sur les quais en hauteur. D'autre part, autre évacuation, au même moment et aux abords du même fleuve, mais cette fois sur le bras de la Seine qui, passé le port autonome de Bastille, devient le canal Saint-Martin. Là, sous l'oeil des CRS, ont été évacués non des bagnoles, mais des gens: les quelque 200 «habitants» du mini-bidonville qui, depuis plusieurs mois, avait été érigé sous deux ponts de ce canal. Là, sous ces tentes et abris de fortune, (sur)vivaient quelque 200 étrangers, pour la plupart venus d'Afghanistan et candidats réfugiés politiques. La mairie comme le tribunal administratif ont estimé que ce campement posait de graves problèmes de salubrité et de sécurité publiques. Les exilés ont été orientés vers des centres d'hébergement.

L'installation de Paris Plages et l'évacuation d'un bidonville. «Ca n'a rien à voir», a bougonné le maire Bertrand Delanoë, agacé d'être interrogé par les médias sur la coïncidence entre ces deux événements. Dans le compte-rendu télévisuel de ces deux actualités, en effet, on a pu voir que cela n'avait rien à voir. D'un côté, on parlait sable chaud et palmiers, brumisateurs et ambre solaire, murs d'escalade, compétition de skate et ateliers smoothies. C'était le visage le plus souriant, le plus insouciant, le plus léger de l'été à Paris. De l'autre côté, on parlait hygiène et insalubrité, exil et asile, errance et désespérance. C'était la face la plus glauque de la réalité estivale dans la capitale. A la télé, de JT en JT, on passait sans crier gare d'un sujet à l'autre. Avec une fluidité et une décontraction totalement décomplexées. C'était vraiment bien, cette aisance télévisuelle. C'était très confortable.

Commentaires

En fait il s'agit d'un probleme recurrent
2006 http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=31413
http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr/2006/07/23/2006_07_camping_de_sdf_/
2009 http://www.lexpress.fr/actualite/societe/dans-les-coulisses-de-paris-plages_775301.html

mais chuuuut ! la majorité actuelle à la mairie de Paris est censée représenter le camp du bien !

Écrit par : Le Parisien Liberal | 27/07/2010

Wow, très bon site, merci à vous de partager ces idées et notez dans un 1er temps que je suis 100% d'accord ! Euh voilà tout est dit, votre article est sincèrement bon, ce fut très enrichissant de vous lire... Pardon pour les éventuelles fautes, n'étant en effet pas francophone, j'ai utilisé Google Translate.

Écrit par : roller | 18/08/2010

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