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29/07/2010

Un air irrespirable

panneausurpollutionpériphérique.jpgL'air en France est toujours aussi pollué. Le gouvernement lui-même a bien dû le constater, en dévoilant hier le bilan de la qualité de l'air dans l'Hexagone en 2009 (*). «On n'arrive pas vraiment à améliorer la situation, voire elle se dégrade pour tout ce qui est les particules, dioxydes d'azote ou l'ozone», a admis la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. Seul point positif: une amélioration en ce qui concerne les polluants lourds comme le plomb. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, on déplore chaque année en France 42.000 morts prématurées liées à des problèmes de qualité de l'air. Sans compter d'autres conséquences néfastes dues à la pollution? L'autre jour, l'un ou l'autre média français (ici, par exemple) n'a pas manqué de faire écho à une étude scientifique coréenne rapportée récemment par la très sérieuse revue «The New Scientist».

Elle montre que le risque de suicide est de 9% plus élevé dans les deux jours suivant un pic de pollution par les particules fines, par rapport au nombre de suicides commis les jours bénéficiant d'un faible taux de ces mêmes particules. Ce taux de suicide accru ces jours-là concerne surtout les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires déjà liées à la pollution. Auparavant, une étude scientifique taïwanaise avait déjà montré que les personnes souffrant d’asthme lié à la pollution avaient deux fois plus de risques de se suicider que les autres.

Paris et sa banlieue ne sont bien sûr pas épargnés par cette plaie de la pollution. Le dernier bilan annuel en la matière le reconnaît d'entrée de jeu: «la qualité de l'air quotidienne (y) reste insatisfaisante pour certains polluants, plus particulièrement au coeur de l'agglomération parisienne et à proximité du trafic». Quelque 3 millions d'habitants de la région parisienne sont «potentiellement exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation et qui, de plus, marquent une certaine stabilité». Cela promet pour les semaines à venir, août étant statistiquement le mois le plus chaud de l'année en France et donc souvent aussi le mois où l'on compte le plus grand nombre de jours d'alerte à la pollution atmosphérique. Encore heureux qu'à cette période de l'année, Paris traditionnellement se vide de ses habitants, qui en majorité émigrent vers des lieux de villégiature où l'air est (censé) moins irrespirable.

(*) Curieux, d'ailleurs, pour ce gouvernement qui communique tant et plus, à longueur de journées et en temps réel: ce matin, sauf erreur, ledit document ne figurait nulle part sur les sites web du ministre de l'Environnement ou de sa secrétaire d'Etat. Sans doute parce qu'il est des bilans sur lesquels il ne vaut mieux pas s'appesantir.

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