30.07.2010
Un classique de l'été
Dès le retour des beaux jours, c'est un grand classique (relire ici, par exemple) à Paris et dans sa région: la sécheresse et les risques de pénurie d'eau. Cette année à nouveau, la capitale française n'y échappe pas. Dès la fin juillet, la préfecture a estimé qu'on avait atteint le seuil de vigilance. Et a donc invité (là) les Parisiens à faire un usage «raisonné» et «économe» de l'eau potable. En cause, la situation de deux rivières de la région qui alimentent la capitale en eau potable: elles ont atteint le «seuil d'alerte», voire carrément le «seuil de crise». L'on sait aussi que, dans l'est du bassin parisien, après un hiver moins pluvieux que d'habitude paraît-il -on ne l'avait pas remarqué-, le niveau des nappes phréatiques est très bas. D'ailleurs en Seine et Marne (grande banlieue Est), un arrêté préfectoral interdit déjà de remplir sa piscine, de laver sa voiture ou même d'arroser sa pelouse.
A Paris, la mairie suit la situation en temps réel et pour cause: la capitale française consomme chaque jour entre 500.000 et 700.000 m3 d'eau. Pour l'anecdote, si la canicule frappe la ville au mois d'août, il n'est même pas sûr que ses habitants auraient forcément le loisir de pouvoir tout de même un peu se rafraîchir en passant devant des fontaines publiques. En effet, un bon quart des 275 fontaines disséminées dans la capitale sont à l'arrêt: fermées pour des problèmes d’étanchéité ou pour des travaux d'entretien ou de restauration. Cela tombe plutôt mal.
10:40 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, paris
29.07.2010
Un air irrespirable
L'air en France est toujours aussi pollué. Le gouvernement lui-même a bien dû le constater, en dévoilant hier le bilan de la qualité de l'air dans l'Hexagone en 2009 (*). «On n'arrive pas vraiment à améliorer la situation, voire elle se dégrade pour tout ce qui est les particules, dioxydes d'azote ou l'ozone», a admis la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. Seul point positif: une amélioration en ce qui concerne les polluants lourds comme le plomb. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, on déplore chaque année en France 42.000 morts prématurées liées à des problèmes de qualité de l'air. Sans compter d'autres conséquences néfastes dues à la pollution? L'autre jour, l'un ou l'autre média français (ici, par exemple) n'a pas manqué de faire écho à une étude scientifique coréenne rapportée récemment par la très sérieuse revue «The New Scientist».Elle montre que le risque de suicide est de 9% plus élevé dans les deux jours suivant un pic de pollution par les particules fines, par rapport au nombre de suicides commis les jours bénéficiant d'un faible taux de ces mêmes particules. Ce taux de suicide accru ces jours-là concerne surtout les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires déjà liées à la pollution. Auparavant, une étude scientifique taïwanaise avait déjà montré que les personnes souffrant d’asthme lié à la pollution avaient deux fois plus de risques de se suicider que les autres.
Paris et sa banlieue ne sont bien sûr pas épargnés par cette plaie de la pollution. Le dernier bilan annuel en la matière le reconnaît d'entrée de jeu: «la qualité de l'air quotidienne (y) reste insatisfaisante pour certains polluants, plus particulièrement au coeur de l'agglomération parisienne et à proximité du trafic». Quelque 3 millions d'habitants de la région parisienne sont «potentiellement exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation et qui, de plus, marquent une certaine stabilité». Cela promet pour les semaines à venir, août étant statistiquement le mois le plus chaud de l'année en France et donc souvent aussi le mois où l'on compte le plus grand nombre de jours d'alerte à la pollution atmosphérique. Encore heureux qu'à cette période de l'année, Paris traditionnellement se vide de ses habitants, qui en majorité émigrent vers des lieux de villégiature où l'air est (censé) moins irrespirable.
(*) Curieux, d'ailleurs, pour ce gouvernement qui communique tant et plus, à longueur de journées et en temps réel: ce matin, sauf erreur, ledit document ne figurait nulle part sur les sites web du ministre de l'Environnement ou de sa secrétaire d'Etat. Sans doute parce qu'il est des bilans sur lesquels il ne vaut mieux pas s'appesantir.
10:53 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, santé, gouvernement, paris
28.07.2010
Une fameuse nuance
Qui a dit que Nicolas Sarkozy était insensible aux critiques? A 17 heures ce mercredi, se tient à l'Elysée le sommet si controversé consacré à la communauté des gens du voyage. Or, manifestement, les communicants en chef de la Présidence sont soucieux de quelque peu rectifier le tir à ce sujet.
En effet, dans l'agenda officiel du chef de l'Etat, ce sommet est très sobrement présenté comme étant une «réunion ministérielle pour faire le point sur la situation des gens du voyage et des Roms». C'est une fameuse nuance par rapport à la dénomination initiale de cette réunion. A l'origine, Nicolas Sarkozy avait parlé d'un sommet sur «les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms» - allusion aux violents heurts et graves dégradations commis il y a peu, dans le Loir et Cher (Région Centre), par des membres de cette communauté endeuillés par la mort d'un des leurs: jeune braqueur présumé tué par la police. Une telle approche présidentielle, exclusivement sécuritaire, de la situation de cette communauté a suscité un tollé. Voilà la droite accusée de dérive ethnique dans sa politique sécuritaire. Et voilà Nicolas Sarkozy décrié comme s'étant une fois de plus laissé emporter dans un «tourbillon populiste», destiné à «inventer une nouvelle catégorie de boucs émissaires».
Sans doute les éminences participant à ce sommet n'auront-ils pas le temps, avant de se rendre à l'Elysée, de relire – comme on l'a fait hier soir - «Les Bijoux de la Castafiore», la BD de Hergé. C'est bien dommage.
Car, dans cette aventure de Tintin – qui, si on ne s'abuse, date du début des années 60 –, sont déjà évoqués les conditions de vie catastrophiques réservées à cette communauté des gens du voyage, la stigmatisation dont elle est si souvent victime, et les clichés («voleurs de poules», etc.) qui lui ont toujours été accolés. Pour la petite histoire, et si vous n'aviez pas gardé un souvenir précis de cette lecture de votre enfance, les romanichels établis sur un campement voisin du château de Moulinsart avaient été injustement soupçonnés d'avoir dérobé l'émeraude de la fameuse cantatrice, qui à longueur de journées, saisit d'effroi sa fidèle camériste en s'écriant: «Ciel! Mes bijoux! Irmâââ! Mes bijoux?!?». Mais, en fait, ledit vol avait été commis par une pie, dans le nid de laquelle Tintin avait découvert également des éclats de verre, une bille d'agate et un monocle...
11:17 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, sécurité, gouvernement, langue française, bande dessinée, belgique
27.07.2010
Une épidémie
Sophie Marceau vient d'avoir la varicelle. Sous peine de casser illico le mythe du journaliste d'office et par définition ami des stars, précisons d'emblée que, si on a appris cette nouvelle, ce n'est pas parce qu'on est intime avec l'intéressée mais simplement parce qu'on la lue ce week-end dans un magazine féminin – comme quoi, pour s'informer de l'actualité, on lit vraiment de tout. D'un intérêt très relatif, cette info sur l'état de santé de l'actrice préférée des Français? Oui, si ce n'est qu'elle nous donne l'occasion d'évoquer l'épidémie de varicelle qui frappe en ce moment la capitale française. Selon les données collectées dernièrement par les médecins du réseau Sentinelles, qui surveillent l'évolution des épidémies dans chaque région , 82 cas de varicelle par 100.000 habitants ont été recensés à Paris et dans sa région. C'est quasiment deux fois plus que l'incidence de cette maladie dans le reste du pays (45 cas pour 100.000 habitants). Bénigne chez les enfants en bonne santé, la varicelle peut entraîner des complications graves chez les nourrissons les plus fragiles et chez les femmes enceintes.D'un point de vue sanitaire, décidément, cet été 2010 en France n'est pas une longue saison tranquille. Tandis que des Parisiens sont couverts de boutons, à Marseille, c'est une autre alerte qui, il y a peu, a été lancée par le ministère de la Santé. A propos d'une maladie qui, il y a quelques étés déjà, avait défrayé la chronique dans la capitale notamment (relire ici ou là): le chikungunya. Alerte a été donnée car, pour la première fois, le fameux moustique tigre, qui propage cette maladie, a été repéré en plein coeur de la cité phocéenne. Même si, dans le Midi, on est encore loin du stade de l'épidémie, rappelons qu'en 2005 et en 2006 dans l'île française de La Réunion (océan indien), le chikungunya avait frappé plus de 250.000 personnes, dont quelque 250 en étaient décédées.
On y repensait pas plus tard que l'autre soir sur le quai d'une station de métro, nous réjouissant d'être à Paris et non à Saint-Denis (Saint-Denis de La Réunion, pas le Saint-Denis de la banlieue Nord de Paris). En effet, en quelques minutes à peine, on a été piqué plusieurs fois par les moustiques – qui visiblement pullulent cet été dans le réseau de la RATP, sans doute vu la météo torride dont a bénéficié Paris jusqu'à récemment.
11:33 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : santé, paris, métro
26.07.2010
Un délit de faciès
Aujourd'hui, un sujet parfaitement de saison mais néanmoins pénible. En France visiblement, le racisme et l'intolérance ne prennent pas de vacances. Même en ces temps estivaux synonymes théoriquement d'insouciance, même dans des lieux de villégiature à l'atmosphère censée conviviale, décontractée et bon enfant, certains Français continuent de subir des discriminations liées à leurs origines. C'est ce que vient d'à nouveau montrer SOS-Racisme.
Ce week-end, en effet, la section départementale des Alpes maritimes de cette association a procédé à sept opérations de testing dans différents campings de la Côte d'Azur, opérations ayant été enregistrées avec des caméras ou des micros cachés. Des tests pareils à ceux souvent pratiqués par cette association aux entrées de discothèques. Cette fois donc, des campings étaient testés. Se présentaient successivement à la réception des candidats campeurs fictifs parfaitement similaires. Similaires par leur âge, leur apparence vestimentaire, leur courtoisie et leur capacité d'élocution, leur situation administrative en règle, leur équipement ou leur requête d'hébergement: un emplacement pour une tente. Différait juste leur faciès: certains de ces testeurs étaient issus de l'immigration, maghrébine ou africaine. Dans deux cas sur sept – ce qui n'est tout de même pas rien –, il a été répondu à ces campeurs-là que le camping était complet. Mais quand, immédiatement après (et sans qu'entre-temps, un emplacement ait été libéré), des testeurs blancs se présentaient à la même réception, comme par miracle, le camping n'était plus complet et un emplacement était disponible.
«Nombre de Français continuent chaque jour d'être victimes de ce qu'il faut bien appeler un délit de faciès», a déploré ce matin le président de SOS-Racisme, Dominique Sopo. A savoir sont victimes d'«une série de stéréotypes et de préjugés» projetés sur eux simplement en raison de la couleur de leur peau ou de leur l'origine géographique familiale, réelle ou supposée. Un tel comportement discriminatoire, qu'il ait lieu au camping ou ailleurs, est passible de peines allant jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Théoriquement. Si la justice et la police ne sont pas elles aussi parties à la plage.
11:26 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : racisme, activisme, immigration, jeunes
23.07.2010
Une interdiction
En cet été où, à Paris, l'on s'agite un peu (ici, notamment) sur la question des terrasses de bistrots ou de restaus à interdire ou non aux fumeurs, entre en vigueur l'interdiction de vendre du tabac aux jeunes de moins de 18 ans – et non plus seulement de moins de 16 ans, comme depuis 2003. En effet, a-t-il été annoncé ce vendredi, a été publié le décret d'application punissant d' une contravention de quatrième classe (135 €) les buralistes enfreignant cette prohibition. Selon des chiffres officiels – mais reflètent-ils la réalité? –, le tabagisme tend à reculer chez les jeunes Français, même s'il reste important. A 16 ans, 58 % des garçons et 61 % des filles déclarent avoir déjà fumé une cigarette dans leur vie; ils étaient près de huit sur dix dans ce cas en 1999. Année où 31 % des ados disaient fumer quotidiennement – contre 17 % en 2007.Voilà pour la situation. Reste l'application de cette nouvelle interdiction. A en juger par les nombreux témoignages de buralistes entendus depuis ce matin, cela risque de ne pas toujours être facile. Ces commerçants se voient mal, comme des policiers, demander à leurs jeunes clients d'exhiber une pièce d'identité – juridiquement, du reste, on se demande s'ils en auraient le droit. Et ils craignent des réactions hostiles, voire violentes, de jeunes qu'ils refuseraient de servir.
Une excuse facile pour ne pas se conformer à la loi? Pas sûr. Ces dernières années à Paris, on a déjà été témoin, à l'une ou l'autre occasion, de tensions de cet acabit. Aux caisses d'épiceries ou de supermarchés, où, désormais, est systématiquement affiché qu'il est interdit de vendre de l'alcool aux mineurs. On y a déjà été témoin soit d'éclats de voix, en cas de refus de vente à des jeunes, soit (plus fréquemment) de non-applications manifestes de la loi. «Avec le salaire que je gagne et les horaires que je me tape, vais pas en plus risquer de prendre sur la gueule», se souvient-on même d'avoir entendu dire en substance une employée d'un Franprix qui, ce soir-là, venait d'encaisser pas mal de canettes de Kro payées par une bande d'ados en goguette. A l'époque, aucun des clients ayant entendu sa réflexion n'avait protesté.
15:30 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tabac, santé, jeunes, gouvernement
22.07.2010
Une (double) évacuation
Joli – ou affreux, c'est selon – catapultage de l'actualité, ces derniers jours à Paris. Par catapultage, on entend la rencontre fortuite entre deux actualités survenant au même moment, n'ayant théoriquement rien à voir l'une avec l'autre, mais dont la coïncidence fait sens. Ces deux actualités parisiennes ont la Seine pour point commun.
D'une part, le long des voies sur berges, vient d'être lancée la neuvième édition de Paris Plages. Comme chaque fin juillet, pour laisser la place à l'animation vedette de l'été, les flots incessants de voitures qui, à longueur d'années, monopolisent les rives du fleuve ont été repoussés sur les quais en hauteur. D'autre part, autre évacuation, au même moment et aux abords du même fleuve, mais cette fois sur le bras de la Seine qui, passé le port autonome de Bastille, devient le canal Saint-Martin. Là, sous l'oeil des CRS, ont été évacués non des bagnoles, mais des gens: les quelque 200 «habitants» du mini-bidonville qui, depuis plusieurs mois, avait été érigé sous deux ponts de ce canal. Là, sous ces tentes et abris de fortune, (sur)vivaient quelque 200 étrangers, pour la plupart venus d'Afghanistan et candidats réfugiés politiques. La mairie comme le tribunal administratif ont estimé que ce campement posait de graves problèmes de salubrité et de sécurité publiques. Les exilés ont été orientés vers des centres d'hébergement.
L'installation de Paris Plages et l'évacuation d'un bidonville. «Ca n'a rien à voir», a bougonné le maire Bertrand Delanoë, agacé d'être interrogé par les médias sur la coïncidence entre ces deux événements. Dans le compte-rendu télévisuel de ces deux actualités, en effet, on a pu voir que cela n'avait rien à voir. D'un côté, on parlait sable chaud et palmiers, brumisateurs et ambre solaire, murs d'escalade, compétition de skate et ateliers smoothies. C'était le visage le plus souriant, le plus insouciant, le plus léger de l'été à Paris. De l'autre côté, on parlait hygiène et insalubrité, exil et asile, errance et désespérance. C'était la face la plus glauque de la réalité estivale dans la capitale. A la télé, de JT en JT, on passait sans crier gare d'un sujet à l'autre. Avec une fluidité et une décontraction totalement décomplexées. C'était vraiment bien, cette aisance télévisuelle. C'était très confortable.
11:11 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, tourisme, etrangers, pauvreté, delanoë
21.07.2010
Un Belge (mal en point)
En ce 21 juillet – pour les lecteurs non belges de ce blog: jour de fête nationale en Belgique – , cette vision surgie l’autre jour au coin d’une rue de notre quartier Saint-Sébastien, dans le onzième arrondissement. Tintin gisant sur le sol, le corps transpercé par une sagaie, à côté de son chien Milou tout aussi mal en point, touché par une flèche. On ignore si, dans cette grande fresque murale, le sort infligé par cet artiste de rue au plus célèbre reporter de la BD belge relève du pur exercice créatif ou symbolise l’état de la Belgique et/ou de sa corporation journalistique.
12:44 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : arts, bande dessinée, belgique
20.07.2010
Une tension
Bon courage si vous devez, ces jours-ci, vous rendre dans un aéroport français, et plus spécialement utiliser l’une ou l’autre des deux grandes plateformes aéroportuaires parisiennes: Roissy ou Orly. En effet, c’est peu dire que la situation risque d’y être confuse et donc les attentes et retards nombreux. Car, dès ce soir et jusqu’à jeudi, un mouvement de grève des contrôleurs aériens, contre un projet de réorganisation européen, entraînera nombre de perturbations: 20% des vols seront annulés à Roissy et 50% carrément à Orly.
Dès avant même l’entame de ce mouvement de grève, du reste, le climat a été assez tendu à Roissy comme à Orly, ces dernières heures.
En effet, à Orly depuis lundi, les personnels des parkings se croisent les bras contre un projet de restructuration qui, craignent-ils, entraînera de nombreuses suppressions de postes. Tandis qu’à l’aéroport Charles de Gaulle ce matin encore, plusieurs dizaines de membres des forces de l'ordre ont dû être déployées pour sécuriser la base arrière des taxis, située derrière le terminal T3. Hier, cette base a été le théâtre d’un mouvement de grève musclé. Les taxi parisiens protestent contre un arrêté préfectoral limitant leurs courses à deux par jour sur cet aéroport. La profession ne supporte plus ces arrêtés préfectoraux à répétition, qui selon elle ont pour seul effet de «laisser le champ libre aux taxis clandestins, motos taxis et shuttles (navettes), qui font du racolage directement dans les terminaux». Ce n’est pas la première fois que les taxis parisiens et la préfecture s’opposent sur la question de la desserte de Roissy (relire ici ou là, par exemple): un problème que, visiblement, les autorités ont toutes les peines à résoudre.
Ce climat de tension dans ces deux aérogares, risque, ce mardi, d’être d’autant plus mal vécu par les usagers que le climat aujourd’hui à Paris sera orageux, au sens propre du terme: 33 degrés à l’ombre prévus dans la capitale française… Cela promet.
12:51 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, paris, social
19.07.2010
Un rejet
En cette période de départ assez généralisé à la plage, au-delà d'actualités plus fondamentales, un des sujets de préoccupation du Français moyen doit sans doute être la silhouette et, pour tout dire, les kilos superflus. Reparlons donc aujourd'hui de la lutte contre l'obésité et plus précisément des fast-foods. Car, l'autre jour, est passé assez inaperçu le rejet par le Parlement d'une proposition de restriction qui aurait pu concerner ce type de restauration
Deux députés du Nouveau Centre (l'appendice centriste de l'UMP) voulaient «instaurer une mesure très concrète pour lutter contre l’obésité, véritable pandémie du 21ème siècle». Cela concernait les écoles. Dans le prolongement de l'interdiction des distributeurs de friandises et de boissons sucrées en milieu scolaire, en vigueur depuis 2005, il s'agissait cette fois interdire l’implantation de fast-foods dans un rayon de 200 mètres autour des lieux de scolarisation. Dans les Etats américains où pareille restriction existe, elle donnerait des résultats: «le nombre des enfants obèses (y) est inférieur de 5 %» par rapport aux Etats où les fast-foods sont autorisés à proximité des écoles.
Mais cette proposition a fait l'objet d'un tir de barrage de l'UMP, et a donc été rejetée.
Ces fast-foods «s’installeront à 201 mètres» des écoles, a soupiré une députée sarkozyste . Et «la liberté d’entreprendre»?, s'est épouvanté un de ses collègues. Pour qui, de toute manière, s'agissant d'obésité, au lieu de «désigner des boucs émissaires», on ferait mieux d'«arrêter de stigmatiser» les fast-foods, «la cause principale des problèmes alimentaires de notre pays ne résidant pas là». Car en France, «notre mode de consommation n’a rien à voir avec le mode de consommation américain. Nous ne grignotons pas. Nous n’allons dans les fast-foods qu’une fois par mois. Et, lorsque nous y allons, c’est pour consommer un repas complet». De même, a assuré un député – qui avait visiblement été briefé par les lobbyistes de McDo ou de Quick –, «les fast-foods distribuent une fois par semaine des sachets de fruits!». Enfin, si une telle restriction s'appliquait aux abords des écoles, on en arriverait à terme à «interdire les fast-foods à proximité des édifices publics, des églises, etc. Les choses pourraient devenir bien compliquées!»
Le ministre de l'Agriculture a applaudi à toutes ces critiques. Et fait rire l'Assemblée en relevant que, si une telle interdiction était votée, les fast-foods seraient mis sur le même pied que... les sex-shops, eux déjà prohibés aux abords des écoles. Et de conclure: «Je n’imaginais pas que (nous allions être) amenés à faire des comparaisons entre McDonald’s et sex-shops! Tout d’un coup, j’en viens à voir différemment l’enseigne «M» du McDonald’s, mais peut-être ai-je l’esprit mal tourné...»
Ha ha ha.
11:54 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : gastronomie, santé, obésité, jeunesse



