21.09.2010
Une cible?
Comme ça au moins, c'est clair. Notamment pour les Belges qui arrivent à Paris par cette gare. «La kamikaze avait pour cible la gare du Nord». On a vu cela ce matin au kiosque, à la Une de «France Soir». Se targuant d'«informations exclusives», ce quotidien l'avance: la gare du Nord – une des gares les plus fréquentées d'Europe – était la cible de la «femme kamikaze» qui, selon des informations recueillies par les services antiterroristes français, devait se faire exploser à Paris jeudi dernier.
En découvrant cela au kiosque, on avait encore en tête deux déclarations publiques pas trop rassurantes. Le Premier ministre François Fillon hier, qui, à l'Ecole militaire, discourait devant le gratin de la corporation du Renseignement: «Les services (antiterroristes) ne sont pas infaillibles: personne de l’est». Et l'ex-juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière ce matin à la radio, qui a comparé le climat actuel à celui ayant précédé la vague d'attentats islamistes de 1995 dans les transports publics parisiens (pour rappel: une dizaine de morts et quelque 200 blessés): «Sur les sites web (islamistes), on a la même logorrhée, les mêmes éléments. Ca dure depuis à peu près huit, neuf mois. Si vous voulez, c'est comme un tremblement de terre: on voit bien que ça s'accélère. On est dans une potentialité. Je ne dis pas que ça va se passer demain, puisque la maison est bien tenue et qu'on a des bons services. Mais il est un fait que la potentialité (d'attentats) est importante».
Cet alarmisme dont font preuve les autorités depuis quelques jours commence, cela dit, à être critiqué. Hier, lors de son point de presse hebdomadaire, le porte-parole du PS s'est demandé si, à droite, on n'avait pas mis en place une «stratégie de la peur». Et ce matin à la radio, Dominique de Villepin a exprimé ses réserves plus clairement encore: «Cela ne sert à rien de créer la panique un peu partout dans le pays. Il ne faut pas verser dans l'excès». L'ex-Premier ministre a reproché aux autorités «une politique de communication maladroite, voire cynique» en matière d'alerte antiterroriste. «L'Amérique, sous l'administration Bush, a payé très cher de vivre pendant huit ans sous (le régime de) la peur».
Sarkozy-Bush. Que voilà un parallèle explosif. Espérons qu'il le restera exclusivement au sens figuré, et non au sens propre, de ce terme.
11:30 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sécurité, gouvernement, transports, paris




Commentaires
Le n’importe quoi qui tient lieu de politique étrangère, et de politique de défense, depuis trois ans explose à la figure de ce président aussi bête que dangereux. Gros moyens engagés en Afghanistan, alors que la France n’y a aucun intérêt, quitte à nous embarquer dans une croisade dont ce n’est plus l’époque. Et au Niger, où l’on a quelques positions à défendre, des « vigiles » du cru, avec des badines, face à des excités se déplaçant à cent à l’heure, et armé de mitrailleuses lourdes ! En fait de vigiles, des agités dont on achète le calme en les payant à glandouiller, et prêts à détaler au premier mouvement dans l'ombre, quand il ne jouent pas les indicateurs…
Écrit par : CP | 21.09.2010
Si un attentat a lieu (ce que je n'espère absolument pas), les Français seront les premiers à hurler aux scandales parce que l'Etat était au courant mais n'a pas alerté la population... On dira que la DCRI n'a servi à rien, que comme les Etatsuniens, l'Etat savait mais n'a rien fait...
Et là, ils informent et ca rale...
Écrit par : Sylvain | 21.09.2010
Vous avez raison, les attentats n'existent pas, c'est juste un "sentiment d'attentat", les femmes kamikazes ne sont qu'une vue de l'esprit et les renseignements généraux inventent des renseignements qui n'existent pas.
Et tout le monde il est beau tout le monde il est gentil
Écrit par : thalyssette | 21.09.2010
j'aime beaucoup votre conclusion !
et ce qui précède aussi d'ailleurs .
et nous en sommes réduits à contempler l'instrumentalisation de ce risque - abominable - par les reliquats crépusculaires de france soir ou des juges aussi crédibles que bruguières par ailleurs candidat ump rejeté par les électeurs ...
"jusqu'où s'arrêteront ils?? "disait Coluche ...
Pourquoi ne pas envoyer lellouche besson- ne pas oublier la virgule- et le courageux hortefeux - il parlait des auvergnats dans son hoquet raciste - en délégation vers des chefs d' Al Quaida?
peut être le rire les détournerait-ils du goût du meurtre
Écrit par : michel bac | 21.09.2010
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