Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

11/10/2010

Une occupation

Réunion importante et sans doute tendue ce lundi, au cabinet du ministre de l'Immigration. Où Eric Besson reçoit une délégation des quelque 600 travailleurs sans-papiers qui, depuis la semaine dernière, occupent rien moins que la Cité de l'Immigration. Leur choix de cet édifice si symbolique ne doit évidemment rien au hasard. Outre que le Palais de la Porte Dorée (situé dans le douzième arrondissement, à deux pas du Bois de Vincennes) abritait auparavant le Musée des Colonies, depuis sa reconversion, il est censé célébrer «la reconnaissance des parcours d’intégration des populations immigrées dans la société française et faire évoluer les regards et les mentalités sur l’immigration en France». Vaste programme. En attendant, le campement de sans-papiers qu'accueille désormais cette institution permettra à ses visiteurs de confronter la vitrine muséale de l'immigration hexagonale avec la réalité vécue dans ce pays par certains de ses immigrés.

 

Depuis le printemps dernier, ces travailleurs sont en grève pour obtenir leur régularisation. Après l'engagement pris par le gouvernement d'accorder un titre de séjour aux clandestins travaillant dans des secteurs très demandeurs de main-d'oeuvre, des centaines de dossiers de demande de régularisation avaient été introduits à la préfecture de Paris. Une cinquantaine seulement ont donné lieu à régularisations.

 

Dans un tout autre secteur mais dans le même registre revendicatif, à l'approche de cette nouvelle et énième grande semaine de mobilisation syndicale contre le projet gouvernemental de réforme des retraites, une autre occupation parisienne – brève mais néanmoins spectaculaire – a fait parler d'elle. Vendredi, une cinquantaine d'ouvriers du secteur de l'automobile ont forcé les entrées du Salon de l'Auto, qui bat son plein en ce moment au Parc des Expositions, Porte de Versailles. Et ont recouvert des voitures Peugeot de farine, de stickers et de confettis, pour protester contre le fait que la majorité des automobiles théoriquement françaises sont en fait construites et assemblées à l'étranger: dans les pays d'Europe à meilleure compétitivité salariale.

Les commentaires sont fermés.